Que reste-t-il donc quand on n’a plus de passé ?

Extrait  « Les sept plumes de l’aigle », H. Gougaud, Seuil, p. 249-250

« Je ne me suis pas perdu. El Chura doit être content. Je crois qu’il voyait ma vie comme un aigle contemple un paysage, du haut du ciel. Il me voyait marcher, en bas, il voyait ce que je ne pouvais pas voir, les torrents, les montagnes, les foules, les batailles qui m’attendaient au loin. Il ne pouvait pas les effacer, il ne pouvait que me nourrir de force et espérer qu’elles me seraient suffisantes pour franchir les obstacles. J’ignorais tout cela au temps où j’étais près de lui, j’entendais mal, parfois, ce qu’il voulait m’apprendre. Je n’étais qu’un enfant à l’entrée d’un long voyage. Je lui disais :

–          El Chura, ayez pitié de l’apprenti, il est perdu !

Il me répondait :

–          Ce n’est pas grave. Quand l’apprenti sera devenu un vieil artisan, là-bas, de l’autre côté de l’océan, il comprendra.

Je ne savais même pas de quel océan il voulait parler. Je m’imaginais en patriarche, dans un pays céleste, au-delà des vicissitudes de l’existence. Il parlait simplement de ce lieu où nous sommes, qu’il ne connaissait pas, qu’il avait vu pourtant. Il me répétait sans cesse :

–          Ce n’est pas ce que je dis qui est important, c’est ce que tu sens. Entre dans ta Pachamama, dans la terre de ton corps. Goûte, flaire, écoute, palpe, tiens-toi à l’affût dans le silence de la terre. Au fond du silence quelqu’un dort. Souffle sur son visage, il ouvrira les yeux, et tu verras tomber un plume du ciel, la septième. La plume de l’éveillé. Dès qu’elle aura touché ta tête tu sauras marcher vraiment, sans béquille, les yeux ouverts. Tu ne seras plus prisonnier de tes caprices, de tes humeurs, de tes croyances, de tes rêves, de ton passé.

Quand il m’a dit cela, il ne m’avait jamais parlé des sept plumes de l’aigle. Que pouvais-je comprendre ?

–          Mais Chura, si je sors de mon passé, je n’aurai plus de mère, plus d’âge, plus de souvenirs, plus rien !

–          Que sais-tu de mon existence, Luis ? Tu ne connais même pas mon vrai nom. Regarde-moi est-ce que je ne suis rien ?

–          Chura, que reste-t-il donc, dites-moi, quand on n’a plus de passé ?

–          La liberté des anges, celle qui baigne dans l’amour de tout ce qui vit.

El Chura ne m’a pas instruit, il a rempli mon sac de provision de route. Ce qu’il ne m’a pas donné, il savait que je le trouverais à tel détour de mes vagabondages, auprès de tel de ses « cousins », à la sortie de telle épreuve. Son œil était celui d’un oiseau, son cœur celui d’un père amoureux, confiant. Je ne sais pas s’il est encore de ce monde aujourd’hui. Où qu’il soit, que ma gratitude parvienne jusqu’à lui, et qu’il bénisse cette halte en votre compagnie.

Vous avez voulu que je vous parle, je vous ai parlé. L’heure est venue de dire au vent : « Nous te confions nos paroles. Emporte-les comme tu emportes tout, pollen, poussière, feuilles mortes ; Si elles ne sont que poussières, qu’elles retournent à la poussière. Si elles sont vivantes qu’elles nourrissent la vie. » Poursuivons maintenant notre route. Je vous préviens elle est sans fin. Nous sommes tous des Rois mages en chemin perpétuel vers un espoir de naissance. Certains voient la mort devant eux, mais non elle est derrière, toujours derrière, dans la terre soulevée par les semelles du temps. »

La VIE honore toujours les « sans passé ni futur »

Extrait du pèlerin d’Emeraude, Anonyme

« Celui-ci enseigna l’enfant longuement, l’invitant sans cesse à réfléchir sur soi. Fables et contes étaient leur support favori pour débattre et échanger.

Voici l’un d’eux qu’il lui narra à propos de « La Vénérée Dame de la VIE »,

« – Puisse ce conte éclairer ta réflexion mon ami ! » lui dit-il.

« Un jour, un homme avait appris  qu’en une très lointaine contrée résidait «La Vénérée Dame de la VIE ». Aussi entreprit-il de se mettre en quête pour aller la retrouver pensant ses indices glanés  suffisants pour trouver son chemin.

Le premier soir de son voyage, l’auberge « Aux sept oies » l’attira irrésistiblement vers elle. Tout y semblait paisible, heureux, harmonieux et elle ne ressemblait en rien au regard de toutes celles devant lesquelles il venait de passer. Lors du repas, une petite fille vint à lui et lui fit cette demande : « Veux-tu jouer avec moi, quand tu auras fini de manger ? ». Mais il déclina son invitation par ces mots : « Non, je suis désolé ! Demain je reprends la route très tôt et je dois aller me coucher au plus vite car demain le voyage sera long. Vois-tu, c’est la meilleure chose que je puisse faire, une autre fois peut être ! ». L’enfant reprit : « Ma mère me dit toujours : « Pour l’homme qui ne se connait pas, demain est une mascarade du passé. Sans l’un ni l’autre ainsi va la vie. Alors si quelqu’un te dit : « Demain » demande-lui toujours s’il se connait lui-même. Que penses-tu de ce que dit ma mère ?» Faisant preuve d’un certain agacement, il la renvoya lui disant : « Te voilà bien avisée mais toi que sais-tu de la vie ? Qu’as-tu à m’apprendre ? Et ta mère me connait-elle ?». Arrivé dans sa chambre, un cadre était placé au-dessus du lit où figurait cette citation : « A la Vie, seul le don de la tienne t’apportera ce que tu attends, n’aie d’autre but que de la reconnaître, toute autre quête est vaine ! Savoir bien la nommer là réside son secret.»

Le lendemain, après plusieurs heures de trajet, apparut au loin un enfant qui lui faisait signe de s’arrêter. Voiture garée sur le bas-côté de la route et le capot levé, son conducteur se montra enfin et lui demanda s’il pouvait le tracter jusqu’au prochain village, mais toujours pris par le temps, il leur déclara : « J’ai un rendez-vous que je ne dois manquer à aucun prix, j’en suis désolé mais je vous souhaite de trouver une personne plus disponible que moi. » L’enfant lui fit remarquer : « Je ne sais avec qui ou avec quoi vous avez rendez-vous, mais n’oubliez jamais que seule importe la Vie !». Il rétorqua : « Tu ne peux pas dire mieux, elle est très judicieuse ta remarque. Si tu savais comme tu dis vrai. » Mais son interlocuteur s’empressa d’ajouter : « Curieux ma mère me dit toujours : la vie ne donne jamais de rendez-vous ! Seule la mort en prend mais les hommes l’oublient sans cesse.»

Le surlendemain, il se perdit en chemin et dut demander sa route à deux enfants qui jouaient au bord de la route, et ceux-ci dans l’impossibilité de pouvoir lui répondre l’invitèrent à venir chez eux rencontrer leur mère qui n’allait pas tarder à rentrer. Désolé, il leur confia qu’il était pressé et qu’il trouverait bien quelqu’un d’autre plus loin pour lui indiquer la voie, toutefois un des enfants lui dit : « Ceux qui prennent cette route disent souvent : « je n’ai pas le temps » ou encore : « demain » et tous les jours des gens s’y perdent. Prends-garde à toi ! Ma mère appelle cette route celle des « sans vie » »

« Après bien d’autres péripéties, il parvint enfin au seuil de la résidence de la « Vénérée Dame de la VIE ». Tout impatient, il s’empressa de courir frapper à sa porte.

« Qui est-ce ? » disait une voix d’enfant derrière la porte. Et lui, longuement de raconter qui il était, d’où il venait et tous les dangers qu’il avait dû braver pour venir jusqu’à elle.

Tout à coup, interrompu dans sa narration des faits, une voix se fit entendre :

« Qu’as-tu à donner ? »

« Voici mon offrande pour les bonnes œuvres de la  Dame ». L’homme fit passer sous la porte un chèque d’un montant important.

« Qu’attends-tu ? »

« De pouvoir la rencontrer. »

Un silence glacial régna subitement en ce lieu. Et l’homme vit réapparaitre le chèque glissé en dessous de la porte. Déçu, il s’en alla camper non loin à l’entour de la demeure. Dans son esprit, sans nul doute le montant offert était trop insuffisant. Avec un empressement sans pareil, il alla vendre tout ce qu’il possédait pour le convertir en or sonnant et trébuchant. Sa détermination était sans borne car il avait le secret dessein d’obtenir d’elle la vie éternelle.

De nouveau il se rendit en hâte à la demeure convaincu cette fois-ci que ce serait la bonne. Les mêmes questions lui furent posées et le même silence lui fut signifié au point de lui glacer les sangs. Toutefois sans jamais perdre courage l’homme resta sous sa tente très longtemps en ces lieux. Après bien des années, au cours d’une nuit, il fit un rêve. Des enfants jouaient ensemble, au jeu du colin maillard, quand l’un d’eux fut attrapé par l’autre qui avait les yeux bandés et les autres de lui crier : qui est-ce ? Soudainement il prit conscience de sa cécité et de sa surdité. Cela faisait si longtemps qu’il répondait à la tourière de façon erronée. Curieusement quelque chose venait de changer en lui».

Alors l’homme se réveilla certain qu’il connaissait, cette fois-ci, la réponse aux  trois énigmes posées par la tourière mais il n’était plus le même, il se ressentait différent des autres jours. Ainsi au cœur de la nuit, ne pouvant plus contenir son impatience, il se hâta d’aller frapper vigoureusement à la demeure.

Dès qu’il vit la lumière briller du dessous la porte, il déclara à la tourière :

« Maintenant je sais. Tu es la dame de la VIE. Le seul don que je puisse te faire, c’est celui de ma vie aussi je te demande de bien vouloir l’accepter en cette nuit même. Mon espérance par-dessus tout, c’est de devenir pareil à toi. »

« Entre, pousse la porte. Tu sais, elle a toujours été ouverte mais vous êtes tellement conditionnés, vous les hommes que vous n’osez même pas la pousser. Pour ce qui est de tes bagages et de ton or, reflet de ton temps perdu, je te prie de bien vouloir les laisser au seuil de la porte. Les « sans-vie » s’en chargeront, c’est leur seule raison de vivre. », lui rétorqua l’enfant tourière. »

Quand il la vit, quelle ne fut pas sa surprise ! Celle dont il attendait la rencontre depuis si longtemps avait les traits  d’une très jeune enfant, en son esprit subsistait un doute : était-ce véritablement la Dame de la VIE ? Mais pas de doute possible car sa toute première déclaration le rassura intérieurement par ces mots : « Mon enfant, quel bonheur de te voir revenir parmi les vivants. Je t’attendais depuis si longtemps! Viens maintenant partager le repas avec nous tous. Nous allons rattraper cette illusion du temps perdu ! »

Et celle-ci l’emmena dans une salle où s’y trouvaient des enfants d’une jeunesse hors du commun. Ce qu’il ne savait pas encore, c’est qu’il était devenu l’un d’eux. Mais juste avant d’entrer dans la salle à manger, il lui déclara : « Comme c’est curieux, j’ai cette étrange impression de déjà te connaître, ou de t’avoir déjà vu. »

Durant le repas, la Dame de la Vie ou plutôt l’enfant de la VIE lui fit cette confidence :

« C’est vrai et tu as raison de dire que nous nous sommes déjà rencontrés. C’était il y a fort longtemps à l’auberge « aux 7 oies », lors de ton tout premier soir de voyage à ma rencontre. T-en souviens-tu ? Déjà là j’étais venue à ta rencontre mais tu as décliné mon invitation à venir jouer avec moi, et plus tard à m’aider ou à venir me rencontrer chez moi. Quant à la réponse à mon énigme posée du : « qui est-ce ? Tout était là dans le nom de l’ « auberge  aux sept oies », comme dans un jeu de piste tu ne voyais rien des indices que la vie te montrait en filigrane.  Quant aux autres indices tu les avais tous reçus mais « demain » t’aveuglait tellement que me voir à travers une enfant t’était inconcevable. Bien d’autres fois nous sommes revenus vers toi mais toujours en vain, tu ne voulais rien entendre. Tu me recherchais comme on s’attache à vouloir acquérir un bien.

Beaucoup n’ont de cesse de courir après moi, et  tu étais l’un d’eux.  Votre manège, à vous les hommes, me fait bien rire. Votre folle frénésie à mon égard n’en n’est que trop absurde. S’arrêteront-ils un jour de se méprendre sur ce qu’est la VIE. Certains croient m’avoir trouvée mais ne font qu’embrasser de la fumée. Vaine est leur quête tant qu’ils inversent les rôles. Pourtant, sans cesse, JE les poursuis dans l’espoir de pouvoir les combler un jour de mes biens avec largesse. Mais, ils sont tellement attachés à leur mémoire passée, cette « satanée mémoire », comme si c’était  de l’or, qu’ils finissent toujours par se détruire les uns les autres avec ce faux espoir d’obtenir pour soi un lendemain meilleur. Malheureusement leurs pièges, leurs manipulations, leurs possessions m’obligent la plupart du temps à les fuir comme la peste.

Comprendront-ils un jour que ME trouvent ceux qui jamais ne comptent, ne prennent, ne possèdent, ni ne jugent. Humbles, discrets, magnanimes, rayonnants et bienfaisants tel sont ceux en qui JE prends plaisir à ME donner. Voici mon unique destinée ME transmettre à l’infini en toute gratuité. Ne doute jamais qu’un jour elle puisse devenir la tienne, c’est à cela et rien d’autre que je t’appelle. »

Tout à coup, il prit conscience de ceci : les enfants le regardaient et lui parlaient sans jamais lever la tête ce qui le surprenait, comment cela se pouvait-il ? Plaçant une main au-dessus de sa tête, il réalisa qu’il était devenu l’un d’eux. Alors, l’enfant de la VIE lui révéla son mystère : « Te voilà devenu comme l’un d’entre nous, ta mission sera d’aller sur le chemin à la rencontre des hommes qui disent toujours demain, tu sais la tâche est rude mais tellement belle quand l’un d’eux devient comme l’un de nous. »

Devant ce qu’elle venait de lui dire, il ne peut s’empêcher de lui poser cette question : « Vous êtes tous ici tels des enfants mais depuis que je suis arrivé je n’ai pas encore rencontré votre mère à tous. Est-ce vous ?»

L’enfant de la VIE se mit à rire, et lui confia ces mots au creux de l’oreille tel un secret : « Ta mère est en toi et elle l’a toujours été, il s’agit de ton âme que tu ne connais pas encore véritablement. Pendant un temps, nous serons telles des mères pour toi, jusqu’au jour où tu l’entendras te parler directement en ton cœur. Bientôt tu ressentiras une force nouvelle, l’esprit de notre Père sur toi. Là encore, tu comprendras pourquoi nous n’avons qu’un seul Père : Dieu et qu’une seule mère : ton âme. Ensemble tous les deux, ils font de toi un enfant de la VIE éternellement engendré. Et ce dont il sera désormais question, ce n’est pas de savoir ce qu’est l’éternité mais plutôt comment apporter la VIE au monde.»

Perplexe devant cette fable, le jeune Liberté lui fit tout de même cette remarque :

« Je vois beaucoup d’atrocités et de violences en ce monde et vous ne cessez de me dire que la  Vie vous honore de sa présence, certes je veux bien l’entendre mais si rien ne change à quoi cela sert-il ? Quel est véritablement l’enjeu de tout cela ? Qu’y gagne-t-on ? Si tu es devenu tel un de ces enfants où es la vie ?»

Innommé s’exprima en ces termes :

« Liberté, quelle connaissance as-tu de toi-même ? Demain est-il encore tapi à ta porte ? Ton coeur de quoi ou par qui vit-il ? D’aujourd’hui ou de demain, ou bien de cette mystérieuse union entre ton âme et Dieu ? Sais-tu voir la réalité ordinaire de ce jour à la lumière du jour passé grâce au clair discernement de ton cœur ? Cette vision-là te permettra de répondre à ta question par toi-même parce que la réponse repose déjà en toi. Vois-tu, L’animal sent et perçoit l’invisible vivant qui influence l’organisation d’une bonne partie de sa vie, l’enfant qui vient au monde possède les mêmes capacités de percevoir notre réalité non ordinaire au quotidien. Cela fait partie de ces sens innés partagés avec l’animalité mais l’entourage, au nom du « c’est comme çà. Ca n’existe pas », va mener le petit enfant vers une réalité très mentale bien ordonnée, formatée, cadrée et conditionnée. Le précepte sournois et maléfique programmé dans l’inconscient du petit homme en ces termes peut se formuler par ces termes : « Tu te tiendras à l’écart de toi-même et n’en dérogeras pas. Nous te dicterons ce qu’il est bon de croire ou ne pas croire. Aie confiance, nous détenons la vérité ! Ta vie nous la dirigerons avec le plus grand soin. Seul ton avenir nous importe, quant à ta mort nous lui octroierons le plus grand soin.»

Progressivement l’homme se trouve réduit à l’état d’esclave, de mort vivant dans cet univers des fausses certitudes, de l’illusion et du mensonge afin de servir le demain toujours plus faste des grands prédateurs. Mais, ce qu’il ne sait pas, au comble du comble, c’est qu’en lui désormais repose son pire ennemi. N’oublie jamais dans ton parcours de vie que le plus  à craindre, c’est sans nul doute toi-même tant que tu es aliéné au système de pensée collective qui ne veut pas entendre le mot d’aujourd’hui mais toujours celui de demain : croissance, durée de prêt, dividende, bénéfice, plan de carrière, possession, réussite sociale, descendance….

Dans une telle vision la vie ne peut nous honorer de sa présence si bien qu’elle se retire, à cause de l’interdit fondateur et destructeur,  pour laisser exister un monde lourd, pesant et pénible avec pour compagnes et compagnons : misère, pauvreté, des pleurs, des regrets et de la souffrance. Certes ces derniers seront toujours totalement infondées et injustes mais obligées et acceptées de par un conditionnement et un comportementalisme pervers savamment entretenu par le monde des morts. Quand demain est basé sur des intentions issues du passé visant la prospérité d’une économie, l’aujourd’hui devient désert, souffrance et mort.

La VIE honore toujours les « sans passé, ni futur » car ils ont intégré en leur vie et en leur cœur les logiques même du vivant quitte à se battre pour elle. Par contre la VIE se moque de ceux qui la travestissent en permanence pour les délaisser à leur perte. Et je parle ici des morts de ce monde qui portent des masques d’Elle sans véritablement La connaître. Bientôt tu te rendras compte qu’ils sont pitoyables et tous plus laids les uns que les autres ! Quant à toi, si tu Lui donnes véritablement ton cœur alors le temps ne sera plus, à partir de toi se dispensera la VIE et la seule économie qui importera sera celle du cœur et de l’équité.»

« Vois-tu Liberté comment est-ce que je perçois la vie en notre monde aujourd’hui ? Tout simplement faire que le temps destructeur ne soit plus.»

Manipulation diabolique des consciences par la technique d’invisibilité contrainte

Manipulation diabolique des consciences par la technique de l’invisibilité contrainte.

La ré-harmonisation de l’agence de voyage venait de se terminer, lorsque sa directrice, Mme A me dit : « Regardez dans cette zone industrielle, un dimanche jamais personne n’y passe et pourtant un couple vient de s’arrêter longuement à  regarder la vitrine de mon magasin, je peux vous dire qu’en deux ans, cela ne s’est jamais produit. » A peine avait-elle dit cela qu’une autre personne s’arrêta elle-aussi pour y regarder ses publicités de voyage.

J’avais été appelé au chevet de ce magasin car depuis sa création, sa propriétaire avait cet étrange sentiment qu’il lui semblait qu’il y avait quelque chose d’anormal énergétiquement. Elle était toujours chagrinée par le fait que quoi qu’elle fasse, toutes ses tentatives pour rendre sa vitrine attrayante paraissaient inutiles, concrètement jamais personne ne la regardait et les deux places de parking face à son enseigne restaient toujours inoccupées. Pourtant, elle était voisine proche d’un centre de radiologie ainsi que d’autres enseignes commerciales, et elle voyait défiler devant son enseigne des centaines de personnes tous les jours. Pour elle quelque chose disfonctionnait sévèrement soit son étude de marché concernant son implantation en cette zone était totalement erronée quant à ses conclusions, soit il lui fallait oser penser autrement vers un travail en provenance de l’occulte.

D’autres signes encore venaient s’ajouter à ceux déjà cités. Quand l’un ou l’autre client entrait chez elle, il faisait preuve d’impatience comme si tout dans le lieu le poussait à vouloir régler sa transaction  afin de sortir au plus vite. Et au terme de ses journées passées à l’agence Mme A.  et sa secrétaire étaient toujours très épuisées, exténuées, totalement vidées de leurs énergies.

En ce qui concerne l’analyse de Mme A., celle-ci était pertinente et son ressenti très exact car de fait une magie y avait été pratiqué qui rendait son lieu invisible aux yeux de notre conscience. Quant à énergie vitale, elle y était comme gelée, inerte comme sans vie aucune, d’où cette dévitalisation constante lors d’une stagnation en la place se traduisant par des impatiences de la part du client et une grande fatigue chez ceux qui y travaillent.

Le travail de ré-harmonisation sur ce commerce se terminait, et je pris congé de Mme A., lui demandant de me redonner des nouvelles dans la semaine. Mardi en fin de journée, elle prit soin de me redonner de ses nouvelles et me confia : « Vous savez ma secrétaire qui n’était pas au courant de votre venue et du travail accompli ce week-end dans l’agence, s’est exclamée ce matin en disant : « Mme A., regardez ! Avez-vous vu combien notre vitrine est regardée par tant de gens ce matin. Que s’est-il donc passé ? Et là, même les places de parking sont occupées. C’est incroyable ! »

Depuis, les nouvelles reçues de Mme A. sont bonnes et le chiffre d’affaire du magasin est en nette amélioration. Enfin les résultats étaient plus conformes à son étude de marché. Pour terminer, elle me fit cette remarque qu’une personne qui travaillait sur la zone était entrée en son agence et lui avait avoué qu’elle ne l’avait jamais vue jusqu’alors.

Voyez-vous si cette invisibilité causée par une influence de type magie existe non seulement pour les lieux ou les objets mais aussi qu’elle peut l’être pour des individus. Mais de qui est-il question ?

Toute chose, tout être est doté d’un corps, d’une âme et d’un esprit. Tout est interconnecté dans un grand champ de conscience au niveau de notre invisible. C’est lui qui va vous rendre présent ou non à la réalité. Dans le cas de ce commerce, la conscience du lieu a été sciemment déconnectée si bien qu’elle n’a plus d’accroche avec la nôtre. Pour nous, ce magasin n’a pas d’existence puisqu’il est inerte, sans vie sans interaction possible avec son environnement, d’où cette sorte d’invisibilité pour celui-ci. Personne ne le voit, et ne peut prendre conscience de sa présence.

Vous savez, par mon travail d’infirmier libéral, il m’arrivait parfois de devoir passer en des espaces publics où parfois je n’avais pas le temps de m’arrêter pour échanger avec les uns les autres car je savais que cela pouvait parfois prendre 15 à 20 minutes, et que cela m’était difficile en regard de l’état de ma tournée. Alors dans un souci de protection, il m’arrivait d’utiliser une certaine forme d’invisibilité. Par cette technique, je pouvais passer sur la place d’un village sans être repéré. Concrètement je faisais en sorte de ne penser à rien, de ne regarder personne et de mettre ma conscience en retrait comme si j’étais déconnecté de la réalité rien en réception, rien en émission. Ainsi, nul ne pouvait sentir mon regard et capter mon champ de conscience moi-même me refusant de capter le leur. L’important est donc d’être dans un champ nullement émissif et nullement réceptif, alors vous devenez quelque part invisible au point que personne ne vous remarquera. Ici, cette démarche est volontaire mais pour ce qui est de ce commerce l’invisibilité lui a été donnée par force, et là cette intrusion dans la vie de l’autre, entre autre ici le magasin est une pratique inacceptable car l’unique but de cette démarche est de nuire à son propriétaire.

Cette façon de nous faire décrocher de la réalité et de ne plus voir vraiment ce qui se passe autour de nous est aussi une technique parfois utilisée par nos états qui à travers les médias s’attachent à détourner notre attention puis à orienter notre réceptivité sur des évènements particuliers en nous détournant d’autres plus sensibles simplement par manipulation de nos inconscients comme dans une forme d’hypnose aveuglante.

Vous voyez personne ne remarquait ce commerce sous leurs yeux. Nous passons tous les uns à côté des autres en nous ignorant tous, comme si nous étions tous atteint par une certaine forme d’invisibilité. Plus rien, plus aucune accroche de conscience pour réagir face à l’autre avec pertinence et justesse ou lui donner  sa juste place. Personne n’est plus capable de s’étonner de cette perception de la réalité manipulée à savoir que nous n’avons plus de réelle existence pour les autres.

Nos états, les médias, notre culture financière tout concourt à nous rendre individualiste, coupés les uns des autres, indifférent, impassible, incapables désormais de recréer du lien ou d’en faire exister en vérité et équité. Les plus grands bénéficiaires de cette manipulation de notre réel sont nos états qui peuvent alors avoir les mains libres pour agir impunément face à une population maîtrisée et manipulée dans sa perception de la réalité.

L’art de la manipulation, des influences et de la magie sont multimillénaires, et sont encore largement utilisées. Sachez qu’il n’y a pas que des petits magiciens de quartiers qui agissent ainsi. Dans des instances bien plus élevées encore que celles de nos états, certaines sociétés recourent aussi à cet art ancestral remontant à l’époque digne de la Grande Babylone. Alors s’agit-il de magie noire ? Non pas du tout nous sommes en présence simplement de certains qui connaissent les lois de la manipulation de notre dimension invisible pour influencer celle visible et ceux sont les mêmes qui s’attacheront pour se cacher mieux encore de vous dire que cette réalité est inexistante, pure affabulation.

Je vous laisse avec ces quelques citations :

« Le but des Rockefeller et de leurs alliés est de créer un gouvernement mondial unique combinant le Supercapitalisme et le Communisme sous la même bannière, et sous leur contrôle. […] Est-ce que j’entends par là qu’il s’agit d’une conspiration? Oui, en effet. Je suis convaincu qu’il y a un tel complot, d’envergure internationale, en planification depuis plusieurs générations, et de nature incroyablement maléfique. »

Lawrence Patton McDonald (1935-1983), congressiste américain tué dans l’attaque d’un vol de la Korean Airlines

 

« L’individu peut penser que la réalité la plus importante est sa propre existence, mais il ne s’agit seulement que de son propre point de vue. Tout cela manque de perspective historique. L’homme n’a pas le droit de développer son propre esprit, même si cette orientation libérale est attirante. Nous devons contrôler électriquement le cerveau. Un jour les armées et les généraux seront contrôlés par des stimulations électriques du cerveau. »
Dr. Jose M.R. Delgado, Directeur de la « Yale University Neuropsychiatry Medical School » et auteur du livre « Physical Control of the Mind, Toward a Psychocivilized Society »

 

« Supposons que tout ce que vous savez n’est pas seulement faux, mais qu’il s’agit de mensonges soigneusement rédigés. Supposons que votre esprit est rempli de fausses croyances – sur vous-même, sur l’histoire, sur le monde qui vous entoure – implantées là par des forces puissantes, de façon à vous leurrer dans la complaisance. Votre liberté est par conséquent une illusion. Vous êtes en fait un pion dans ce complot, et votre rôle est celui d’un crédule qui doit prendre son rang, si vous faites partie des chanceux. »
Charles Paul Freund, auteur et chroniqueur, dans un article intitulé If History Is a Lie: America’s Resort to Conspiracy Thinking, paru dans le Washington Post le 19 janvier 1992

Souviens-toi ! Ambassadeur de la VIE, tu l’es de toute éternité.

« Et Innommé  lui présenta notre réalité d’une autre manière  :

« Pour moi, en ce monde, comme les deux côtés d’une même tablette, nous pouvons regarder la réalité sous deux aspects antinomiques celui de la malédiction ou de la bénédiction. Sur un de ses côtés pouvait se lire : « Unique est la réalité, il n’en existe pas d’autre. Crois-le. Si tu restes fidèle à ce commandement, Dieu se souviendra de toi au moment venu ». Ce texte je l’ai qualifié de « fléau des trois » car il prédomine et nous abîme en permanence : le mensonge, l’illusion et la mort.

Observons bien, si nous en avons la force, le grand échiquier de ce monde. Les rois, reines et gouvernants, blancs ou noirs, telles des marionnettes œuvrent tous à la solde d’une puissance destructrice aveugle dont jamais personne ne parle. Ils sont soi-disant là pour votre bien mais ils mentent et vous leurrent en permanence. Ils sont en cette place pour entretenir et développer l’art de tirer le meilleur profit de cette situation illusoire.

Leur récompense : le capital amassé autour de cette entreprise macabre avec son cortège de maux : pollution, maladie, guerre, endettement, manipulation mentale, planète bafouée et rendue exsangue…. Quant à nous, qui subissons ces horreurs, notre seule et unique tache : être de gentils exécutants, de gentils croyants et qui plus est, mensonge suprême s’entendre parfois dire : Dieu vous le rendra cela au centuple ! ou encore : Vous gagnez ainsi votre paradis ! Que ne pourraient-ils faire sans ces mensonges sur Dieu ?

Et voici maintenant la deuxième partie presqu’illisible de la tablette comme sciemment effacée du métal, il m’a fallu beaucoup de temps pour en retrouver toute la teneur car plus personne ne s’en souvenait. Mais maintenant, je peux vous en livrer le texte : « Dans un lieu où est scellé la Vérité s’y trouve la source de VIE. Retrouve ta Réalité. N’attends rien d’autre ».

A ce texte je lui ai donné le nom de « bénédiction des trois » : la Réalité, la Vérité et la Vie. Aujourd’hui, cet aspect-là est oublié voir inconnu des hommes. Le Fléau est sous le joug de la finitude en ce visible et  la bénédiction sous celui de l’infinitude en cet invisible. A chacun son bord, l’un déforme et détruit, l’autre transforme et construit.

Toutefois plus je réfléchissais sur les inscriptions recto et verso de cette tablette plus m’apparaissaient énormément d’incohérence entre ces deux textes. Qu’est-ce que cela pouvait bien vouloir dire ? Alors je me suis mis à la scruter d’un peu plus près, encore et encore, pour finalement constater que la face la mieux préservée n’était la résultant d’un judicieux placage qui masquait une autre citation plus originelle et bien plus ancienne, et j’étais enfin parvenu à la remettre à jour. Sur cette face, aussi s’y trouvait gravé cet adage : « Souviens-toi, Ambassadeur de la Vie, tu l’es de toute éternité.  Marche ! Ta Voie vers l’UN est trine avec l’invisible pour garde-fou.» Restaurer la pièce dans son état original, c’est retrouver un monde où les pièges du mensonge, de  l’illusion et la mort seront démasqués et déjoués en toute circonstance.

Ainsi, l’ensemble du texte prenait une extrême cohérence, c’était un enseignement de la VIE pour chacun des humains que nous sommes :

« Souviens-toi, Ambassadeur de la Vie, tu l’es de toute éternité.  Marche ! Ta Voie vers l’UN est trine avec l’invisible pour garde-fou. Dans un lieu scellé par la Vérité s’y trouve la source de VIE. Retrouve ta Réalité. N’attends rien d’autre ».

Alors pour répondre à ta question sur quel était l’enjeu de tout cela, et bien le voici :

« Quand la Vie t’honore de sa Présence, que par ta ténacité et persévérance tu y sois parvenu. Alors tu adviens à toi-même en un nouvel homme, debout, capable de diffuser tout simplement la lumière de la Vie là où elle ne peut surnaturellement arriver. Discrètement, tu transmettras la Vie autour de toi et alors se transformera ce monde qui t’entoure. Et tout progressivement tu continueras ton chemin jusqu’à sa destination sans jamais t’arrêter ni te reposer sur d’illusoires lauriers. 

C’est la seule réponse que je puis te donner. Sache toutefois qu’ici le jugement, la condamnation et l’impatience n’y auront jamais de place dans ta pérégrination. Tu supporteras tout, endureras tout mais chaque fois non sans rien faire. Tu as peut-être l’impression d’une inutilité de tout cela mais sache que le temps vient où  des hommes sages se lèveront de par le monde, et qu’ils possèdent déjà les capacités de transmuter les ténèbres en lumière. Déjà le jour commence à poindre et le fléau des trois perd beaucoup de sa force.»

Extrait de Pèlerin d’émeraude, Anonyme