Souviens-toi ! Ambassadeur de la VIE, tu l’es de toute éternité.

« Et Innommé  lui présenta notre réalité d’une autre manière  :

« Pour moi, en ce monde, comme les deux côtés d’une même tablette, nous pouvons regarder la réalité sous deux aspects antinomiques celui de la malédiction ou de la bénédiction. Sur un de ses côtés pouvait se lire : « Unique est la réalité, il n’en existe pas d’autre. Crois-le. Si tu restes fidèle à ce commandement, Dieu se souviendra de toi au moment venu ». Ce texte je l’ai qualifié de « fléau des trois » car il prédomine et nous abîme en permanence : le mensonge, l’illusion et la mort.

Observons bien, si nous en avons la force, le grand échiquier de ce monde. Les rois, reines et gouvernants, blancs ou noirs, telles des marionnettes œuvrent tous à la solde d’une puissance destructrice aveugle dont jamais personne ne parle. Ils sont soi-disant là pour votre bien mais ils mentent et vous leurrent en permanence. Ils sont en cette place pour entretenir et développer l’art de tirer le meilleur profit de cette situation illusoire.

Leur récompense : le capital amassé autour de cette entreprise macabre avec son cortège de maux : pollution, maladie, guerre, endettement, manipulation mentale, planète bafouée et rendue exsangue…. Quant à nous, qui subissons ces horreurs, notre seule et unique tache : être de gentils exécutants, de gentils croyants et qui plus est, mensonge suprême s’entendre parfois dire : Dieu vous le rendra cela au centuple ! ou encore : Vous gagnez ainsi votre paradis ! Que ne pourraient-ils faire sans ces mensonges sur Dieu ?

Et voici maintenant la deuxième partie presqu’illisible de la tablette comme sciemment effacée du métal, il m’a fallu beaucoup de temps pour en retrouver toute la teneur car plus personne ne s’en souvenait. Mais maintenant, je peux vous en livrer le texte : « Dans un lieu où est scellé la Vérité s’y trouve la source de VIE. Retrouve ta Réalité. N’attends rien d’autre ».

A ce texte je lui ai donné le nom de « bénédiction des trois » : la Réalité, la Vérité et la Vie. Aujourd’hui, cet aspect-là est oublié voir inconnu des hommes. Le Fléau est sous le joug de la finitude en ce visible et  la bénédiction sous celui de l’infinitude en cet invisible. A chacun son bord, l’un déforme et détruit, l’autre transforme et construit.

Toutefois plus je réfléchissais sur les inscriptions recto et verso de cette tablette plus m’apparaissaient énormément d’incohérence entre ces deux textes. Qu’est-ce que cela pouvait bien vouloir dire ? Alors je me suis mis à la scruter d’un peu plus près, encore et encore, pour finalement constater que la face la mieux préservée n’était la résultant d’un judicieux placage qui masquait une autre citation plus originelle et bien plus ancienne, et j’étais enfin parvenu à la remettre à jour. Sur cette face, aussi s’y trouvait gravé cet adage : « Souviens-toi, Ambassadeur de la Vie, tu l’es de toute éternité.  Marche ! Ta Voie vers l’UN est trine avec l’invisible pour garde-fou.» Restaurer la pièce dans son état original, c’est retrouver un monde où les pièges du mensonge, de  l’illusion et la mort seront démasqués et déjoués en toute circonstance.

Ainsi, l’ensemble du texte prenait une extrême cohérence, c’était un enseignement de la VIE pour chacun des humains que nous sommes :

« Souviens-toi, Ambassadeur de la Vie, tu l’es de toute éternité.  Marche ! Ta Voie vers l’UN est trine avec l’invisible pour garde-fou. Dans un lieu scellé par la Vérité s’y trouve la source de VIE. Retrouve ta Réalité. N’attends rien d’autre ».

Alors pour répondre à ta question sur quel était l’enjeu de tout cela, et bien le voici :

« Quand la Vie t’honore de sa Présence, que par ta ténacité et persévérance tu y sois parvenu. Alors tu adviens à toi-même en un nouvel homme, debout, capable de diffuser tout simplement la lumière de la Vie là où elle ne peut surnaturellement arriver. Discrètement, tu transmettras la Vie autour de toi et alors se transformera ce monde qui t’entoure. Et tout progressivement tu continueras ton chemin jusqu’à sa destination sans jamais t’arrêter ni te reposer sur d’illusoires lauriers. 

C’est la seule réponse que je puis te donner. Sache toutefois qu’ici le jugement, la condamnation et l’impatience n’y auront jamais de place dans ta pérégrination. Tu supporteras tout, endureras tout mais chaque fois non sans rien faire. Tu as peut-être l’impression d’une inutilité de tout cela mais sache que le temps vient où  des hommes sages se lèveront de par le monde, et qu’ils possèdent déjà les capacités de transmuter les ténèbres en lumière. Déjà le jour commence à poindre et le fléau des trois perd beaucoup de sa force.»

Extrait de Pèlerin d’émeraude, Anonyme