La seule arme de pacification massive : l’Âme éveillée

Extrait du pèlerin d’Emeraude, Anonyme

« Innommé était toujours très attentif aux questions de Liberté. Celle de Dieu lui semblait particulièrement pertinente. Il lui signifia cette réponse :

« Liberté, ouvre bien ton cœur !

Dieu, que d’inepties entendues à son propos. Voici, l’une des plus courantes : qu’ai-je pu faire au bon dieu pour mériter cela ? Inconscience, logique perverse du monde de l’esprit où il vous faut un responsable ou un juge,  et quoi de plus commode que de reporter la responsabilité de ce qui vous arrive négativement sur celui là-même dont vous êtes le plus éloigné allant jusqu’à lui accorder cette fausse croyance d’une capacité à punir parfois même revendiquée par certains fanatiques. Mais ce qui est étrange, et ne l’as-tu pas remarqué, c’est que devant la grande prégnance du mal de ce monde, Dieu se tait et garde les bras croisés. Ainsi pour celui qui pratique le mal parvenant toujours à sortir indemne de son iniquité, il deviendrait presque légitime de demander : où est Dieu ? Dieu serait-il absent de ce monde, ferait-il preuve de partialité pour certains, serait-il aveugle devant l’iniquité ce ceux qui se revendiquent de lui ou le manipulent ?

Mais ici, vois-tu, Dieu n’a rien à voir avec tout cela, il est vain de l’invoquer ou de l’évoquer dans le cadre d’une quelconque situation de vie déviante. S’il semble être le grand absent de ce monde sache qu’Il n’est jamais si loin, qu’Il attend simplement l’ouverture de votre âme mais celle-ci est pour la plupart d’entre vous sous l’emprise de l’esprit de ce monde qui a su merveilleusement bien vous détourner de vous-même. Quant à vous maintenant vous continuez encore et toujours à mettre sur Dieu la responsabilité de l’incohérence et l’absurdité de votre vie.

Vous savez tant que vous ne vous êtes pas trouvé, Dieu n’a que faire de ce que vous faites car vous êtes toujours dans l’illusion de lui. Et Il ne revendique pas l’illusion que vous avez sur lui ou que les religions confessent de façon malsaine, ou pire de façon maligne par intégrisme ou fanatisme.

Voici s’il me fallait présenter Dieu, Il est celui qui nous attend tout au fond du jardin de notre invisible vivant. Il est le Bien-Aimé de l’âme laquelle est méconnue et maltraitée en permanence. Tant que perdurera cette situation de la violence sur l’âme, Dieu se tient en  silence au-dessus de ceux et celles qui sont dans l’ignorance d’eux-mêmes. Si Dieu endure la séparation, dites-vous qu’Il n’a jamais projeté un quelconque mal sur autrui. L’homme, dans son mensonge sur lui-même, sait tellement bien le faire sans son aide, et qu’il  n’oublie pas que l’origine du désordre de sa vie privée ou collective, il la doit simplement à son inconscience de lui-même.

Oui, Dieu n’a jamais eu l’intention de punir l’homme, et si les religions l’enseignent encore, je les invite à réviser urgemment leur croyance et à se poser cette question : A qui cet enseignement a-t-il pu profiter au cours de l’histoire humaine ? Cette perversité enseignée sur le créateur, qui dessert-elle ?

Croire que Dieu puisse nous faire payer nos fautes, illusion suprême, entretenue par certaines croyances. Jadis, elles étaient ses amies, dans un certain « hors du temps ». Aujourd’hui, elles sont  devenues des leurres du passé qui continuent toujours à asservir l’homme. C’est là toute l’oeuvre de récupération d’un mauvais esprit pour lui-même, celui du monde, qui se faisant passer pour Dieu, a falsifié et détourné son message originel. Et je parle ici de son prince : le malin.

Alors pour moi, Dieu serait aussi :

« Cet au-delà désir d’en-Vie avec sa Bien-Aimée,

Devenu, pour l’ombre que sont les hommes, tel un épouvantail de l’au-delà grâce à certaines croyances mensongères. Par l’entremise du mal, ce serpent des origines : menteur, rusé et orgueilleux, jadis lové autour de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, celui-ci est enfin parvenu à l’étouffer par ses soins pervers en s’en assurant ainsi la totale possession. Ainsi Dieu est-il devenu dans l’esprit des hommes telle une ombre et profitant de l’oubli des hommes sur eux-mêmes et sur Dieu, le mal en totale impunité œuvre aujourd’hui dans notre monde déguisé habilement en faux savant.

Après la religion, en s’immisçant dans la science des hommes, le falsificateur est parvenu à faire d’elle une déesse que tous doivent vénérer avec crainte. Désormais il porte toute son attention à contrôler sournoisement et à condamner ceux et celles qui n’adhèrent pas à son discours ou à ses pratiques. Et par ailleurs de surcroit pour le faux scientifique, c’est  une nouvelle occasion de se moquer de Dieu et de le réduire par ces mots : un leurre pour les hommes sans savoir, un fourre-tout pour le non encore expliqué.

Il est très dommageable que l’homme ait pu délaisser à ce point son âme, car cette inconnue est aujourd’hui totalement absente de la grande équation du mystère de sa vie. Ainsi vouloir la résoudre lui sera en réalité totalement impossible, car réduite en ces termes mêmes, elle restera toujours fondamentalement fausse pour le plus grand bonheur du malin.

Si le mal a toujours été cet inconnu de Dieu, autrefois témoin de notre liberté revendiquée face à Lui et acceptée par Lui mais en se retirant il nous a laissé en la présence de l’adversaire : le maître de l’illusion. Quant à ce dernier, il vous a transformé en ignorant de vous-mêmes devenant jour après jour, siècle après siècle, reflet de votre esclavage inconscient incapable de distinguer votre droite de votre gauche, le bien du mal. Tant que l’homme reste perdu, égaré, éloigné de lui-même, Dieu ne peut plus rien pour lui ici-bas, et Il reste dans l’attente qu’une âme se retrouve de nouveau elle même au top de ses capacités, alors enfin pourra-t-il faire corps avec elle pour œuvrer au le salut de ce monde.

Alors à quand l’image et la ressemblance de Dieu ?

Bientôt, très bientôt Liberté ! Les temps sont proches où l’arbre de la connaissance du bien et du mal sera retrouvé, et l’adversaire enfin terrassé. Lorsque l’homme recouvrira son âme,  l’œuvre du Créateur pourra reprendre son cours dans la justice et la vérité. Mais j’ai tort d’en parler au futur, car cette Réalité est déjà présente en bien des hommes dont l’Âme est épousée par Dieu, et qui par Lui, en Lui et pour Lui ont retrouvé leur totale capacité de prendre soin du jardin et d’y remettre la Vie.

La seule arme de pacification massive, Liberté, c’est ton âme éveillée. Elle ne blesse, ni ne tue, ne fait jamais parler d’elle et œuvre à la paix des hommes dans le secret de Dieu. Toutes autres armes ne sont que la voix du diable, et cela quel que soit le camp où elles se trouvent. N’oublie jamais que tout pays adepte des armes l’est aussi du diable. »