Un jour, vous percevrez l’invisible

A propos du  passeur d’âme, j’évoquerai un de ses autres aspects.

Si dans l’au-delà, il aide les âmes dans leur difficulté à trouver la lumière, il peut faciliter le passage des personnes en fin de vie sur le point d’entrer dans cette réalité non ordinaire qu’est l’invisible.

En tant qu’infirmier, j’ai souvent été confronté avec des personnes ayant une fin de vie interminable, où l’agonie devenait intolérable, insupportable pour les proches et surtout d’une totale inutilité selon moi à cause d’une ignorance au sujet du fonctionnement de l’humain dans son physique, psychique et surtout spirituel. J’ai parfois entendu que cette situation pouvait s’expliquer par l’argument suivant à savoir : qu’ils ont quelque chose à payer ou à régler avant leur départ. Aujourd’hui pour moi, ce discours n’est plus recevable du tout. Mais permettez-moi de m’en expliquer en  vous partageant ce que j’ai découvert à travers ce rôle de passeur d’âme.

A l’approche de leur départ, j’ai remarqué que personne, arrivé à l’extrême terme de son existence n’échappe au constat suivant : d’un côté l’âme est prête au passage sachant que la vie continue, de l’autre le corps est comme retenu par une force : son esprit inconscient lequel cherche coûte que coûte à s’agripper à la vie, par peur de mourir.

J’aurai l’occasion de revenir sur ce thème : « la mort, peur de l’inconscience à disparaître ». En effet, nous le verrons ultérieurement, les modalités d’organisation de l’inconscient obéissent à des modalités de fonctionnement précises. En tout cas, s’il est bel et bien vivant, il ne peut l’être que dans un corps mais si celui-ci meurt, il en perd la jouissance, et pour lui cela est vécu comme une mort. Son existence physique n’étant plus possible, il part alors rejoindre le monde des esprits, au niveau de l’inconscience collective.

Dès l’instant où le passeur d’âme travaille à libérer l’individu des liens qui le retiennent en cette fin de vie, et surtout par rapport à son esprit inconscient, alors le corps devient en mesure de lâcher prise.

Le témoignage qui va suivre de  cette expérience de vie avec cette femme, témoigne un peu de cela.

Un jour, je suis appelé, en tant qu’infirmier, auprès d’une personne pour une prise de sang. Je ne l’avais jamais rencontrée auparavant. Celle-ci est alitée, une fois à ses côtés dans sa chambre, je perçois dans l’invisible des présences d’âmes déjà passées dans l’au-delà. Elles sont environ une dizaine. Sans rien dire, j’effectue  le soin, et une fois en contact avec ses enfants, ceux-ci s’empressent de me dire qu’elle a des hallucinations. « Vous savez, nous avons beau lui dire qu’il n’y a rien, elle persiste toujours à dire le contraire » me disent-ils. Je leur fais savoir que ce qu’elle voit existe vraiment, et que je le perçois moi aussi. Je leur fais remarquer  que ce qu’elle est appelée à vivre maintenant est de grande importance. Je leur demande alors, s’ils m’autorisent à parler à leur mère.

Rendu à ses côtés, celle-ci me confirme ses visions, effectivement elle perçoit des personnes dans la chambre, et peut même les géocaliser à l’endroit même où je les percevais, c’est-à-dire au pied de son lit.

« Oui je les vois, lui dis-je, ils sont nombreux, certains vous tendent les bras, n’est-ce pas ? Et, je pense que vous les connaissez tous. » Elle acquiesce d’un signe de tête. Alors je la rassure en lui confirmant que ce qu’elle vit est vrai, qu’elle n’est pas en présence d’hallucination, et que si ces présences amicales, elles sont là pour l’accompagner .

Suite à cela, elle me demande : « Alors, je vais mourir ? » S’ensuit alors tout un petit dialogue autour du passage dans l’autre vie et l’invite vraiment à ne pas le craindre. Je sens alors se lever en elle certaines de ses résistances. Pour moi, avant même notre rencontre, cette femme avait déjà l’âme en paix mais maintenant elle se sentait rassurée de savoir que ce qu’elle voyait était vrai.

L’ayant laissée, et à distance de la maison où elle demeure, je me suis assuré au niveau de son esorit que rien ne puisse la retenir et empêcher son départ. Le soir même, la patiente décède dans la plus grande paix.

Alors, je vous laisse maintenant avec ce précieux conseil :

« Ne dites jamais à une personne en fin de vie que ses visions ne sont pas vraies, vous ne feriez que renforcer encore son angoisse, et souvenez-vous de ceci : l’invisible existe, un jour vous le verrez tout comme tout comme l’animal, le jeune enfant ou cette femme à l’ultime de sa vie. Mais n’attendez pas trop longtemps pour l’intégrer en votre vie, mettez-vous y dès maintenant. Vous y gagnerez en qualité d’existence »