Un enfant met en échec l’histoire matricielle : Noël !

 

L’histoire matricielle totalitaire

Noël, la venue de cet enfant divin, quel sens pouvoir bien donner à toute cette histoire ? J’espère que cette interprétation du texte vous ouvrira, cette fois-ci, les yeux sur qui vous êtes en vérité et du travail de libération intérieure qu’il vous incombe de faire urgemment.

Jésus naît une étable, un lieu peu adapté pour une naissance. Il prendra place dans une mangeoire, à la place du végétal qu’on y dépose : le foin ou le grain, et il sera entouré d’animaux qui lui apporterons leur chaleur. Et pourtant, cette réalité semble vouloir nous dire quelque chose ?

Au-delà de cette vision bien attendrissante, je vous invite à reconsidérer votre point de vue, aussi vais-je essayer de vous aider à comprendre ce dont il est véritablement question dans la venue mystérieuse de cet enfant.

Cette femme est enceinte sur le point d’accoucher et les humains ne sont pas capables de l’accueillir dans une demeure. Que faut-il comprendre derrière cette inconvenance des hommes ? Un tel degré d’inconscience se pouvait-il exister à l’époque ? Malheureusement oui, mais reste à savoir, maintenant, quel en est le véritable protagoniste de toute cette mésaventure, la question reste ouverte. Serait-ce l’humain ou bien une réalité autre ?

Aussi permettez-moi d’esquisser cette réponse. Cet excès d’inconscient mortifère et déshumanisant, je l’attribue à l’histoire. Voilà, la pièce maîtresse qui est à l’origine de notre déchéance humaine.

Pour les commodités de cet exposé, j’emploierai le terme d’« histoire matricielle », cette construction mémorielle, qui a pris vie, à travers le temps influençant vos faits et gestes jusqu’à ce jour. En êtes-vous libre ? Pas du tout. En êtes-vous conscient ? Encore moins. De quel droit l’histoire s’autorise-t-elle, activement, à façonner votre vie, allant jusqu’à  s’autoriser à la préempter, influençant alors votre destinée. Personne ne se pose la question, pour la simple et bonne raison que nul n’en n’a conscience.

Le dévorement de l’enfant

L’ « histoire matricielle » cherche absolument à ce que votre vie soit envahie par son existence, et qu’en une fidèle réplication du modèle, sa vie devienne vôtre.

Alors conformément à chronos, le Dieu du temps qui mange ses enfants, l’ « histoire matricielle » fera de vous des vieillards avant terme, par fidèle réplication de l’histoire par rapport à un lourd secret. C’est cela le mystère de la crèche, le dévoilement de celui-ci par l’enfant et le voici :

« Les enfants sont contraire à ma nature, je dois tout faire pour les tuer ou les neutraliser au plus vite, à faire en sorte que l’enfant ne soit plus à jamais. Alors si je les mange, c’est parce qu’ils peuvent me mettre en échec. Moi, l’histoire matricielle, j’arrange, j’organise, je programme la vie des humains pour cet unique but : me reproduire, et je serai toujours la première dans le cœur des hommes. Je hais l’instant présent des enfants car ils me ravissent la première place, celle où je leur échappe encore.»

Voilà le drame de l’humanité : être dépossédé de sa vie laquelle sera toujours dévorés par une histoire qui, la plupart du temps, n’est pas vraiment la sienne. En venant au monde l’enfant est d’emblée projeté dans une trajectoire de vie qu’il n’a pas choisie, celle de sa famille, de ses parents, d’une société et d’un pays. Son rôle : « être conforme à l’histoire, n’en rien changer du tout. ». Mais aux yeux de Dieu, ce n’est pas l’histoire qui importe, mais le cœur. Dieu ne lui donnera jamais de première place,  Dieu est la vie sans histoire, l’hsitoire matricielle le sait, c’est son pire ennemi.

Le Christ ne dira-t-il pas cette parole au sujet des enfants : « Le royaume des cieux est à ceux qui leur ressemble ». Oui, à nouveau nous retrouvons l’enfant. La clé de notre mystère. L’enfant dans sa nature profonde, avant qu’elle ne soit altérée, a cette faculté de pouvoir sortir l’humanité de son désastre dû aux forces obligeantes de son histoire.

Libre et ouvert à tous les possibles, il devient l’ennemi numéro un de l’ « histoire matricielle » laquelle n’aura que cet unique objectif : s’assurer au plus vite de sa survivance en se répliquant en sa vie au plus vite, garder sa première place.  Pourquoi ?

Hors du temps justement, sans passé, ni futur programmé, en cela, il peut mettre en péril le fonctionnement matriciel du temps, voilà le réel danger qu’il représente.

Oui, c’est donc un fait, pour Chronos et l’ « histoire matricielle », l’enfant de par sa nature profonde est insupportable. Mais avec Jésus, l’enjeu est encore plus important, car il est celui qui nous ouvre le chemin de la libération.

L’impossible dévorement : l’enfant Jésus

Regardez ! Jésus, vient de naître et un astre apparaît dans le ciel nous annonçant l’arrivée d’un être au destin particulier. Aussi les mages, à la vue de l’étoile,  iront demander à Hérode de lui indiquer l’endroit où cet enfant-roi vient de naître, celui-ci n’en sait rien toutefois il les missionnera en tant qu’ambassadeurs pour aller le localiser, et l’en informer avec ce futile prétexte d’aller lui rendre ses hommages.

Derrière les mages, convoqués par l’astre, il nous est révélé que l’histoire cosmique est, elle aussi, au rendez-vous avec, là une réelle puissance matriciante : l’influence des astres. La présence de ces mages met réellement en scène son existence, et ils en sont ses ambassadeurs. Mystérieusement, les présents apportés à l’enfant, témoignent de sa vocation future sans tromperie. Chacun d’eux possèdent des caractéristiques bien particulières. Ces trois personnages qui ne se connaissaient pas, sans s’être concertés vont dire par leurs présents la réelle nature de l’enfant sur le plan du corps, de l’âme et de l’esprit. Il y aura tout d’abord :

Les présents des mages : signification prophétique

L’or de la royauté, pour son corps conscient dont l’aura sera d’un rayonnement puissant sur tous ceux qu’il va rencontrer. Lorsque celle-ci s’affaiblira, ce sera chaque fois, pour lui, le signe que l’un des siens est en manque de vie. Son royaume, c’est  l’étendue géographique de sa lumière rayonnante, qui ira jusqu’à celle du monde voir au-delà, et dont il s’en saura 100% responsable de ce qui s’y passera à jamais. Son corps rayonnant, il n’aura de cesse d’en prendre soin et il le défendra au prix de sa vie. Particularité de son royaume, il ne lui appartiendra jamais mais toute la richesse de son royaume réside dans le fait que nul ne peut le lui ravir.

Ne dira-t-il pas : « ma vie, nul ne la prends, mais c’est moi qui la donne » ? Ici se trouve la clé du fonctionnement de son royaume. Lorsqu’en celui-ci, quelqu’un sera en manque de vie due à l’oppression, à l’esclavage, son territoire s’en trouvera diminué. Dès que la loi de la vie : celle du « donner » sera mise à mal, il fera tout pour mettre en échec la loi de la mort : celle du prendre.

En tant qu’Être véritablement épargné de l’inconscience de par Marie sa mère, la consciente, il sait intuitivement que toute forme de préemption de vie en ce monde lui fait perdre de son rayonnement, et en conscience, il en défendra coûte que coûte son territoire. Sa mission, consistera en cela : tout faire pour remédier à cette situation d’injustice.

Alors, avec lui les aveugles voient, les estropiés marchent, les opprimés sont libérés. Ainsi son royaume et celui de ses frères s’accroissent pour le bien de tous. Par voie de solidarité indéfectible.

En Noel, en Jésus, la royauté est déjà là, mais en cette fête, il y est question de ce germe de royauté qui repose en vous. Oui comprenez le bien, vous êtes appelés à la vie de sorte que nul ne puisse vous la ravir mais que vous puissiez l’offrir tout autour de vous. Et vous comprendrez dans cette royauté que l’histoire peut être neutralisée voir effacée lorsque vous habiterez un corps véritablement rayonnant et pour lequel vous vous en sentirez 100% responsable. Ce qui ne laisse pas de place à l’histoire matricielle qui toujours vous déresponsabilise, et cherche à vous éloigner de vous-même.

Puis vient cet autre présent : l’encens. Celui qui est utilisé dans le temple pour la prière.  Ici, c’est le symbole même de l’âme par laquelle la prière peut monter vers Dieu dans le temple du cœur. Si l’or est associé à la fonction du roi, l’encens le sera pour celle du prêtre. Autrement dit encore, celui capable de s’adresser à Dieu en toute justesse et d’intercéder auprès de lui. Seule l’âme possède cette faculté véritable.

Celui qui vit sur ce plan, reçoit aussi cette autre disposition intérieure : voir et entendre véritablement, c’est-à-dire au-delà de ce plan physique. Christ nous enseignera plus d’une fois à ce sujet : « Ils ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas. »

Qui regarde la vie avec les yeux de l’âme ne peut plus se laisser duper, berner par le mensonge des hommes et de leur histoire matricielle. Il connaît par avance celui qui lui fait face, il sait si ses dires sont en accord le rayonnement de son  corps. Cela se voit, la fraude est impossible.

L’âme est de nature à ouvrir les yeux des aveugles, à faire entendre les sourds, à faire marcher les estropiés mais aussi à s’éloigner, à prendre distance du dissimulateur, le falsificateur : le diable. L’encens de l’âme met en évidence les fourberies du diable et de Chronos, pour les déjouer et les faire disparaître. Avec elle l’ « histoire matricielle » perd sa force dupliquante. L’histoire doit reprendre sa place de servante des hommes, une fois dee plus sa primauté n’est plus.

Pour terminer vient la myrrhe, celle qui parfume qui donne la bonne odeur du prophète, celle de l’esprit  de sainteté reposant sur celui-ci. La myrrhe, ici symbolise, le prophète qui annonce la vérité sans tromperie, ni mensonge sans être au service de l’histoire matricielle.

Alors les mages lorsqu’ils ont vu l’enfant, que s’est-il passé ? Ils se sont sentis sondés, mis à nus par l’instant présent de ce petit enfant dans sa nature bien particulière, si bien que son rayonnement les a transformés. L’histoire cosmique matricielle aurait-elle fait allégeance au Christ ? Je crois que oui.

Avec l’enfant Jésus, la fin de l’histoire

Ainsi donc à la crèche, nous sommes au commencement de la déroute de l’histoire matricielle, Chronos restera sur sa faim et pour son malheur, il ne parviendra pas à manger l’enfant. Dans la vie future du Christ, ironie de l’histoire, c’est le Christ lui-même qui se donnera en nourriture pour la perte de Chronos et de l’histoire matricielle. Son repas qu’il nous a offert : faire mémoire de l’éternelle nouveauté de l’instant présent.

Si apocalypse, c’est à dire : révélation, il devait y avoir. Celle-ci trouve tout son sens en cet évènement, et elle commence ici-même à la crèche. Jésus, dès sa naissance, est déjà sorti du temps matriciel qui cherchait à le dévorer. Mais ce ne sera pas sans conséquence immédiate : les représailles du temps

De peur, Hérode cet autre roi, figure majeure de l’histoire matricielle va faire tuer tous les enfants nouveaux nés, en particulier, tous les premiers nés de la région. L’histoire les tue afin de tenter à tout prix de subsister.

Oui, cet enfant Jésus est un danger car il peut réintroduire de l’absolu dans la vie des hommes et remodeler complètement la matrice devenue de plus en plus destructrice et mortifère.

Mais la mission du Christ ira plus loin encore. Au lieu de la remanier, il poussera le combat jusqu’à la mettre à mort, en la vie de ceux et celles qui s’ouvrent à l’éternité de leur instant présent.

Et notre naissance ? Une renaissance !

En mourant sur une croix, Christ convoquera chacun des humains à découvrir en leur vie la radicalité de l’instant présent. Avec lui, la mort est morte seule la Vie subsiste. L’histoire matricielle n’est plus.

Aujourd’hui, en cette célébration de la venue d’un enfant divin, il s’agit tout d’abord de pouvoir retrouver trois choses :

1)    Notre royauté dans un corps toujours plus vivant, mû par notre unique espérance : le voir grandir toujours plus dans la Lumière, avec l’aide de Dieu, et d’être capable d’en prendre soin. Mystère de la Tansfiguration

2)    Notre sacerdoce, de par notre âme libre et aimante d’être capable d’accomplir dans une charité sans faille notre mission : aimer notre prochain, et par voie de conséquence, d’être capable d’offrir à Dieu la plus belle des actions de grâce dans l’instant présent, et hors du temps. Le prêtre étant capable de lier ou de délier les liens posés par l’histoire matricielle : « le pardon ». Mystère de l’élévation et de l’Ascension du Cœur.

3)    Notre mission de prophète, celle d’annoncer aux hommes, à temps et contre temps, un message qui éclaire et rend libre de par notre foi indéfectible en celui qui nous source, libre de toute histoire matricielle, déjà sorti de notre tombeau pleinement vivant, et d’être capable d’en témoigner. Mystère de la Résurrection.

Voilà le mystère de Noël, ce cadeau que vous offre cet enfant de la crèche. Faites-en bon usage tous les jours de votre vie. Avec son aide, soyez sûrs qu’à la suite de l’enfant, redevenu tel un petit enfant, vous sauverez le monde, en toute justesse, avec amour et sans violence !