Qu’est-ce qu’aimer pour toi ?

Extrait du Pélerin d’Emeraude, Anonyme

Sept jours plus tard, Liberté confia à Innommé qu’il était prêt, et qu’aujourd’hui il tenait à procéder à cette célébration.

Et pour la toute première fois, Innommé paraissait tout autre si différent des autres moments qu’il avait partagés avec son ami. Aussi avant d’aller plus loin, il interrogea Liberté.

 « Avant de me donner le nom et la devise que tu as choisis, j’aimerai t’entendre au sujet de l’amour. Qu’est-ce qu’aimer pour toi ? ».

Sans attendre Liberté répondit en ces termes :

« Innommé, j’ai longtemps entendu dire de par ma religion chrétienne qu’il fallait aimer son ennemi comme soi-même. Le summum de l’amour étant d’aimer son prochain, ami comme ennemi, comme soi-même. Cerise sur le gâteau, il nous était même dit que celui qui parvenait à cet état de fait recevrait alors une récompense au ciel. Maintenant, à la lumière de ton enseignement, je comprends de quel ennemi il est question en cette  parole.

Le principal ennemi qu’il faut aimer par-dessus tout, c’est d’abord nous-même, cet étranger que nous sommes, que nous ne connaissons pas à cause de cet interdit fondateur prônant comme seule vérité qu’il ne faut pas aller vers d’autre connaissance que celle imposée par l’esprit de ce monde. Ce dernier ne connait rien au sens d’une naissance avec, tout au plus croit-il en un savoir enfermant. Lui seul affirme détenir ce savoir et s’autorisant à décréter qu’il est la vérité, la seule qu’il convient pour l’homme.

Alors pour moi, aujourd’hui, aimer est indissociable de sa propre connaissance en tant que corps-âme-esprit vivant dans un univers visible et invisible. Et je me sais aujourd’hui, hérétique par rapport au communément admis et transgresseur face à l’interdit fondateur.

Alors Innommé pour répondre à ta question, je dirai qu’il y a donc trois façons d’aimer :

La première, celle du corps qui réagit presqu’animalement à ce qui se présente à lui. Un temps il adhère à telle chose ou telle personne pour ensuite aller vers un ailleurs avec toujours autant d’inconstance. Dans l’instant du moment, il est séduit par l’émotion vive soulevée en son corps mais tout dans sa vie reste éphémère et vide, toujours égocentré sur lui-même. La solitude qu’il endure est comparable à un enfer.

La seconde façon d’aimer, celle de l’esprit où l’autre devient quelqu’un en qui  l’individu se complait par cet effet miroir qu’il entretien en l’autre. Quelque part, tel un végétal qui rampe, il essaie d’envahir l’espace de l’autre pour s’y dupliquer plus encore, et renforcer plus encore cet effet miroir.

Un seul but : vivre en l’autre, se sentir exister en sa vie, créer des instants répliquants où sera exorcisée la peur de ne plus être. Alors la magie des fêtes, des retrouvailles régulières et des rituels deviennent de très belles forces obligeantes destructrices. Puis la mort vient emportant les uns et les autres, et grandit alors la peur de disparaître car ceux en qui il s’est répliqué ne sont plus. Alors s’est-il posé un jour la question à savoir s’il a véritablement existé ? De quoi ou de qui est-il la réplication ?

Je prends encore cet exemple du couple qui veut avoir des enfants, que signifie cette joie pour toute la famille d’avoir une descendance, le besoin de se répliquer, comme dans cet instinct de survie de l’espèce ? La motivation profonde est-elle celle d’avoir de gentils enfants miroirs qu’il faut rendre de plus en plus brillants conforme à nos désirs, et qui serait l’illusion suprême. Et si par malheur le miroir se brisait en l’enfant sans reflet ne renvoyant pas l’image tant attendue. Alors émergerait ce cortège de malédictions pour des décennies, voir toute une vie : déception, effondrement, rejet, culpabilisation… !

Aimer au niveau de l’esprit possède toujours quelque chose de dévorant, de destructeur, d’envahissant au point d’étouffer l’autre dans le plus intime de lui-même. Un seul but au niveau de l’esprit : se dupliquer, se répliquer. Rassurez-vous cela se fait toujours dans la plus grande gentillesse et amabilité.

Alors qu’en est-il des amitiés ? Sont-elles le fruit d’un attachement fidèle au passé ou cherchent-elles à conduire l’un et l’autre au détachement, à la liberté ?

La voie du couple est souvent celle du semblable, dès que le dissemblable, et que le miroir répliquant disparait alors tout s’effondre avec violence.

Sur le plan de l’esprit, que cache subtilement et inconsciemment le désir d’enfant ?

Si c’est un désir de renaître en eux alors leur véritable naissance n’aura jamais lieu ? L’esprit de ce monde entraine souvent les humains dans des vies d’avortées, non seulement d’eux-mêmes  mais acteur de l’avortement de celle des autres. Le couple qui recherche une descendance cherche-t-il véritablement à transmettre la vie mais il est alors bon de se poser la question si c’est de la VIE dont nous parlons ?…

Ce qui nous amène à la troisième façon d’aimer, celle de l’âme lorsque l’esprit de l’homme s’est détaché de celui esprit de ce monde pour accorder et aligner sur elle. Pour ces êtres harmonieux, aimer c’est être habité par la passion du désir d’en-Vie. Un seul désir, tout faire en sa mesure de sorte à aider l’autre à entrer dans la Vie véritable mais il ne s’agit aucunement d’œuvre de bienfaisance qui pourrait déculpabiliser ou tout du moins donner bonne conscience.

Son maître mot le voici: « liberté », pour cet être qui s’attache à tout prix à libérer les êtres ceux-là même qu’il sait sous le joug de la tyrannie de l’esprit, de la domination, de l’esclavage et de la violence. Une seule voie s’offre à lui, celle de la solitude et du secret où dans une nécessaire absence à l’autre, incapable d’être physiquement présent à tous, il peut sentir en lui néanmoins chacun d’eux et, par réciprocité, il se sait aussi, reposant mystérieusement en chacun des humains.

Cette inhabitation mutuelle se fait dans le plus grand respect et dans un profond silence. Toutefois celui qui est conscient de cet état de fait, par la force de « Celui qui Est » devient redevable et responsable de ce lien à jamais.

Aimer, c’est savoir être le garant du lien et à tout faire pour que celui-ci soit libre et serve à une unique Réalité : la Vie.

Est-ce que l’autre le sait ? Non, mais qu’importe, l’aurtre dans le secret de l’infini du cœur le sait même si pas encore en son corps et son esprit.

Et s’il en était conscient ? Alors, nous serions en présence du mystère de l’être où l’autre m’est plus intime qu’à moi-même dans le total respect de la liberté et la différence de chacun.

Seule cette façon d’aimer garantit le fondement de mon humanité. Il suffit d’un seul homme capable d’aimer de la sorte pour sauver le monde de sa destruction.»

Innommé, était rempli d’une joie indicible. Les paroles de Liberté étaient tellement justes et pleines de sagesse qu’il l’en remercia très chaleureusement. La mission d’innommé avait réussi une fois de plus. Vint le moment maintenant de célébrer « Celui qui Est ».

Liberté fit alors part à innomé de son choix :

«  Voici le nouveau nom que tout mon être désire : « Infini » et voici ma devise : « éveilleur de la Vie ».

Innommé déclara :

« Toute ma vie j’ai cherché de tout mon être à « honorer la vie », et telle est toujours ma devise mais aujourd’hui voici le plus beau cadeau qu’elle puisse m’offrir et qui m’honore à l’Infini, toi dans ton désir de l’éveiller. »

Ensemble dans le secret de l’Etre, ils célébrèrent le Bien-Aimé habité du désir d’En-Vie.

Infini, aujourd’hui l’Eveilleur, était à son tour devenu l’un d’eux : Pèlerin d’Emeraude. »

Qui devient Souffle n’a pas d’autre choix….

Extrait du Pèlerin d’Emeraude, Anonyme

Un soir au bord de mer, autour d’un feu dans les dunes protégé du vent, innomé prit la parole :

« Liberté, vois-tu cet océan, l’esprit de ce monde dans son immensité lui ressemble.  Il baigne et s’infiltre en toute chose, nous sommes en lui et lui est en nous et par une lame de fond, il peut t’emporter en un rien de temps. Si tu n’as pas de sérieuses fondations solidement bâties sur le roc de ton âme, il te fera perdre pied sans que tu ne t’en aperçoives.

Construire sur le roc  qu’est-ce que cela peut bien signifier si ce n’est que d’avoir trouvé cette force intérieure qui te permette de te situer en toute connaissance de cause en tout lieu où rien de ce que tu rencontreras ne pourra faire vaciller le roc.

Mais pour cela  tu dois d’abord quitter le monde des eaux et seule ton âme peut t’aider à te mettre debout afin de sortir de ces eaux d’ici-bas si souvent dangereuses et malfaisantes.

Dans certaines peuplades d’Afrique par exemple, les eaux sont le lieu où reposent et vivent des esprits malfaisants. N’oublie pas ce que je t’ai déjà dit à savoir que  l’eau, l’air et le feu appartiennent au monde des esprits. La terre quant à elle  est ce lieu où vivent les âmes et les esprits à travers les trois fluides.

L’esprit sous la figure de l’eau, dans sa forme destructrice et sournoise, nous renvoie au monde de l’horizontalité dans son manque de verticalité, dans sa non reconnaissance du transcendant et dans sa volonté de masquer ou cacher l’invisible.

Toutefois l’âme libre qui se reconnait sur le plan de l’horizontalité appartient au monde du minéral et évolue libre hors des eaux. Elle construit la vie de l’homme sur le roc, ce roc qu’il devra alors gravir pour se verticaliser.  Tant que l’homme n’identifie pas  et n’accepte son âme, il n’y aura pas de roc possible.

Tant que tu ignores ton âme, tu n’auras pas d’existence véritable et aucune possibilité d’élévation spirituelle ne s’offrira à toi. Semblable à du sable mouvant, telle est l’âme de celui qui s’ignore toujours emprise et malmenée par les eaux de l’inconscience.

Vois-tu maintenant ce feu, il est aussi cette autre face de l’esprit mais cette fois-ci dans sa dimension de purification, d’élévation, ou encore d’effacement. Il traduit, cette fois-ci,  l’esprit dans sa verticalisation.

Dieu ne s’est jamais manifesté dans les eaux, symbole de l’indifférenciation, mais toujours dans le feu  ou dans le souffle, celui capable de séparer les eaux d’en-bas de celles d’en-haut. Quand Dieu recourt à l’Esprit créateur, chaque fois par son feu  ou à travers lui, Il cherche à nous révéler quelque chose de Lui-même dans une rencontre, un face à face. Lorsque son  feu est là indubitablement il nous est annoncé qu’il est besoin d’une purification intérieure ou de se séparer d’une indifférenciation à l’oeuvre.

Si la présence du feu évoque la nécessité d’une transformation ou d’une purification, il demeure ce révélateur de la voie spirituelle qui nous mène à notre élévation. Mais, une fois de plus, pour rencontrer le feu, le préalable nécessaire est de sortir ou quitter le monde des eaux pour enfin oser l’aventurer  vers Soi sur la terre ferme, et ce à pied sec pour aller à la rencontre du feu d’où parle Celui qui Est.

Traditionnellement dès la sortie des eaux vient la rencontre de la première terre : le désert où nous sommes soumis à l’épreuve du feu au terme de laquelle, une fois passés au crible, nous pouvons accéder à cette seconde terre : la montagne, ce roc de l’âme qu’il reste à  gravir.

Si la montée de l’âme vers Dieu est d’un constant dépouillement, c’est  au terme de son escalade qu’une ultime métamorphose peut se produire  témoignant alors de sa parfaite verticalité et horizontalité.

Lorsque ton âme sur le sommet de la montagne aura rejoint le Bien Aimé, tu connaitras la force de l’air sur cette terre, tu deviendras en Lui, par Lui et avec Lui Souffle.

A ton tour tu seras capable aidé du feu de son Esprit de souffler sur les eaux y compris même d’y descendre  ou même d’y marcher. Pour ce qui est de la tempête, tu ne la craindras pas car tu en seras aussi le pacificateur. Comprends-tu  cela ? L’homme qui a accompli le chemin est devenu tel une croix placé au carrefour de l’horizontalité et de la verticalité.

Liberté surpris de cet enseignement, lui demanda de plus amples explications :

« Je perçois ce que tu viens de me dire au sujet du monde des eaux, mais tout de même, l’eau, c’est la vie ? »

« Les hommes, je te l’accorde ont coutume de dire que l’eau : c’est la vie. Mais permets-moi de t’apporter cette nuance. L’eau  n’est que  le support de la vie, il serait erroné de la réduire à la vie. C’est elle qui achemine les informations de la vie en toute chose, mais les informations qu’elle véhicule ne sont fort malheureusement pas toutes porteuses de vie. L’eau est-elle pure en tout point de notre planète ? Loin de là en elle repose la plupart du temps nombre de poisons polluants et toxiques issus de l’activité humaine. Il serait erroné d’envisager le monde de l’eau seulement sous la symbolique de la vie car elle est souvent le lieu de danger, de la destruction et du maléfique.

Dans les eaux de l’esprit, les « requins », les  « pieuvres », les « anguilles »  habitent aussi ce monde. Ils y règnent en maître et sont  dangereux comme  la mort. Certes je te l’accorde sans eau nous ne pouvons pas vivre, mais en cette dimension symbolique là l’eau est loin d’être la détentrice de la Vie. Liberté n’oublie jamais que  le maître de l’esprit des eaux n’en n’est autre que le malin.

Liberté avait encore une question qui lui dévorait les lèvres, et il ne put s’empêcher de la lui poser :

« Je comprends bien ce que tu as dit de l’esprit verticalisé dans sa dimension du feu, mais pourquoi parle-t-on alors du feu des enfers ? »

Innommé devant la vivacité de l’esprit de Liberté alla encore plus loin dans son exposé :

« Après cette vie-ci, qui n’est bien souvent que la résultante de l’œuvre du malin par l’entremise de notre inconscient, vient le temps  au jour de notre mort de quitter ce monde des eaux dans lequel la plupart d’entre nous baignent toujours depuis le jour de leur naissance.

Cette fois-ci si de ton vivant tu n’as pas su faire équipe avec  ton âme et ton esprit propre. Si tu n’as su t’affranchir du monde des eaux, alors tu n’auras pas connu de ton vivant même celui  du minéral, encore moins celui de l’air. Au jour de ta mort lorsque tu quitteras ce monde des eaux que te restera-t-il en vérité  si ce n’est que le monde du feu. Ce feu de la purification, du jugement, de la culpabilité, de la vision brûlante de ce qu’a été ta vie dans son œuvre de destruction. Oui, le feu garde toujours la verticalité et si de ton vivant tu n’as pas transcendé l’eau, le minéral  puis l’air, alors au-delà,  il te te faudra passer par l’épreuve du  feu de la purification.

Quant au malin, sache qu’il n’est pas le gardien du feu mais celui des enfers. Il se dit gardien des âmes qui se sont laissées trompées par lui  par ignorance spirituelle. Liberté, j’entends déjà ta question celle de l’injustice par rapport à la tromperie des âmes : « Que peut-on faire ? C’est injuste ! »

Tu sais, lorsque qu’en ton coeur tu auras conscience de ces âmes égarées et de leurs tourments, tu recevras la capacité de les ramener vers la lumière. Naturellement cela s’imposera à toi comme une évidence à laquelle tu ne peux vouloir t’en soustraire cela s’appelle l’œuvre de la miséricorde. Descendant alors dans les enfers, tu ne craindras pas le feu car avec toi tu auras cette force du Souffle capable de ramener avec toi les âmes perdues, et leur donner les soins qu’il convient.»

Soudainement le sens du vent vint à changer, alors qu’ils étaient à l’abri dans la dune, celui-ci semblait venir et les envelopper  de toute part.

Et Innommé de rire : « Vois-tu le mystère du vent, il souffle là où il n’est pas forcément attendu, il peut d’un souffle éteindre le feu ou l’attiser mais aussi générer la tempête. Et pourtant arrives-tu à l’apercevoir ? Peux-tu le cerner dans une forme ? Vois-tu il en est de même pour le mystère du Souffle créateur et défenseur de la VIE, cette présence divine sans cesse informe qui t’appelle à perdurer la Création !

Qui devient Souffle n’a pas d’autre choix que d’assécher les eaux mortelles de l’inconscience et pas d’autre possible non plus que de descendre aux enfers.

Qui s’abaisse sera élevé, qui s’élève sera abaissé ne peux le comprendre que celui qui a fait le chemin vers Lui : le pèlerin. »

Si ton abaissement est juste, tu seras dans le secret de Dieu

Extrait du Pèlerin d’Emeraude, Anonyme

« Un jour, un homme cherchait à découvrir ce qu’était cette structure qu’il voyait étalée au sol, il avait cette intime conviction qu’elle faisait partie d’elle. Alors, il s’interrogea sur ce vestige et se mit à en parler à ses amis, beaucoup n’y voyait rien et d’autres lui disaient que cela se passait uniquement dans sa tête. Puis un jour, il reçut la visite d’un homme qui paraissait flotter dans les airs comme porté par un immense ballon, en le voyant, il sut que cet homme pouvait lui donner enfin la réponse tant attendue. De fait, celui-ci prit beaucoup de temps à lui transmettre comment savoir utiliser cette structure qui reposait sur le sol et qui n’était autre qu’une montgolfière, celle de l’âme.

L’enseignement consista à lui faire prendre conscience combien tous ces liens qui l’enserraient jusqu’à la gorge n’avaient qu’une seule fonction le clouer au sol à tout prix. De fait, toutes ces cordes l’empêchaient d’une part de se mouvoir, mais surtout pareil à l’œuvre d’un serpent constricteur, elles lui coupaient sa respiration, au point d’empêcher le ballon de se gonfler. Ainsi l’homme lui montra comment se délier, et comment reprendre souffle. Il lui apprit aussi comment le faire à distance sans forcément en parler à ceux et celles qu’ils libèreraient.

Puis vint ce moment où il commença à flotter légèrement au-dessus du sol, mais il ne pouvait pas aller très haut. Alors son guide, lui fit découvrir un aspect de lui-même, qu’il n’avait pas encore vu à travers tous ces sacs qu’il traînait péniblement avec lui depuis des siècles. Dès qu’il en fut déchargé, le ballon se mit à s’élever bien haut et avec stupéfaction il vit, combien sa vie et celle de tous les humains étaient jusqu’à ce jour le résultat d’une pure projection faite dans cet immense salle de cinéma qu’est ce monde. De là où il était, il pouvait voir tous les fils de cette immense toile dans laquelle tous se trouvaient piégés totalement inconscients.

Voici désormais quel était son but pour le restant de sa vie : délier le monde et lui rendre son souffle. Nul autre choix ne lui vint à l’esprit.

Liberté lui dit alors : « Il faut de l’air chaud pour faire monter la montgolfière, alors où est le feu ? Serait-ce Dieu ?».

Innommé, lui fit cette révélation :

« Le Feu, s’il ne peut habiter ton âme, pas d’élévation, et pas d’abaissement possible. Autrefois tu étais dans le monde des eaux, et tu en es sorti. Si le Feu assèche, et s’il est capable de faire apparaître la terre ferme, celle de la vérité et de la liberté, cela se fera par ton élévation, et ton abaissement toujours inversement proportionnel. Voici quelle est la réalité du Feu, il n’est autre que l’inhabitation de l’Esprit de Dieu en toi au point de ne faire plus qu’un avec toi. Et voici comment tu pourras le vérifier. Le seul garant de ton élévation sera ta capacité extrême à t’abaisser, et l’abaissement sera révélé dans cette volonté mise en acte de nettoyer le monde en effaçant inlassablement tous ces liens qui le retienne captif. Et là pas de temps pour s’en enorgueillir, pas de temps pour se reposer sur de quelconque lauriers illusoires.

Vois-tu, Elévation et abaissement, ne seront jamais l’un sans l’autre. Si ton abaissement est juste, tu seras dans le secret de Dieu, ignoré parfois même méprisé des hommes et pourtant inlassablement au service de leur libération. Voilà ce qu’est le Feu, le mystère de l’Esprit de Dieu, caché aux sages et aux savants, pourtant révélé aux humbles et aux petits mais nous aurons prochainement l’occasion de reparler de tout cela. »

Toi, l’étincelle, Lui le Feu mais sans toi pas d’embrasement possible.

Extrait du Pèlerin d’émeraude, Anonyme

Au cours d’une randonnée dans la campagne, les deux s’arrêtèrent pour contempler le paysage qui s’offrait à eux  mais très vite Innommé brisa le silence en  l’interrogeant :

« Liberté,  que peux -tu me dire de ta contemplation de ce paysage ?  Qu’en as-tu ressenti ?»

Ce dernier s’était laissé emporter devant la beauté du lieu mais à vrai dire sans rien ressentir de particulier.

« Liberté,  lorsque tu observes une réalité n’oublie jamais de laisser tes yeux se poser tout naturellement sur ce qui est  de bonne vibration et ensuite sur ce qui ne l’est pas. Scrute, cherche, interroge-toi sur ce qui t’est offert de contempler. Alors vois-tu cette maison là en contrebas, peux-tu m’en donner  la couleur ? »

Liberté, ne s’étonna  point de cette nouvelle question en forme d’énigme. Aussi  préféra-t-il  rester sur sa réserve et ne pas lui donner la réponse de suite. Certes il la voyait blanche aux volets rouges, mais il savait qu’Innommé parlait ici d’une autre couleur.

Innommé voyant  son  hésitation lui rétorqua :

« Prends bien ton temps, tu fais bien de garder ta réserve, aussi je te donne rendez-vous ici même dans deux jours et  à cette même heure.»

Le temps imparti s’était écoulé et les deux amis se retrouvèrent comme convenu. Liberté tout heureux d’avoir résolu son énigme lui dit :

« Innommé, j’ai mis un peu de temps à comprendre le sens de ta question. Maintenant, je confirme qu’il y a deux jours, la maison blanche aux volets rouge était orange mais qu’à cette heure-ci,  elle est de couleur rouge. Quant à l’émeraude de cette maison, celle-ci me parait particulièrement  inquiétante, et serait en faveur d’une magie noire toujours agissante. Aussi  ai-je remonté, le temps d’environ  trente jours, comme tu me l’as appris et à cette période, cette maison était dans le jaune orangé. Il y a donc eu durant dans l’intervalle un évènement qui a contrarié la vie de cette maison au point d’en modifier sa couleur et son orient. Maintenant lorsque j’arrête mon regard sur cette maison, je ressens un profond malaise alors qu’auparavant dans son décor je la trouvais si merveilleuse.»

Innommé semblait satisfait de cette toute première analyse et lui en fit part  :

« Oui,  ta réponse quant à la couleur et à son émeraude fluctuantes, tout est juste.  Je ne t’en demandais pas plus et tu es allé bien au-delà de mes attentes. Pour ce qui est de ta conclusion, là nous en reparlerons, c’est un peu plus compliqué que cela. Alors, sois-vigilant et  souviens-toi de ceci : tout existant sur cette terre repose sur du visible et de l’invisible même pour le plus petit grain de sable de cette planète. Mais, le plus important, c’est l’invisible, lui seul source notre visible.»

A partir de cet instant, Liberté réalisa combien il était important de toujours regarder la vie sur ses deux plans et d’avoir constamment son regard aiguisé sur ces deux réalités.

Soudain, l’envie lui vint de prendre un moment pour regarder le fil de sa vie passée afin d’en tirer toutes les leçons qui s’imposaient.  Effectivement, sur bien des évènements de son histoire, surtout pour les plus sombres,  il constatait qu’ils avaient été tous pour  la plupart, sous l’influence néfaste provenant effectivement  de l’invisible, mais à cette époque il n’en savait rien.  Tout à coup tout devenait clair, il comprenait l’échec de la voie de la psychanalyse qu’il avait jadis emprunté. Ce constat, il pouvait maintenant l’établir, tout simplement, sur l’étude  de sa  couleur vibratoire avant la période d’analyse, pendant et après avoir pris distance d’elle. Le verdict resta sans appel : son plan vibratoire avait sévèrement chuté pendant tout ce temps, signe attestant que cette démarche s’avérait être dans une dynamique anti-vie. Quant à son analyste, la bassesse de son plan vibratoire suffisait à en attester les faits.

Lors du repas du soir, Liberté lui fit part de ce qu’il avait découvert sur sa vie puis il tenta de parler de son inquiétude au sujet de la maison.

Mais avant même qu’il ne dise quoi que ce soit, Innommé le rassura par ces mots :

« Je vois de la crainte sur ton visage et je te sens soucieux pour cette maison dont la santé n’est pas brillante. Alors voudrais-tu travailler au mieux-être de cette demeure ? »

Liberté lui confia :

« Oui, tout à fait, j’aimerai tant en alléger son poids au niveau ses vibrations, et à vrai dire son destin me tracasse, car elle détonne sévèrement dans l’harmonie du lieu.  Personnellement, j’ai cette impression que les occupants de cette maison croulent sous les soucis et que la magie noire n’y est pas étrangère. »

Innommé non satisfait de son analyse lui apporta cet autre éclairage :

« C’est bien essayé, mais ta vision est trop courte. Observe bien et prends plus en considération  la dimension du temps, s’il le faut demande à ton âme de t’aider, elle mieux que quiconque connait le passé de cette maison. N’hésite pas à remonter le temps sur une plus longue période comme celle de dix ans.

Pour ce qui est de ton analyse générale, centre ton étude sur l’environnement de la maison, questionne-toi sur toutes ces récentes modifications qui y ont été apportées. Alors tu pourras affiner ta réponse. Maintenant la nuit portant conseil, je te laisse avec cet exercice : essaie de me présenter un compte rendu exhaustif quant au fonctionnement énergétique global de cette maison.  Apporte-moi tes solutions dès que tu le pourras. j’espère de tout mon cœur  te voir bien cerner toute la complexité de cette affaire.»

Tout en souriant, Innommé lui souhaita une bonne soirée.  Quant à Liberté,  il réalisa à quel point son nouvel exercice devenait complexe. Pendant toute la nuit son esprit resta en ébullition. Plus le jour s’approchait, plus tout paraissait se compliquer au point qu’il fut tenté de renoncer à résoudre l’énigme proposée par son ami.

Au matin, Innommé se retrouva seul pour le petit déjeuner. De fait très tôt, il avait quitté la demeure pour retourner sur son sujet d’étude. Alors dans un tout premier temps,  il commença par regarder les abords de la maison, par rapport à tout ce qui s’y trouve, et ce qui aurait pu être modifié ou non ; puis, dans un second temps il se mit à analyser la maison dans son rapport à l’environnement et au temps, c’étaient les deux grands absents de sa toute dernière observation.

Hier ne comptait que la maison blanche aux volets rouges mais tant de choses se passait tout autour d’elle qu’il n’avait pas  encore repéré. Tout d’abord, une très belle forêt jouxtait le terrain de la bâtisse sur lequel se distinguait un très bel arbre multi centenaire. Au vu des nombreuses souches environnantes,  il avait semble-t-il échappé à l’abattage méthodique de ses congénères. Par ailleurs, récemment dans le parc avait été construit un petit chalet.

Maintenant, il lui fallait analyser plus précisément toutes les interactions entre tous ces mondes : la forêt, l’arbre, le terrain, la maison principale et sa nouvelle annexe ainsi que les habitants des lieux.  Mais Liberté au vu de la tâche qui lui incombait se dit en lui-même qu’il n’en n’était pas capable. Une fois, de plus naquit en lui l’envie de tout arrêter et d’avouer à Innommé son impuissance. Aussi,  très résolu, il prit la décision de renoncer à sa tentative d’analyse.

Maintenant le dîner prenait fin, et Innommé à plusieurs reprises durant le repas lui avait tendu une perche, le questionnant au sujet de son étude de cas. Mais quoi qu’il en soit Liberté fut incapable de lui avouer son échec,  son incompétence et son désir de renoncer à l’étude.

Au moment où ils se quittèrent, Innommé lui confia : « Je connais la difficulté de ton travail, mais tu es là pour justement pour apprendre à le faire,  alors, aie confiance car tu n’es pas très loin d’y aboutir ! Ah, je vais encore te dire une chose ! Prends bien  le temps en considération, dans toute  sa dynamique passé, présent et futur. Rappelle-toi ce que je t’ai déjà enseigné à son sujet.  Le temps est un révélateur !»

Toute la nuit, heureux du message de réconfort de son ami, Liberté n’eut de cesse de réfléchir, d’étudier les plans vibratoires concernant  cette demeure. Au petit matin, ses conclusions le laissaient très perplexe,  tout devenait soudainement flou et  son discernement une fois de plus mis à rude épreuve. Tant de nouveaux paramètres s’ajoutaient que l’élaboration d’un quelconque diagnostic et d’une mise en place de corrections appropriées s’avérait au-dessus de ses forces. Mais, sans baisser  les bras et il persévéra dans son entreprise.

Au bout de deux jours, il fit les constats suivant à savoir que:

La maison dégage un esprit d’hostilité contre ses habitants, et ce depuis deux ans. Mais avant cette période tout semblait irénique et harmonieux. La maison était pleinement dans la lumière ce qui n’est aujourd’hui  plus le cas.

Actuellement, la marque d’une magie noire agissante repose sur elle depuis un mois environ, renforçant plus encore l’aversion de l’esprit de la demeure pour ses habitants. Par ailleurs, la nouvelle construction sur le terrain possède,  par sa position géographique, la propriété d’aspirer les énergies de la demeure aux volets rouges la fragilisant très nettement.

Au niveau de la forêt, les esprits de la nature lui manifestent du  mécontentement et sont belliqueux, quant à  son âme celle-ci dégage une tristesse profonde depuis deux ans. Pour ce qui est de l’arbre multi-centenaire, la peur repose en lui.

Certes, s’il était content d’être parvenu à mettre le doigt sur tous ces disfonctionnements , Liberté ne savait pas comment remédier à cette situation en toute justesse. Aussi, entreprit-il de présenter les conclusions de son étude, et de lui faire part de son désarroi:

« Vois-tu Innommé, le combat de la forêt associé à celui de la maison contre les habitants du lieu est vraiment d’une grande violence mais je n’arrive pas encore à en percevoir la cause. Que peut donc bien signifier, une telle insurrection environnementale ? Que s’est-il passé depuis deux ans ? Si cela continue, ses occupants auront de plus en plus de problèmes ? Jusqu’où ira l’escalade de la violence ? Alors, que puis-je faire dans une telle situation pour respecter à la fois les uns et les autres, sans décevoir l’un ou l’autre ? Pour qui dois-je prendre parti ? Innommé, je t’avoue mon impossibilité à discerner l’action juste à apporter dans ce cas précis.

Alors, il lui dit :

Ton analyse est exhaustive, tu as bien cerné la situation. Alors que faire ? Sur quels critères discerner ce qui est juste à faire ou non ?

Il y a deux ans, ceux qui habitaient cette demeure étaient de mes amis, je leur étais très proche, et leur amour pour la Vie ne cessait de mettre de la joie autour d’eux, dans  la maison tout comme la forêt. Si tu avais pris soin de regarder la couleur vibratoire de cette maison, tu aurais remarqué qu’il y a deux ans, cette maison ainsi que ses occupants étaient sur une dimension vibratoire très  élevée et très spirituelle, et si tu remontes le temps tu verras que cette couleur était déjà là depuis plus de dix ans. Celle-ci était violette et parfois même, rose très pâle attestant de leur véritable élévation. Cet indice t’aurait permis de comprendre qu’effectivement depuis deux nous sommes en présence d’occupants de nature très différente que leurs prédécesseurs.

Un jour un accident de voiture les a emportés. Ils étaient sans enfants, et sitôt leur décès leur maison fut vendue par des héritiers lointains. Quant aux nouveaux occupants , depuis leur arrivée ils n’ont eu de cesse  d’en  détruire toute cette harmonie du lieu. Aussi  la maison, le terrain et la forêt se sont alliés pour chasser ces indésirables.

Depuis quelques temps, beaucoup de manifestations étranges et désagréables  se manifestent autour d’eux signe d’une grande hostilité issue de l’environnement. Un bruit court  dans le village qu’ils ont fait venir un exorciste pour nettoyer la maison. Et c’est exact, tu as bien vu la marque de la magie qui planait sur ses habitants. Quant à son origine, elle provient  de celui qu’ils ont fait venir. Pensant qu’un sort leur avait été jeté, ils ont fait appel à un bien triste. Cette influence néfaste que tu as de fait ressentie sur cette maison est en lien direct avec le  rituel d’exorcisme  inapproprié pratiqué par cet homme lui-même habité par le mal.

Alors voici, une clé pour connaître l’action la plus juste tenir en cette situation précise. La clé, c’est la Vie. Qui est vivant ? Qui est dans l’être ? Regarde les âmes de chacun, que te révèlent-elles ? Où se situe véritablement le danger ?  Qui est le destructeur ? Où es l’inconscient ? Qui donne la vie, ou bien qui cherche à la prendre ? Je te laisse maintenant avec ces indices, à toi maintenant de trouver la solution.

Après encore une nuit de réflexion, Liberté lui présenta ses  toutes dernières conclusions :

« Innommé, les protagonistes dans toute cette affaire, ce sont les résidents de la maison.  Destructeurs, ils n’ont aucune conscience de la Vie. Et le drame, c’est qu’ils sont un réel danger pour l’équilibre de tous les vivants autour d’eux.

Maintenant, la première idée qui m’est venue c’est celle-ci : nettoyer leur intérieur, et de rééquilibrer les lieux, mais dans ce cas  n’y a-t-il pas un risque de les voir redoubler  leurs efforts à plus détruire encore. Puis, une autre solution m’est venue à l’esprit : renforcer tout l’environnement comme le terrain, la forêt, et la maison afin qu’ils puissent tenir fermement dans le combat contre ces humains. Peut-être se décourageront-il de rester en ces lieux et qu’ils le quitteront le plus rapidement possible ? Maintenant, Innommé, je sais ce que tu penses de cette idée. Comme tu me l’as déjà enseigné : tout ce qui est dans une dynamique de résistance reste toujours destructeur. Si  j’augmente l’énergie environnementale, plus encore  grandira la noirceur des hôtes de la maison et la guerre montera  encore d’un cran.

Alors, j’ai médité sur le dernier indice que tu m’as donné : donner ou prendre. Les humains sont des êtres particuliers sur cette planète, en  eux l’esprit peut accomplir de grande chose tout comme d’autre plus bien plus minables surtout  lorsque le mal, l’esprit de ce monde les dirige et les manipulent.

Pour moi, la forêt, la maison, le terrain et les habitants sont tous dignes de la vie, si certains en sont conscients d’autres ne le sont pas, et j’entends ici les humains sous l’action du diabolisant en leur esprit. Aussi en les soustrayant à son action, j’ose croire qu’ils seront moins vindicatifs, plus conscients d’eux-mêmes et plus respectueux de la Vie.

En les  investissant l’esprit de ce monde est parvenu à déformer leur vision de l’existence et à se servir d’eux. Son unique but : détruire ce vivant qu’il détestait tant depuis plus de dix longues années. Jadis ce lieu était un hommage merveilleux rendu à la Vie, aujourd’hui le malin semble comme se déchaîner pour le détruire. Alors, s’il faut un responsable, c’est lui.

Pour conclure, je dirai qu’il faut au plus vite, effacer l’esprit maléfique à l’œuvre chez ces occupants et faire de même pour toutes ces mémoires nocives apparues en ces lieux  depuis ces dernières années. Quant au chalet qui vampirise la maison, le mieux serait de  procéder à l’annulation du lien destructeur qui les unit.»

Pour Innommé, l’exercice avait amplement porté ses fruits, et il lui avoua : « Tes conclusions sont justes, ce que tu veux faire est cohérent au regard de la Vie. Mais prends garde à ceci, n’oublie jamais dans ton travail qu’en retirant les mémoires nocives déjà existantes sur le passé et le présent,  il te faut aussi l’accomplir de même dans le futur, sinon le mal y sera toujours potentiellement présent. Si l’homme pouvait un jour réaliser combien il a cette mauvaise habitude de programmer son futur en mal.

Maintenant  sache qu’au-delà de ce que tu penses pouvoir accomplir, il en est Un qui agira bien plus que tu ne l’imagines. Avant le Feu vient l’étincelle, ce que tu es, mais le Feu te dépassera toujours, sans ne jamais t’appartenir. Toi, l’étincelle, Lui le Feu mais sans toi pas d’embrasement possible, ainsi en est-il ici-bas du mystère de l’incarnation !»

Que sa Symphonie soit !

Extrait du  » Pèlerin d’Emeraude », anonyme

« Liberté, perçois-tu cet ensemble de vibrations qui émane de l’invisible sous forme d’une musique-colorée à ravir l’âme ? Elle s’interprète à partir de tout être quel qu’il soit minéral, animal ou végétal. De chaque parcelle de notre terre, de chacun de nos animaux ou de nos végétaux, s’en dégage une merveilleuse œuvre symphonique, réel sujet de contemplation pour l’âme.

Parmi les règnes seuls les humains y font exception, toutefois certains d’entre eux, une toute petite minorité sont  encore capables de s’y accorder et de prendre part à la symphonie. Tous les autres, tels des trouble-fête s’évertuent à faire outrage au spectacle.

D’un côté se trouve la lumière symphonique du grand tout et de l’autre les ténèbres assourdissantes des hommes qui ont perdu leurs capacités à regarder, à écouter et à jouer. Aussi ce qu’ils diffusent en ce monde est un bruit savamment faux, tellement beau à leurs oreilles, et ce qu’ils jouent et répètent inlassablement provient du maître du mensonge : le bruyant, le diable.

Liberté, toi qui as recouvré tes yeux et tes oreilles, l’heure est venue de les utiliser. Désormais il ‘appartient de t’aligner, de t’accorder sur les fréquences vibratoires de notre création et d’en réinterpréter l’oeuvre. Car celle-ci ne pourra jamais être réplication, elle sera toujours éternelle nouveauté à la différence de la cacophonie des hommes qui  derrière leur fausse nouveauté ne font que répliquer la dysharmonie. Leur cacophonie n’a qu’un unique but de nous rendre tous semblables.

Dans le ciel de ces hommes-là, t’es-tu déjà demandé ce qu’il y avait de neuf, de vivifiant pour cette terre ? Rien, rien du tout. Tout converge seulement à nous rendre tous semblable dans une unique pensée, une unique place à tenir, un unique nom à avoir. Faire perdre notre singularité, notre particularité pour nous faire entrer dans la domestication et  l’uniformité tel est le plan du diable : un seul son, une seule couleur, un seul bruit. Le ciel de Dieu quant à lui, il est éternellement nouveaux sons, nouvelles couleurs.

As-tu réalisé un jour que depuis les origines de notre terre, il ne s’y est jamais trouvé deux mêmes flocons de neige. Depuis le commencement, aucun d’eux n’a été répliqué, voilà la vie dans sa simplicité et son éternelle nouveauté. Incroyable non ! Rien que cette simple pensée me remplit d’une force inouïe. La plus simple des choses, le malin ne peut la dupliquer. Plus tu deviendras un être simple, plus le mal se trouvera en échec face à toi car tu seras éternellement nouveau. Si le diable déteste la nouveauté de Dieu c’est à nous tous d’en devenir son témoin ! Soit simple, recherche en toute chose la simplicité, là y réside Sa force, et je t’assure que tu feras toutes choses nouvelles.

Pour ce qui est de la musique de notre création, sais-tu qu’elle est aussi guérisseuse ? Lorsque tu en auras besoin, tu sauras la trouver, l’entendre et la voir pour, s’il le faut, te réaccorder ou te réaligner dans tes vibrations. Résultat d’une convergence vibratoire particulière, non reproductible, elle  se donne, sans cesse dans l’instant présent, et pour cela, il te faudra toujours la chercher dans l’inconnu, et c’est là qu’elle pourra te guérir. La trouve celui qui est sorti de la domestication de la pensée et qui sait regarder le réel dans son éternelle nouveauté, ce que l’adversaire une fois de plus ne peut faire par nature.

Maintenant Liberté, en cet instant même, entends-tu ces plaintes, gémissements et lamentations qui émanent de notre terre-mère ?  Aujourd’hui, notre mère guérisseuse gronde et s’insurge contre les humains. Mais voilà plus personne n’entend !

L’espèce humaine s’est égarée  dans une musique de rien, une cacophonie issue du mal absolu répliquant. Modifiant, petit à petit,  sa réalité sans tenir compte du grand tout, il en perturbe, encore et encore, l’extraordinaire  symphonie et c’est ainsi que se ternissent et s’affadissent  les sons-couleurs.

Alors qui en fait le constat déplorable ?

Tout le monde et j’entends ici, tous les vivants des règnes à l’exception de celui des humains ! Depuis quelques siècles, ils s’évertuent à construire une réalité déconnectée, artificielle et dangereuse dans un total irrespect de la planète. De toutes leurs constructions n’émanent que dysharmonie et destruction.

Est-ce cela le nouvel ordre mondial attendu ?

Liberté, aujourd’hui, je préfère parler de désordre mondial, comme en témoigne les ces organismes génétiquement modifiés, la mort de nos écosystèmes et bien d’autres de leurs  manigances…

Alors quel est l’objectif de ce désordre mondial programmé ?

Tout diaboliquement, il s’agit de ramener tous les vivants vers de basses vibrations où peuvent y régner, sans aucune opposition possible, dictatures, dominations et violences… C’est de la sorte que la lumière de notre terre voit se perdre son éclat et ses couleurs disparaître. Petit à petit la symphonie perd de sa force et de sa beauté.

Alors stop ! Disons stop à ce sacrilège incessant.

En effet,  si l’homme continue à transformer sa réalité, s’il persiste dans sa fausse croyance à se dire supérieur aux autres créatures alors dans sa toute-puissance il finira par nous imposer sa musique infernale et nous détruire.

Si tout est conscience sur cette terre comme dans tous l’univers seul l’homme ne le sait plus. Serait-ce qu’il  a perdu conscience de lui-même ?

Ce qui fonde l’humanité véritable, c’est  l’amour du don, une disposition toute naturelle en chacun de nous, mais les humains l’ont troqué avec le malin pour y préférer le « toujours plus» de la possession, du vol ou du prendre. Oui sans le savoir chaque humain de cette planète en cet instant, hors mis une toute petite minorité, est devenu tel un voleur, un menteur, un violent au nom du « toujours plus futile » la plupart du temps.

Sans intelligence véritable, il s’accapare tous les biens inaliénables de notre création que notre terre-mère, jadis, nous a confié : l’eau, l’air, la terre, les forêts, les animaux… Liberté, c’est à toi  maintenant de jouer car tu es à même d’entendre les sons et de voir les couleurs. Ta conscience est apte à se mettre à l’unisson avec tous les êtres. Tu as reçu ce don de pouvoir leur parler, d’être en parfaite syntonie avec eux. Voilà ce qui atteste de ton ordre de mission !

Quant à savoir ce que tu pouvais  faire pour aider cette planète. Je te réponds par ceci : Liberté, commence par retrouver l’harmonie avec chaque être puis donne leur  la force à de s’insurger en conscience contre l’œuvre des hommes ou plutôt faudrait-il dire des sous-hommes car le temps est fini pour eux de continuer de bafouer le droit à la vie en maltraitant continuellement notre réalité sans état d’âme, sans foi, ni loi.

Liberté, accompagne chacun des règnes vers la paix, libère-les des forces obligeantes multi millénaires qui les aliènent.  Accorde-leur l’autorisation de s’engager dans la lutte contre l’absurdité humaine toujours plus destructrice voir meurtrière. Il est fini le temps de la soumission, de cette obéissance aveugle des règnes à cette humanité.

L’heure est venue de rappeler tous les sous-hommes à l’ordre, de leur montrer qu’ils font injure à leur vocation première en ce monde celle de prendre soin de la création. L’heure est venue où notre Mère en personne viendra leur rappeler leur juste place. Elle est capable de le leur enseigner mais l’autorisation ultime de le faire dépend là encore de toi, de nous les hommes.

Vois-tu lorsque l’équilibre des forces de la nature est sur le point de rompre, l’absolue nécessité de le restaurer en devient l’urgence immédiate. Pour cela, tu auras besoin de l’aide de tous les règnes, y compris l’aide de la plus petite pierre. Tous n’attendent que toi, que nous.

Alors à toi, maintenant, de les guider et de les accompagner avec l’aide de Qui nous connaissons. Puisse son Esprit nous habiter, nous éclairer et nous accompagner pleinement dans notre mission.

Liberté, chaque humain tel un chef d’orchestre est capable d’interpréter l’œuvre symphonique en ce monde, mais n’oublie jamais que la partition provient des mains même de notre Créateur.

Tu la trouveras dans ton cœur qui, normalement chez l’homme, n’est que don, un cœur qui n’a d’autre but que de rendre l’autre libre, et par autre j’entends ici toutes les créatures.

Alors courage, aie confiance. La partition qu’Il te demandera d’interpréter soignera  notre création, toi y compris. Ce processus se fera sans violence par le pouvoir de l’Esprit qui repose en tout être libre.

Courage petit chef ! Tu n’es pas le seul, et c’est à nous de réclamer la liberté pour elle.

Que Sa Symphonie soit pour le bien de notre terre-mère, notre Mère à tous. »

L’énigme du Pèlerin d’Emeraude

Extrait du Pèlerin d’Emeraude, Anonyme

« L’énigme du Pèlerin d’Emeraude »

« Avec mon premier, je suis. De lui, mon second se reçoit, et il a pour hôte le troisième avec lequel, je ne suis pas. Les trois ensembles sont la voie vers l’UN, séparés, c’est le chaos !

Si tu cernes les trois, alors de la pierre dégage l’épée par laquelle tu trouveras le chemin ! Et, devant l’ « Arbre Maître », désarmé, le Cherubin T’accueillera pour te montrer la  coupe provenant de l’antique émeraude.

Ainsi, par Toi, dans l’Anamnèse du Mystère Tu pourras, véritablement, célébrer : CELUI QUI EST. Qu’advienne ce jour où, triplement couronné partageant l’ivresse de Noé, je verrais en Tes mains les clés avant de reprendre mon chemin ! 

Voici un tout dernier conseil : Garde l’Emeraude toujours vivante car elle est le trône même de Dieu. Là où est l’Emeraude véritable, là s’y trouve aussi  le Cœur de l’Homme Divinisé.

Prends garde à ceux qui constamment dérobent la vie de tous les règnes pour la  manipuler et qui s’en arrogent le droit de la détruire impunément. Ces obscurs-là  témoignent d’une émeraude souillée, décalée, inerte et destructrice semblable à celle de l’ange déchu. Mais rendre la VIE à ces émeraudes-là, telle est aussi ta vocation.

Alors mon ami, sois à jamais la VIE, rien que la VIE ! Et Où que tu ailles, où que tu sois, Elle y sera toujours en Vérité. Telle est Sa LOI !

Devenu Pèlerin d’Emeraude à ton tour, fidèle gardien de la VIE ta force sera celle du chérubin !

Maintenant le Cœur heureux de te savoir parmi nous je reprends le chemin vers le « toujours plus au-delà » dans l’Infini du Cœur !

Cette énigme, à jamais cachée des sages et des savants, s’adresse à tous les simples d’esprit et pauvres de cœur.

Qui s’y aventurera sans ces deux dispositions essentielles jamais ne sera. »

« Appelez moi GADI, Grand Architecte De l’Invisible. »

Extrait du Pèlerin d’Emeraude, Anonyme

« Mais voici cette autre histoire au sujet des mémoires-miroirs :

« Il était une fois, un roi qui devint soudainement jaloux d’un monarque voisin à cause de son tout nouveau palais. Aux dires ceux et celles qui lui rapportèrent la nouvelle, nul ne se souvenait à mémoire d’homme avoir vu une telle merveille. Aussi le roi se mit-il en quête d’aller rendre visite à son voisin. A la vue de cette réalisation, celui-ci tomba sous le charme et la stupéfaction. Comment cela était-ce possible  ?

Dès son retour, trop impatient de rencontrer l’artiste d’une telle œuvre, il mandata l’un de ses ministres afin de rechercher l’identité de son architecte, et comme par enchantement, à peine sa requête formulée voilà qu’un de ses sujets vint lui dire qu’il était ici même en son palais.

Immédiatement, cela ne pouvait attendre, et le roi le fit amener en son bureau et le complimenta par ces mots : « Vraiment vous êtes un bien grand architecte pour faire de telles splendeurs. En vos réalisations nul ne s’y sent mal, tout semble comme embelli, plein de magnificence, débordant de vie. Comment faites-vous pour faire surgir de nulle part de telles choses comme tous ces décors, ces paysages ? Je les croyais tellement vrais et pourtant ce n’était, m’a-t-il été rapporté que le fruit de votre maîtrise parfaite des miroirs. Aussi avant d’aller plus loin, dites m’en plus au sujet de vos réalisations jusqu’où pouvez-vous aller dans votre art de l’illusion ? »

L’architecte lui répondit : « Vous avez raison de dire que je suis un grand architecte mais désormais, appelez-moi GADI : grand architecte de l’invisible, c’est un de mes surnoms favoris. Maintenant j’en viens à votre requête d’en savoir plus sur mes compétences. Voyez-vous chacune de mes réalisations est construite autour de miroirs sans qu’aucun d’eux ne soient visibles.

Dans le secret de leur disposition, vous avez pu constater qu’ils peuvent générer des images d’une extraordinaire beauté et d’une extrême réalité. Maintenant permettez-moi votre altesse de vous faire prendre conscience au risque, peut-être, de vous décevoir qu’il y a quelque chose que vous n’avez pas encore perçu. Tout dernièrement alors que vous vous entreteniez avec votre semblable en son palais sachez que vous n’avez jamais été mis en contact direct avec lui, celui que vous avez rencontré était dans une de mes créations virtuelles.

Ce qui se présentait devant vous était une image du roi générée en trois dimensions par l’entremise de mon art. Lui se tenait à distance et vous regardait et vous parlait d’une autre pièce. A aucun moment, vous ne vous en êtes rendu compte, n’est-ce pas ? Et d’ailleurs si tel avait été le cas j’en suis sûr que vous l’auriez mal pris n’est-ce pas ? Oui aussi incroyable soit-il celui avec lequel vous conversiez n’était pas réel. Votre altesse, et sachez que si je retiens votre attention je m’attacherai  à vous présenter mon plus beau projet.  Je vous assure être en mesure, plus que jamais de me surpasser. Je ne vous décevrai pas. 

« Le roi stupéfait rétorqua : « GADI ! Ce que vous venez de me dire je ne puis le croire ni même l’entendre. Comment est-ce possible ? Deviendrait-il envisageable de générer en permanence mon image et de me montrer à mes sujets toujours sous mon plus bel atour ? Cela me séduit beaucoup mais en même temps pourquoi tant d’artifices et de leurres ?» 

Le grand architecte de l’invisible surenchérit : « Pour votre protection, votre image et votre éternité, ô mon roi !  Vous apprendrez à goûter, à voir, à sentir la grandeur de mon art du miroir. Sa magie est si impressionnante que je peux pousser le prodige à ne plus vous voir vieillir sur le plan de votre image émise face aux autres. »

Le roi fit cette remarque : « J’entends bien votre proposition, mais lorsque je sortirai de mon palais, si votre magie n’opère plus que se passera-t-il donc ? Qu’advient-il de ma protection ? »

GADI se mit à rire et lui confia, un secret, au creux de l’oreille : « N’ayez crainte votre altesse car le jour où vous sortirez de votre magnifique palais, personne ne vous reconnaîtra. A l’extérieur, où que vous soyez vous y serez toujours incognito. Réellement, croyez-moi, ça marche et je vous assure vous rirez de la méprise des gens sur votre identité. Mais rassurez-vous là où vous devez apparaître en public, je ferai que vous soyez toujours reconnu devant vos sujets comme le roi »

 

Devant  cette toute dernière déclaration, le roi fit ordonner de donner tout pouvoir à GADI afin qu’il lui construise le plus somptueux palais, celui-ci lui assura qu’il serait l’un de ses plus innovants. Petit à petit, la renommée de l’architecte de l’invisible allait en grandissant, et tous cherchaient à se construire une demeure magique à la mesure de leur moyen. Chaque fois, GADI semblait se surpasser plus encore.

Toutefois dans le pays, subsistaient quelques récalcitrants à l’incroyable nouveauté, « trop beau, trop de laideur cachée !» affirmaient-ils. Plus ils observaient leur curieux manège de loin, plus ils devenaient dubitatifs face à un tel engouement de la part de leurs amis pour les réalisations de GADI. Plusieurs fois ils avaient tenté de les mettre en garde du dessein diabolique de l’architecte mais la surdité et la cécité régnaient désormais en leur vie. Aucun des adeptes de l’architecte ne se rendaient compte que la nature et les animaux autour d’eux mourraient et disparaissaient au fil de leurs constructions diaboliques.

Alors ils se quittèrent et les années passèrent.

Pour ce qui est du roi, il ne sortait plus de son palais. C’en était de même pour tous ses sujets qui eux aussi s’étaient trouvés comme emprisonné sous le charme irrésistible de leur demeure. Puis un jour, comme par enchantement ils sortirent enfin de chez eux. Là de fait, personne ne se reconnaissait plus. Tous avaient vieilli et s’étaient desséchés comme des momies mais personne n’en n’avait pris conscience. Dans l’illusion crée par leur demeure, chacun se voyait plus beau que l’autre. Quand l’envie leur venait de sortir, ils étaient toujours sûrs et certains  aux dires de GADI, qu’ils resteraient toujours incognito, et de fait cela fonctionnait toujours comme promis. Ce qu’avait chuchoté Gadi à chacun d’eux au creux de leurs oreilles leur laissait croire que ce serait-là leur secret, qu’ils en étaient les uniques détenteurs mais cette manipulation était d’une redoutable perversité.

Dehors tout le monde prenait soin de se parler, de s’éviter pour n’être pas reconnu et tous continuaient par se saluer en feignant un de leur plus beau sourire tout en cachant cette pensée hypocrite: « Pauvres gens, quelle misère et quel ridicule ! A leur place je n’oserai même pas me montrer ainsi. » Quant au monarque, dès qu’il revenait au palais après une de ses sorties incognito dans le royaume, il s’attachait avec le plus grand soin à congratuler et à remercier GADI pour l’exactitude de sa prédiction au sujet de sa non reconnaissance à l’extérieur du palais. 

« Pour ce qui est des éternels résistants, ils se retirèrent une fois pour toute de cette contrée. Ils avaient compris que la voie véritable de la vie est d’être toujours en chemin, de fuir la scintillance de toute sédentarisation, de ne jamais regarder en arrière ni ne rien projeter sur le futur. Le nom qu’ils ont donné aux villes construites par GADI : « Les enfers ». Quant aux habitants des demeures à miroir, ils connaissaient toujours le même sort celui des morts-vivants inconscients de leur état  pour la joie de GADI.

Les résistants n’entreprirent rien pour empêcher la magie des miroirs d’opérer. Ils allèrent dans un pays où ils fondèrent eux-aussi un royaume auquel ils donnèrent le nom d’Anamnésia. En levant le camp certains d’entre eux prédirent qu’un jour le monde des miroirs engendrerait guerre, maladie et violence et que ce jour-là les miroirs voleraient en éclat. Ce fut là leur seule et unique prédiction quant au futur.»

Liberté intrigué par son discours lui dit :

« Tu nous as dit précédemment si mes souvenirs sont bons que nous étions tel des amnésiques face à la vie et maintenant et que la cause de notre souffrance voire de notre mort s’origine dans l’excès de mémoires tout comme ces miroirs de Gadi. Je trouve que ces deux pensées sont contradictoires. »

Voici quelle fut sa réponse :

« Oui, tu as raison ! C’est peut-être pour toi paradoxal, mais en réalité l’excès de mémoires mortes fait oublier la Mémoire Vive l’unique et la véritable qui elle n’a pas de miroir. C’est d’elle dont l’homme est amnésique ! Souviens-toi : trop de mémoire fait fuir la Vie laquelle n’a que faire des mémoires-miroir des humains. Tant que ta Mémoire Vive ne s’est pas éveillée, la maladie des « sans-Mémoire » te guette celle de toujours te contempler dans les miroirs et de t’illusionner sur la Vie. Nous confondons la Vie et la mort, et nous leur inversons constamment les rôles.

Ce que tu regardes en ton existence n’est que mort mais le malin te fait constamment croire l’inverse. Liberté, il te revient de remettre la VIE et la mort dans leur bon sens ! Au-delà des mémoires se trouve la VIE, pour ce qui est de la mort, elle n’est rien d’autre qu’une création miroitante de plus, celle de Gadi – l’anti-vie-.

Maintenant Liberté, prends le temps de contempler ce monde dans lequel tu vis. As-tu vu ces tours de plus en plus élevé et de plus en plus miroitantes construites par les hommes, le lieu où elles s’édifient n’est pas étranger à l’histoire que je t’ai racontée. Là où l’homme cherche à prouver sa supériorité et sa richesse en élevant des tours d’une prouesse technique spectaculaire, nous nous trouvons face à des pays qui s’enorgueillissent et ne respectent plus la vie. « 

« Maintenant Liberté, prends le temps de contempler ce monde dans lequel tu vis. As-tu vu ces tours de plus en plus élevées et de plus en plus miroitantes construites par les hommes, le lieu où elles s’édifient n’est pas étranger à l’histoire que je t’ai racontée. Là où l’homme cherche à prouver sa supériorité et sa richesse en élevant des tours d’une prouesse technique spectaculaire, nous nous trouvons face à des pays qui s’enorgueillissent et qui ne respectent plus la vie.

Jésus disait : « Qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé», tel est le mouvement de l’homme spirituel capable de s’abaisser c’est-à-dire de pouvoir descendre jusqu’aux aux enfers pour aller rechercher les siens. L’abaissement ne va pas sans un autre mot quand il est conjoint à l’élévation et réciproquement, cela s’appelle l’Amour, celui capable de discerner de comprendre au-delà des apparences et qui refuse de se laisser entraîner dans un comportementalisme de convenance souvent dstructeur, fusse-t-il même religieux.

Qui refuse de s’abaisser tout en prétendant être élevé fait toujours offense à la VIE. Ses faits et gestes sont alors dictés la plupart du temps mu par la force du mal celle du destructeur Gadi lequel se plait à se cacher derrière les miroirs sans tain de son inconscient.

Aujourd’hui tous ceux qui élèvent des tours en ce monde sont des serviteurs du mal, ni plus ni moins. Ils pillent la terre, la dévaste y mettent la désolation, manipulent le vivant et s’en accaparent toutes les richesses. Et ce qui est extraordinaire, c’est qu’ils se disent croyants pour la plupart d’entre eux.

Ici comprends-tu l’Amour n’existe pas, et s’ils ont de l’affection pour leur semblable, chacun doit cependant s’incliner devant eux et de baiser leur main en signe de leur loyauté et de leur soumission. Voilà l’abaissement qu’ils pratiquent, contraindre l’autre à le révérer.

Qui se prétend élevé dans la voie spirituelle mais demeure incapable de faire quoi que ce soit dans la voie de l’invisible, cet invisible qui source notre réel se trouve dans l’illusion. Sa prétendue élévation cache souvent la domination d’autrui. Combien de religieux se mentent à eux-mêmes entraînant aussi les autres dans la voie du mensonge !

Voici encore un autre paradoxe des adeptes du mal se cacher derrière une fausse voie spirituelle, celle du « si je m’élève, c’est ce que suis béni de Dieu », certains ont même osé arborer le mot de Dieu sur leur monnaie, comme si la richesse pouvait être le signe de Dieu, mais concrètement ils n’en partagent jamais rien, ils iront même à décider de qui sera pauvre et riche. L’argent qu’ils prêtent n’est que pure virtualité, encore un autre miroir !

 Quel est donc de dieu là ? Comprends-tu Liberté ces hommes se prennent pour Dieu. Ils reconstruisent des tours de Babel perdant  le souvenir de Dieu. N’oublie jamais, Liberté, Dieu est la VIE, l’AMOUR !

Leur dieu est aux antipodes du Mien ! Il est la mort et le chaos… »

Liberté demanda à innommé :

« Mais que pouvons-nous faire face à de tels gens car ils nous dirigent, nous manipulent et nous asservissent par des mensonges usant parfois à tort du nom de Dieu ?»

Innomé lui montra son cœur et soudainement son ami ressenti comme un tressaillement en le sien qui l’inonda d’un onde de paix et de joie, et il ajouta :

« Son pouvoir est grand, les enfers n’ont pas de prise sur lui. A lui seul Il est capable d’en ouvrir les portes parce qu’en lui repose Dieu. Pour cela Il n’y a rien à faire, laisse tout simplement exister la magie de ton cœur opérer en ta vie alors ton attitude sera juste, sans violence et d’une redoutable efficacité pour la transformation de ce monde. Petit bémol ne te prends jamais pour Dieu, n’oublie jamais qu’en ses mains tu n’es que son instrument, rien d’autre… Mais un merveilleux instrument au service de la VIE et qu’il se partage !….»

La VIE honore toujours les « sans passé ni futur »

Extrait du pèlerin d’Emeraude, Anonyme

« Celui-ci enseigna l’enfant longuement, l’invitant sans cesse à réfléchir sur soi. Fables et contes étaient leur support favori pour débattre et échanger.

Voici l’un d’eux qu’il lui narra à propos de « La Vénérée Dame de la VIE »,

« – Puisse ce conte éclairer ta réflexion mon ami ! » lui dit-il.

« Un jour, un homme avait appris  qu’en une très lointaine contrée résidait «La Vénérée Dame de la VIE ». Aussi entreprit-il de se mettre en quête pour aller la retrouver pensant ses indices glanés  suffisants pour trouver son chemin.

Le premier soir de son voyage, l’auberge « Aux sept oies » l’attira irrésistiblement vers elle. Tout y semblait paisible, heureux, harmonieux et elle ne ressemblait en rien au regard de toutes celles devant lesquelles il venait de passer. Lors du repas, une petite fille vint à lui et lui fit cette demande : « Veux-tu jouer avec moi, quand tu auras fini de manger ? ». Mais il déclina son invitation par ces mots : « Non, je suis désolé ! Demain je reprends la route très tôt et je dois aller me coucher au plus vite car demain le voyage sera long. Vois-tu, c’est la meilleure chose que je puisse faire, une autre fois peut être ! ». L’enfant reprit : « Ma mère me dit toujours : « Pour l’homme qui ne se connait pas, demain est une mascarade du passé. Sans l’un ni l’autre ainsi va la vie. Alors si quelqu’un te dit : « Demain » demande-lui toujours s’il se connait lui-même. Que penses-tu de ce que dit ma mère ?» Faisant preuve d’un certain agacement, il la renvoya lui disant : « Te voilà bien avisée mais toi que sais-tu de la vie ? Qu’as-tu à m’apprendre ? Et ta mère me connait-elle ?». Arrivé dans sa chambre, un cadre était placé au-dessus du lit où figurait cette citation : « A la Vie, seul le don de la tienne t’apportera ce que tu attends, n’aie d’autre but que de la reconnaître, toute autre quête est vaine ! Savoir bien la nommer là réside son secret.»

Le lendemain, après plusieurs heures de trajet, apparut au loin un enfant qui lui faisait signe de s’arrêter. Voiture garée sur le bas-côté de la route et le capot levé, son conducteur se montra enfin et lui demanda s’il pouvait le tracter jusqu’au prochain village, mais toujours pris par le temps, il leur déclara : « J’ai un rendez-vous que je ne dois manquer à aucun prix, j’en suis désolé mais je vous souhaite de trouver une personne plus disponible que moi. » L’enfant lui fit remarquer : « Je ne sais avec qui ou avec quoi vous avez rendez-vous, mais n’oubliez jamais que seule importe la Vie !». Il rétorqua : « Tu ne peux pas dire mieux, elle est très judicieuse ta remarque. Si tu savais comme tu dis vrai. » Mais son interlocuteur s’empressa d’ajouter : « Curieux ma mère me dit toujours : la vie ne donne jamais de rendez-vous ! Seule la mort en prend mais les hommes l’oublient sans cesse.»

Le surlendemain, il se perdit en chemin et dut demander sa route à deux enfants qui jouaient au bord de la route, et ceux-ci dans l’impossibilité de pouvoir lui répondre l’invitèrent à venir chez eux rencontrer leur mère qui n’allait pas tarder à rentrer. Désolé, il leur confia qu’il était pressé et qu’il trouverait bien quelqu’un d’autre plus loin pour lui indiquer la voie, toutefois un des enfants lui dit : « Ceux qui prennent cette route disent souvent : « je n’ai pas le temps » ou encore : « demain » et tous les jours des gens s’y perdent. Prends-garde à toi ! Ma mère appelle cette route celle des « sans vie » »

« Après bien d’autres péripéties, il parvint enfin au seuil de la résidence de la « Vénérée Dame de la VIE ». Tout impatient, il s’empressa de courir frapper à sa porte.

« Qui est-ce ? » disait une voix d’enfant derrière la porte. Et lui, longuement de raconter qui il était, d’où il venait et tous les dangers qu’il avait dû braver pour venir jusqu’à elle.

Tout à coup, interrompu dans sa narration des faits, une voix se fit entendre :

« Qu’as-tu à donner ? »

« Voici mon offrande pour les bonnes œuvres de la  Dame ». L’homme fit passer sous la porte un chèque d’un montant important.

« Qu’attends-tu ? »

« De pouvoir la rencontrer. »

Un silence glacial régna subitement en ce lieu. Et l’homme vit réapparaitre le chèque glissé en dessous de la porte. Déçu, il s’en alla camper non loin à l’entour de la demeure. Dans son esprit, sans nul doute le montant offert était trop insuffisant. Avec un empressement sans pareil, il alla vendre tout ce qu’il possédait pour le convertir en or sonnant et trébuchant. Sa détermination était sans borne car il avait le secret dessein d’obtenir d’elle la vie éternelle.

De nouveau il se rendit en hâte à la demeure convaincu cette fois-ci que ce serait la bonne. Les mêmes questions lui furent posées et le même silence lui fut signifié au point de lui glacer les sangs. Toutefois sans jamais perdre courage l’homme resta sous sa tente très longtemps en ces lieux. Après bien des années, au cours d’une nuit, il fit un rêve. Des enfants jouaient ensemble, au jeu du colin maillard, quand l’un d’eux fut attrapé par l’autre qui avait les yeux bandés et les autres de lui crier : qui est-ce ? Soudainement il prit conscience de sa cécité et de sa surdité. Cela faisait si longtemps qu’il répondait à la tourière de façon erronée. Curieusement quelque chose venait de changer en lui».

Alors l’homme se réveilla certain qu’il connaissait, cette fois-ci, la réponse aux  trois énigmes posées par la tourière mais il n’était plus le même, il se ressentait différent des autres jours. Ainsi au cœur de la nuit, ne pouvant plus contenir son impatience, il se hâta d’aller frapper vigoureusement à la demeure.

Dès qu’il vit la lumière briller du dessous la porte, il déclara à la tourière :

« Maintenant je sais. Tu es la dame de la VIE. Le seul don que je puisse te faire, c’est celui de ma vie aussi je te demande de bien vouloir l’accepter en cette nuit même. Mon espérance par-dessus tout, c’est de devenir pareil à toi. »

« Entre, pousse la porte. Tu sais, elle a toujours été ouverte mais vous êtes tellement conditionnés, vous les hommes que vous n’osez même pas la pousser. Pour ce qui est de tes bagages et de ton or, reflet de ton temps perdu, je te prie de bien vouloir les laisser au seuil de la porte. Les « sans-vie » s’en chargeront, c’est leur seule raison de vivre. », lui rétorqua l’enfant tourière. »

Quand il la vit, quelle ne fut pas sa surprise ! Celle dont il attendait la rencontre depuis si longtemps avait les traits  d’une très jeune enfant, en son esprit subsistait un doute : était-ce véritablement la Dame de la VIE ? Mais pas de doute possible car sa toute première déclaration le rassura intérieurement par ces mots : « Mon enfant, quel bonheur de te voir revenir parmi les vivants. Je t’attendais depuis si longtemps! Viens maintenant partager le repas avec nous tous. Nous allons rattraper cette illusion du temps perdu ! »

Et celle-ci l’emmena dans une salle où s’y trouvaient des enfants d’une jeunesse hors du commun. Ce qu’il ne savait pas encore, c’est qu’il était devenu l’un d’eux. Mais juste avant d’entrer dans la salle à manger, il lui déclara : « Comme c’est curieux, j’ai cette étrange impression de déjà te connaître, ou de t’avoir déjà vu. »

Durant le repas, la Dame de la Vie ou plutôt l’enfant de la VIE lui fit cette confidence :

« C’est vrai et tu as raison de dire que nous nous sommes déjà rencontrés. C’était il y a fort longtemps à l’auberge « aux 7 oies », lors de ton tout premier soir de voyage à ma rencontre. T-en souviens-tu ? Déjà là j’étais venue à ta rencontre mais tu as décliné mon invitation à venir jouer avec moi, et plus tard à m’aider ou à venir me rencontrer chez moi. Quant à la réponse à mon énigme posée du : « qui est-ce ? Tout était là dans le nom de l’ « auberge  aux sept oies », comme dans un jeu de piste tu ne voyais rien des indices que la vie te montrait en filigrane.  Quant aux autres indices tu les avais tous reçus mais « demain » t’aveuglait tellement que me voir à travers une enfant t’était inconcevable. Bien d’autres fois nous sommes revenus vers toi mais toujours en vain, tu ne voulais rien entendre. Tu me recherchais comme on s’attache à vouloir acquérir un bien.

Beaucoup n’ont de cesse de courir après moi, et  tu étais l’un d’eux.  Votre manège, à vous les hommes, me fait bien rire. Votre folle frénésie à mon égard n’en n’est que trop absurde. S’arrêteront-ils un jour de se méprendre sur ce qu’est la VIE. Certains croient m’avoir trouvée mais ne font qu’embrasser de la fumée. Vaine est leur quête tant qu’ils inversent les rôles. Pourtant, sans cesse, JE les poursuis dans l’espoir de pouvoir les combler un jour de mes biens avec largesse. Mais, ils sont tellement attachés à leur mémoire passée, cette « satanée mémoire », comme si c’était  de l’or, qu’ils finissent toujours par se détruire les uns les autres avec ce faux espoir d’obtenir pour soi un lendemain meilleur. Malheureusement leurs pièges, leurs manipulations, leurs possessions m’obligent la plupart du temps à les fuir comme la peste.

Comprendront-ils un jour que ME trouvent ceux qui jamais ne comptent, ne prennent, ne possèdent, ni ne jugent. Humbles, discrets, magnanimes, rayonnants et bienfaisants tel sont ceux en qui JE prends plaisir à ME donner. Voici mon unique destinée ME transmettre à l’infini en toute gratuité. Ne doute jamais qu’un jour elle puisse devenir la tienne, c’est à cela et rien d’autre que je t’appelle. »

Tout à coup, il prit conscience de ceci : les enfants le regardaient et lui parlaient sans jamais lever la tête ce qui le surprenait, comment cela se pouvait-il ? Plaçant une main au-dessus de sa tête, il réalisa qu’il était devenu l’un d’eux. Alors, l’enfant de la VIE lui révéla son mystère : « Te voilà devenu comme l’un d’entre nous, ta mission sera d’aller sur le chemin à la rencontre des hommes qui disent toujours demain, tu sais la tâche est rude mais tellement belle quand l’un d’eux devient comme l’un de nous. »

Devant ce qu’elle venait de lui dire, il ne peut s’empêcher de lui poser cette question : « Vous êtes tous ici tels des enfants mais depuis que je suis arrivé je n’ai pas encore rencontré votre mère à tous. Est-ce vous ?»

L’enfant de la VIE se mit à rire, et lui confia ces mots au creux de l’oreille tel un secret : « Ta mère est en toi et elle l’a toujours été, il s’agit de ton âme que tu ne connais pas encore véritablement. Pendant un temps, nous serons telles des mères pour toi, jusqu’au jour où tu l’entendras te parler directement en ton cœur. Bientôt tu ressentiras une force nouvelle, l’esprit de notre Père sur toi. Là encore, tu comprendras pourquoi nous n’avons qu’un seul Père : Dieu et qu’une seule mère : ton âme. Ensemble tous les deux, ils font de toi un enfant de la VIE éternellement engendré. Et ce dont il sera désormais question, ce n’est pas de savoir ce qu’est l’éternité mais plutôt comment apporter la VIE au monde.»

Perplexe devant cette fable, le jeune Liberté lui fit tout de même cette remarque :

« Je vois beaucoup d’atrocités et de violences en ce monde et vous ne cessez de me dire que la  Vie vous honore de sa présence, certes je veux bien l’entendre mais si rien ne change à quoi cela sert-il ? Quel est véritablement l’enjeu de tout cela ? Qu’y gagne-t-on ? Si tu es devenu tel un de ces enfants où es la vie ?»

Innommé s’exprima en ces termes :

« Liberté, quelle connaissance as-tu de toi-même ? Demain est-il encore tapi à ta porte ? Ton coeur de quoi ou par qui vit-il ? D’aujourd’hui ou de demain, ou bien de cette mystérieuse union entre ton âme et Dieu ? Sais-tu voir la réalité ordinaire de ce jour à la lumière du jour passé grâce au clair discernement de ton cœur ? Cette vision-là te permettra de répondre à ta question par toi-même parce que la réponse repose déjà en toi. Vois-tu, L’animal sent et perçoit l’invisible vivant qui influence l’organisation d’une bonne partie de sa vie, l’enfant qui vient au monde possède les mêmes capacités de percevoir notre réalité non ordinaire au quotidien. Cela fait partie de ces sens innés partagés avec l’animalité mais l’entourage, au nom du « c’est comme çà. Ca n’existe pas », va mener le petit enfant vers une réalité très mentale bien ordonnée, formatée, cadrée et conditionnée. Le précepte sournois et maléfique programmé dans l’inconscient du petit homme en ces termes peut se formuler par ces termes : « Tu te tiendras à l’écart de toi-même et n’en dérogeras pas. Nous te dicterons ce qu’il est bon de croire ou ne pas croire. Aie confiance, nous détenons la vérité ! Ta vie nous la dirigerons avec le plus grand soin. Seul ton avenir nous importe, quant à ta mort nous lui octroierons le plus grand soin.»

Progressivement l’homme se trouve réduit à l’état d’esclave, de mort vivant dans cet univers des fausses certitudes, de l’illusion et du mensonge afin de servir le demain toujours plus faste des grands prédateurs. Mais, ce qu’il ne sait pas, au comble du comble, c’est qu’en lui désormais repose son pire ennemi. N’oublie jamais dans ton parcours de vie que le plus  à craindre, c’est sans nul doute toi-même tant que tu es aliéné au système de pensée collective qui ne veut pas entendre le mot d’aujourd’hui mais toujours celui de demain : croissance, durée de prêt, dividende, bénéfice, plan de carrière, possession, réussite sociale, descendance….

Dans une telle vision la vie ne peut nous honorer de sa présence si bien qu’elle se retire, à cause de l’interdit fondateur et destructeur,  pour laisser exister un monde lourd, pesant et pénible avec pour compagnes et compagnons : misère, pauvreté, des pleurs, des regrets et de la souffrance. Certes ces derniers seront toujours totalement infondées et injustes mais obligées et acceptées de par un conditionnement et un comportementalisme pervers savamment entretenu par le monde des morts. Quand demain est basé sur des intentions issues du passé visant la prospérité d’une économie, l’aujourd’hui devient désert, souffrance et mort.

La VIE honore toujours les « sans passé, ni futur » car ils ont intégré en leur vie et en leur cœur les logiques même du vivant quitte à se battre pour elle. Par contre la VIE se moque de ceux qui la travestissent en permanence pour les délaisser à leur perte. Et je parle ici des morts de ce monde qui portent des masques d’Elle sans véritablement La connaître. Bientôt tu te rendras compte qu’ils sont pitoyables et tous plus laids les uns que les autres ! Quant à toi, si tu Lui donnes véritablement ton cœur alors le temps ne sera plus, à partir de toi se dispensera la VIE et la seule économie qui importera sera celle du cœur et de l’équité.»

« Vois-tu Liberté comment est-ce que je perçois la vie en notre monde aujourd’hui ? Tout simplement faire que le temps destructeur ne soit plus.»

Souviens-toi ! Ambassadeur de la VIE, tu l’es de toute éternité.

« Et Innommé  lui présenta notre réalité d’une autre manière  :

« Pour moi, en ce monde, comme les deux côtés d’une même tablette, nous pouvons regarder la réalité sous deux aspects antinomiques celui de la malédiction ou de la bénédiction. Sur un de ses côtés pouvait se lire : « Unique est la réalité, il n’en existe pas d’autre. Crois-le. Si tu restes fidèle à ce commandement, Dieu se souviendra de toi au moment venu ». Ce texte je l’ai qualifié de « fléau des trois » car il prédomine et nous abîme en permanence : le mensonge, l’illusion et la mort.

Observons bien, si nous en avons la force, le grand échiquier de ce monde. Les rois, reines et gouvernants, blancs ou noirs, telles des marionnettes œuvrent tous à la solde d’une puissance destructrice aveugle dont jamais personne ne parle. Ils sont soi-disant là pour votre bien mais ils mentent et vous leurrent en permanence. Ils sont en cette place pour entretenir et développer l’art de tirer le meilleur profit de cette situation illusoire.

Leur récompense : le capital amassé autour de cette entreprise macabre avec son cortège de maux : pollution, maladie, guerre, endettement, manipulation mentale, planète bafouée et rendue exsangue…. Quant à nous, qui subissons ces horreurs, notre seule et unique tache : être de gentils exécutants, de gentils croyants et qui plus est, mensonge suprême s’entendre parfois dire : Dieu vous le rendra cela au centuple ! ou encore : Vous gagnez ainsi votre paradis ! Que ne pourraient-ils faire sans ces mensonges sur Dieu ?

Et voici maintenant la deuxième partie presqu’illisible de la tablette comme sciemment effacée du métal, il m’a fallu beaucoup de temps pour en retrouver toute la teneur car plus personne ne s’en souvenait. Mais maintenant, je peux vous en livrer le texte : « Dans un lieu où est scellé la Vérité s’y trouve la source de VIE. Retrouve ta Réalité. N’attends rien d’autre ».

A ce texte je lui ai donné le nom de « bénédiction des trois » : la Réalité, la Vérité et la Vie. Aujourd’hui, cet aspect-là est oublié voir inconnu des hommes. Le Fléau est sous le joug de la finitude en ce visible et  la bénédiction sous celui de l’infinitude en cet invisible. A chacun son bord, l’un déforme et détruit, l’autre transforme et construit.

Toutefois plus je réfléchissais sur les inscriptions recto et verso de cette tablette plus m’apparaissaient énormément d’incohérence entre ces deux textes. Qu’est-ce que cela pouvait bien vouloir dire ? Alors je me suis mis à la scruter d’un peu plus près, encore et encore, pour finalement constater que la face la mieux préservée n’était la résultant d’un judicieux placage qui masquait une autre citation plus originelle et bien plus ancienne, et j’étais enfin parvenu à la remettre à jour. Sur cette face, aussi s’y trouvait gravé cet adage : « Souviens-toi, Ambassadeur de la Vie, tu l’es de toute éternité.  Marche ! Ta Voie vers l’UN est trine avec l’invisible pour garde-fou.» Restaurer la pièce dans son état original, c’est retrouver un monde où les pièges du mensonge, de  l’illusion et la mort seront démasqués et déjoués en toute circonstance.

Ainsi, l’ensemble du texte prenait une extrême cohérence, c’était un enseignement de la VIE pour chacun des humains que nous sommes :

« Souviens-toi, Ambassadeur de la Vie, tu l’es de toute éternité.  Marche ! Ta Voie vers l’UN est trine avec l’invisible pour garde-fou. Dans un lieu scellé par la Vérité s’y trouve la source de VIE. Retrouve ta Réalité. N’attends rien d’autre ».

Alors pour répondre à ta question sur quel était l’enjeu de tout cela, et bien le voici :

« Quand la Vie t’honore de sa Présence, que par ta ténacité et persévérance tu y sois parvenu. Alors tu adviens à toi-même en un nouvel homme, debout, capable de diffuser tout simplement la lumière de la Vie là où elle ne peut surnaturellement arriver. Discrètement, tu transmettras la Vie autour de toi et alors se transformera ce monde qui t’entoure. Et tout progressivement tu continueras ton chemin jusqu’à sa destination sans jamais t’arrêter ni te reposer sur d’illusoires lauriers. 

C’est la seule réponse que je puis te donner. Sache toutefois qu’ici le jugement, la condamnation et l’impatience n’y auront jamais de place dans ta pérégrination. Tu supporteras tout, endureras tout mais chaque fois non sans rien faire. Tu as peut-être l’impression d’une inutilité de tout cela mais sache que le temps vient où  des hommes sages se lèveront de par le monde, et qu’ils possèdent déjà les capacités de transmuter les ténèbres en lumière. Déjà le jour commence à poindre et le fléau des trois perd beaucoup de sa force.»

Extrait de Pèlerin d’émeraude, Anonyme

Anesthésie ou Anastasie de l’Âme, victoire ou défaite du diable

Extrait du Pèlerin d’émeraude, Anonyme

« ….. Si la sagesse n’est pas plus l’apanage de ce monde, et que dans son amnésie l’homme en a oublié le sens profond. Des gardiens de cette connaissance existent toujours, et l’heure a sonné du réveil. Oui, quelques « sages savants », remontant d’une époque très lointaine se souviennent de l’alliance entre le visible et l’invisible. Dans peu de temps, ces hommes et ces femmes se lèveront pour enseigner cette vérité. Ils ne se cacheront plus, et vous enseigneront ce qu’est le don de la Vie, ce seront là des thérapeutes extraordinaires qui vous feront retrouver la Mémoire. Qu’advienne le jour !

Innommé, venait de terminer son enseignement quand un enfant lui demanda en aparté :

« A quoi reconnait-on un « sage savant » ? »

A vrai dire, les deux se connaissaient déjà depuis quelque temps. Mais à chacune de leur rencontre leur échange prenait toujours l’allure d’une initiation beaucoup plus pratique que théorique. Aussi ne fut-il pas surpris de voir son protégé l’interpeller. Il lui répondit en ces termes :

« Mon enfant, ce soir, je suis honoré par ton heureuse présence. Tu connais en partie la réponse à ta question. Je te l’ai déjà, indirectement enseigné lorsque je t’ai appris à te fier, uniquement, à l’Esprit du cœur car il sera ton seul guide. Toutefois je te confie un indice : est très loin de la sagesse qui traine une abondante cohorte d’adeptes derrière lui. Quant à toi reste, tout au long de tes jours, fidèle à l’émeraude, et sois-en le garant et l’unique gardien, et attache toi à aimer et à protéger ta solitude. L’esprit de ce monde proclame sages et saints ceux qui sont à son service. La multitude les prend pour modèle mais en réalité ils ne font que t’éloigner, subtilement et parfois sournoisement, de ce que tu es en vérité. »

L’enfant rétorqua :

« Mais, tout de même, si le sage accompli des miracles ou des guérisons, n’en serait-ce tout de même pas une preuve de sa sagesse et sainteté ? ».

L’homme lui livra cette réponse :

« Tu verras qu’en ce monde, même le prince de ténèbres fait des œuvres extraordinaires et époustouflantes. Je te donne ce précieux conseil qu’il te faudra suivre jusqu’à la venue de ta seconde naissance : méfie-toi de ceux et celles qui s’expriment avec le merveilleux. Développe toujours l’Esprit de ton cœur ainsi tu verras en transparence la beauté, la souffrance ou la noirceur des âmes que tu rencontres, tu pourras discerner entre l’homme lumineux de celui qui ne l’est pas encore. »

Surpris, l’enfant s’insurgea :

« Innommé, de quel droit pouvez-vous regarder les âmes de ceux et  celles  qui vous entoure ? Avez-vous l’autorisation de faire cela ? »

Le regardant, il lui dit :

« Lorsque l’Esprit du cœur t’habitera pleinement, et que ta nouvelle naissance s’accomplira, tu percevras le monde avec une vision nouvelle. Il te le montrera dans sa triste vérité et dans une totale transparence, à ce moment-là plus rien ne te sera caché, ni les âmes, ni même les esprits. C’est le cadeau de la Vie lorsque tu t’offres à Elle et qu’Elle t’honore de sa Présence. Oui tout devient comme diaphane, et la moindre opacité ou barrage à la lumière de la Vie t’apparait. Tu n’y peux rien, c’est ainsi. Il n’est pas ici question de droit mais seulement de Vérité et  c’est elle seule qui te rendra sage et libre.

Ce chemin n’est pas facile à vivre et à assumer, mais tu verras ton cœur sera toujours la joie de pouvoir contempler et vivre ce grand mystère où paix et vérité s’embrassent. Alors n’oublie pas ce que je t’ai déjà dit : un jour viendra où, toi aussi, tu seras témoin et acteur de lumière, capable de transmuter les ténèbres en lumière. Sinon à quoi te servirait de pouvoir contempler le monde dans sa laideur si ce n’était pas pour y travailler Esprit, Corps et Âme ! Que la lumière soit ! »

L’enfant lui fit tout de même cette remarque :

« Comment saurai-je que c’est bien l’esprit du cœur qui me montre la vérité des choses et des êtres ? Est-ce que cela ne pourrait-il pas provenir aussi du malin ? »

Le vieil homme constata la grande sagesse de son ami. Voici quelle fut sa réponse :

« Tu as raison, le diable est fort habile en ce jeu, et c’est vrai, il pourrait aussi te montrer la noirceur des âmes de ce monde mais voici comment discerner la vérité. Lorsque l’esprit du cœur jaillit du fond de ton âme, il t’est donné non seulement la capacité de voir l’obscurité de ce monde mais aussi celle de pouvoir la réguler et faire en sorte que toujours plus de lumière jaillisse tout autour de toi. Cette dernière capacité s’impose à toi tout naturellement, et tu n’auras pas d’autre choix que d’y travailler coûte que coûte dans l’abnégation, la gratuité, la simplicité et le secret. Cette faculté porte un nom : la compassion. Certes cela te sera un poids, mais avec l’âme ta tâche restera légère. Dès l’instant où cela te pèsera, ce sera le signe que tu n’es plus dans le cœur.

Toutefois voici encore un autre critère de discernement : celui qui reçoit ce don de voir la beauté, la souffrance, la noirceur des êtres sans que nul réel désir d’y travailler ne se manifeste en lui, alors c’est le signe que ce don qu’il porte n’est pas sourcé par l’âme, et que l’esprit du cœur n’y est pas encore. Dans ce cas, il y a fort à penser que le malin se cache en sa vie, et joue encore et toujours avec lui.

Je te livre maintenant quelle est la tactique principale du diable qui le contente très amplement : faire de nous des tièdes, des impassibles, des inactifs, des sourds, des aveugles ou des muets. Oui, c’est aussi simple que cela car en anesthésiant ton âme, il paralyse tout ton être, et dans tout ce drame sa plus grand joie consiste en cela : faire de ton cœur la pierre de ton tombeau, te cocooner ou t’enrubanner dans les bandelettes faites du tissus de tes mémoires, puis te priver de ton esprit personnel pour y mettre le sien. Ainsi lorsqu’il a réussi, il peut œuvrer à loisir à détruire ce monde en toute impunité avec toujours plus de liberté.

Aujourd’hui, regarde ! Toi et moi, en cette ville où nous pérégrinons, t’es-tu aperçu que nous n’avons fait que traverser une immense nécropole ? La route du diable a été aplanie par ses propres soins, et sur les tombes de nos frères, il mène notre monde vers son chaos infernal. Vois-tu ce regard vide des humains ? Ressens-tu cette désertion de la vie ? Ils ne sont plus que les ombres d’eux-mêmes. Mais rassure-toi rien n’est perdu, c’est pour cela que j’ai besoin de toi et je m’attacherai tous ces temps-ci à t’éveiller.

Tu gouteras à cette merveilleuse expérience spirituelle : celle de devenir un Vivant, c’est-à-dire d’être un de ceux capable de le manifester autour de toi, tout simplement parce que ton âme sera sortie victorieuse de son tombeau, la pierre dégagée, le corps délivré de ses bandelettes, et c’est ainsi que fort de ton Anastasie (résurrection) tu deviendras à même de travailler avec nous tous à la chute du diable. Et sa mise en échec, tu la vaudras à l’Anastasie de ton âme et à ton cœur enfin revivifié, de pierre qu’il était, il sera à nouveau redevenu de chair et totalement habité par l’Esprit.

Comprends-tu maintenant cette urgente nécessité de ta deuxième naissance et ma grande impatience de te la faire vivre avec nous tous pour le salut de ce monde !

Mais le sais-tu pour son plus grand dam, qu’il en est un qui résiste et tremble de tout son long, et je parle ici du malin qui craint toute seconde naissance parce qu’entre les mains du nouvel enfant reposeront, en toute simplicité et sans mondanités, les clés du principe de l’Anastasie de l’âme de ce monde, et qu’il est question ici de sa perte. Tu sais, celles qui ouvrent plus qu’elles ne ferment, délient plus qu’elle ne lient s’y trouvent déjà, non seulement dans les miennes, mais aussi dans bien d’autres de mes frères et sœurs. Bientôt nous aurons la chance de pouvoir vivre et partager avec toi cette immense joie de ta résurrection, et toi aussi tu seras dépositaire du pouvoir des clés à ton tour.

Quant à soulever les pierres tombales de tes frères, tu en trouveras la force incroyable en toi, et lorsque tu toucheras leurs bandelettes tu auras aussi cette faculté de pouvoir les leur ôter, et c’est ainsi que tu goûteras à cette immense joie de les voir se lever et sortir Vivants de leurs tombes.

Oui, sache que sur toi les portes de l’enfer n’auront plus de prise, et tu seras appelé encore et toujours à la suite de notre Frère ainé à descendre aux enfers pour y aller rechercher les âmes qui y sont retenues captives, c’est là aussi  une autre des facettes du mystère de la compassion qui reposera désormais en toi pour toujours.»