Le devoir de mémoire, simagrée de l’histoire matricielle !

 

Lorsque je remonte le fil de l’histoire d’une personne, il m’est possible d’y ressentir à certaines périodes de sa vie (fœtale, enfance, adulte) des nœuds évènementiels à partir desquels son temps se trouve comme altéré voir déformé. Ces accidents obligeront la personne à se comporter toute sa vie en fonction d’eux. Ils génèrent : injustice, conflits, violence, haine, rejet, dépréciation de soi, altération de l’identité, dépression…. Ce qui est ici détecté concerne l’histoire matricielle propre à la personne. Celle-ci m’est la plupart du temps confirmée par le souvenir qu’elle a des évènements de sa vie, en particulier ceux qui lui ont été traumatiques.

En Informatique, toute personne usant d’un ordinateur prend bien soin de s’équiper d’un logiciel antivirus pour se protéger de toute attaque venant de l’extérieur, quant à ces nœuds, ils agissent tout à l’inverse dans le système programme de sa vie, ils sont comme des logiciels anti-vie qui bloquent en permanence sa destinée pour finalement lz contraindre d’exister dans une sorte d’éternelle réplication d’un ou plusieurs nœuds évènementiels.

Ses enfants, reprendront à leur tour le flambeau, y ajouteront leur propre logiciel anti-vie, et voilà que la mort s’installe et fait gentiment son nid pour un très long moment.

Le principe et la propagation de l’histoire matricielle existe aussi au niveau de notre monde depuis bien des millénaires laquelle est constamment entretenue et nourrie par d’autres noeuds évènementiels touchant les peuples lesquels possèdent un puissant pouvoir de destruction : guerre, oppression des peuples par toute forme de dictature, irrespect de la nature…. Cette configuration « anti-vie » obligera sans cesse l’homme à se comporter d’une manière bien précise. Sa place lui est dictée, ainsi va l’ordre du monde lui sera-t-il dit ! Impossible d’y déroger, et tout désir de changement restera de l’ordre du rêve tant que ces systèmes « anti-vie » ne seront pas effacés.

Quel que soit le devoir de mémoire qui pourra être fait pour juguler la violence d’un fait historique, celui-ci restera toujours du vent. Derrière lui se cache, encore et encore, l’histoire matricielle qui fait bonne figure laquelle cherchera toujours plus à entretenir voir attiser son feu destructeur, et ce aussi par la médiation du devoir de mémoire. Celle-ci, la perverse ou la sournoise, se sert de lui en réalité pour plus encore assurer sa survivance. Tel est le paradoxe aujourd’hui du devoir de mémoire, il entretient le feu plus qu’il ne l’éteint.

En écrivant ces mots, j’ai à cœur ces paroles de l’Evangile de Matthieu, et pour moi, c’est de cette tonalité-là dont il est question dans ce syndrome du devoir de mémoire, simagrée de l’histoire matricielle avec émergence d’une nouvelle mémoire obligeante :

« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, qui ressemblez à des sépulcres blanchis: au-dehors ils ont belle apparence, mais au-dedans ils sont pleins d’ossements de morts et de toute pourriture; vous de même, au-dehors vous offrez aux yeux des hommes l’apparence de justes, mais au-dedans vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité.

Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui bâtissez les sépulcres des prophètes et décorez les tombeaux des justes, tout en disant: Si nous avions vécu du temps de nos pères, nous ne nous serions pas joints à eux pour verser le sang des prophètes. Ainsi, vous en témoignez contre vous-mêmes, vous êtes les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes! Eh bien! vous comblez la mesure de vos pères! » (Mt 23,27-32)

A la place des scribes et pharisiens, mettez-y les gardiens de l’histoire matricielle : les hommes politiques, religieux ainsi que les gardiens de l’esprit de ce monde. Quant au prophète, celui qui se trouve dans la Conscience, mettez-y celui qui n’appartient pas au système, qui le refuse et le dénonce haut et fort pour le payer de sa vie. Je vous laisse libre maintenant avec cette clé de relire ce texte.

Le devoir de mémoire cache bien souvent plus d’hypocrisie qu’il ne paraît. Vœux impie, toujours plus destructeur lorsque le mensonge s’y trouve lové. Il vous donne une bonne fausse conscience laquelle sert fidèlement la matrice rien de plus. Le devoir de mémoire n’efface rien, il ne fait que maintenir bien au chaud des cadavres dans un placard pour mieux un jour les redécouvrir dans une nouvelle violence.

Lorsque j’efface les nœuds de l’histoire d’un consultant, je ne cherche pas à faire œuvre de mémoire, bien au contraire, je m’attache à la faire disparaître parfois même sans en connaître son contenu. Question de discernement accordé par l’Âme ! Et cette faculté appartient en propre à la Conscience. Alors il s’ensuit alors une réelle libération, un allègement pour lui tout comme pour moi-même. Quelque temps plus tard, la destinée reprend enfin tous ses droits, et celui-ci s’en étonne toujours tant sa vie s’en trouve simplifiée. Ceci est la marque même du travail de la Conscience : la simplicité, la légèreté de l’être.

A chacun peut développer ce logiciel  « anti-mort », cette sorte d’anti-virus qui détectera le moindre nœud évènementiel en sa vie pour l’effacer mais aussi dans celle des autres. Cela reste l’apanage de tous, même si vous ne le savez pas encore. Le tout est de le vouloir, et d’être en voie vers soi, alors cette faculté sera en éveil, en alerte 24 heures sur 24.

Le jour où nous possèderont tous cette faculté de l’éradication mémorielle, le scénario de votre vie ne sera plus jamais écrit par avance, alors… Nous serons… Quoi ? Rien… Rien d’écrit… Rien de connu par avance…. Simplement la Vie…..

Le jour où chacun usera de son pouvoir d’effacement, sa vie et celle du monde changeront parce que l’histoire matricielle régressera, pour un jour enfin disparaître. Les mots de devoir ou mémoire n’existeront plus !

Et cela vient assurément.