Avec Dieu sans limite, délier ciel, terre y compris les enfers

Courant juin 2014, venant de prendre rendez-vous par téléphone avec Mme C. ma coiffeuse, j’ai cet étrange ressenti d’une fatigue anormale pesant sur elle. Pour avoir une telle réaction de ma part, j’ai cette intime conviction qu’il plane sur son salon de coiffure une vibration néfaste et dangereuse pour elle. Et de fait en faisant sur ce lieu une investigation à distance, j’y perçois la présence d’une magie vaudou qu’il m’est possible de ressentir par claire-olfaction. Cette odeur si caractéristique liée à ce genre de force malfaisante, le la percevais nettement en son magasin et elle y était apparue un mois plus tôt.

Par chance Mme C. m’a donné le dernier rendez-vous de l’après-midi et en arrivant au salon je la retrouvais avec Mlle Y., sa collaboratrice. Sachant que je travaillais dans les énergies, un jour elle m’avait demandé de bien vouloir la prévenir si dans le futur je venais à ressentir l’arrivée de quelque chose de négatif sur elle ou sur son salon.
L’instant était donc venu d’honorer ma promesse.

Pendant qu’elle me coupait les cheveux, je lui fis part de ce que j’avais pu détecter au matin et qui se confirmait maintenant que j’étais présent physiquement sur les lieux.

De fait elle me confia qu’elles étaient toutes deux très fatiguées avec les nerfs à fleur de peau. Quant à savoir si la fréquentation du lieu avait baissé suite à cette magie ressentie, Mme C. me répondit par la négative.

Une fois qu’elle eut terminé de me coiffer, j’explorais plus encore son salon, et l’odeur de la magie se ressentait en plusieurs lieux mais beaucoup plus distinctement dans l’arrière-boutique réservé aux soins de bien-être.

Mais je compris que je faisais fausse route dans mon analyse de la situation lorsque je pris connaissance de cet événement. A la date anniversaire du décès du père de Mlle Y, une bougie s’était allumée mystérieusement en le ce lieu à la consternation de l’une et de l’autre qui s’imaginaient que c’était là l’œuvre de l’une d’elle venue plutôt ce matin-là.

Quoi qu’il en soit, plus de doute possible, son allumage spontané et la magie malodorante devait être reliés à l’histoire de cet homme quinquagénaire décédé accidentellement depuis peu ! Cette combustion soudaine de la bougie à cette date précise était l’ultime appel d’un père à sa fille pour lui dire qu’il besoin d’elle pour le faire monter. Quant à l’empreinte olfactive en ce lieu, elle trouvait son origine sur le père, ci-présent. Ainsi donc s’il faut parler de magie, c’est le père qui en est porteur.

Mr Y. était médium et magnétiseur et depuis le jour de son décès, il venait hanter de sa présence les nuits de sa mère. Bloqué dans notre espace-temps, il venait demander de l’aide aux vivants de la famille ainsi qu’aux amis mais personne avec toutes les meilleures intentions du monde ainsi que les prières n’y était parvenu. Sa mère, elle-même médium, le voyait souvent la nuit. Dans une vision il y apparaissait comme courroucé de ce qui pouvait lui arriver, agacé de ne pas être dans la lumière.

Mais alors que s’était-il passé ? Pourquoi cet odeur si typée de la magie noire sur lui ?

En fait Mr Y. a été victime d’une magie qui a provoqué sa mort de façon accidentelle, et le drame c’est qu’il s’est trouvé piégé dans l’univers diabolique du maléfice. Aller vers la lumière lui était impossible quasiment voir interdit.

A la compréhension de ces faits ma priorité devint de délier cet homme dans l’invisible là-même où il se trouve et sa montée dans la lumière fut immédiate.

Au moment de prendre congé de Mme C. et de Mlle Y. je pris soins d’assurer à cette dernière qu’il lui serait très probablement donné, dans les prochains temps, des nouvelles de son père par l’un ou l’autre médium.

Un mois plus tard, de retour au salon, j’eu confirmation de ma prédiction à savoir que la mère de cet homme décédé avait eu cette vision dans un rêve. Il était venu serein et en paix lui apporter en remerciement des gâteaux. Un autre de ses amies quant à elle le vit, dans un des siens, heureux et rayonnant contrairement à tous les autres rêves précédents qu’elle avait eu de lui, cette fois-ci il avait une valise à la main et vint lui dire : « Au revoir et merci ! ».

A l’énoncé de ce rêve, un nouvel indice m’était donné à savoir que la libération du père de Mlle Y. n’était pas plénière. Pour moi, s’il était fait mention d’une valise, cela signifiait que sa liberté n’était pas encore véritablement retrouvée. Je me suis alors remis au travail, et maintenant le voilà libéré de sa valise, de ce poids désormais devenu inutile.

Depuis, tout est rentré définitivement dans l’ordre. Le salon a retrouvé de bonnes énergies, les deux collègues coiffeuses ne sont plus anormalement fatiguées et nerveuses. Le papa de Mlle Y. a retrouvé la paix, il ne hante plus la vie de sa famille qui s’en trouve grandement soulagée.

Si l’invisible parvient encore à me surprendre, pour rien au monde je ne pourrai délaisser l’appel d’une âme en détresse dans l’au-delà, quand bien même serait-elle dans les enfers. Un passeur d’âme ne l’est pleinement et véritablement que s’il connait la nature même des enfers.

Alors si l’amour et la paix de Dieu l’habitent pleinement, il pourra toujours y descendre sans animosité de quiconque, monstres, démons ou diables. Il lui sera toujours possible d’y ramener en douceur des enfers une âme tourmentée. Délier, ciel, terre y compris même les enfers telle est avec sa mission. Avec Dieu elle ne connaîtra aucune limite.

Noel : Soyez le Cadeau que notre terre-mère attend !

Noel, fête du consumérisme où la loi maudite du toujours plus superflu règne plus que jamais et laquelle rend exsangue notre planète chaque jour un peu plus.

Qui se cache derrière chacun de vos cadeaux, je ne parle pas de vous, mais de ceux et celles qui les ont fabriqué pour un salaire dérisoire et des conditions de travail bien en deçà du supportable.

Noel, n’est-elle pas cette fête de l’hypocrisie si déviante face au message originel !

Alors à tous ceux qui possèdent encore un peu de conscience, je leur dis revenez à vous-même de tout votre cœur car là sans nul doute vous pouvez y faire la rencontre de l’enfant nouveau-né. Le coeur est sacré, ne l’oubliez jamais et prenez en bien soin.

Alors quand il sera retrouvé un monde nouveau s’ouvrira à vous, pour vous et tous vos proches. Là les  cadeaux à offrir ne sont plus, seul y règne le juste le nécessaire dans une parfaite harmonie et respect de la nature ainsi que des hommes.

Pas de cadeau à donner parce que la Vie devient le Cadeau quand elle est juste et vraie.

Alors à tous les amoureux de la Vie Véritable, laissez-vous emplir d’Elle, puissiez-vous en ce jour de Noel être le Cadeau que notre Terre-Mère attend ! Redevenez semblable à l’enfant de la crèche, simple, pauvre parmi les pauvres, ignoré des hommes mais aimé de votre Mère.

« Je veux passer ma terre à faire du bien au ciel pour le bien de cette terre. »

Nous sommes début avril 2013, je suis dans le sud de la France pour y assurer des stages de formation en métabiologie. Profitant de mon passage, j’avais pris soin de prévenir une amie dont je n’avais aucune nouvelle depuis plus d’un an. Me rapprochant d’elle géographiquement l’occasion était rêvée pour  tâcher de la revoir. Curieusement elle avait perdu mes coordonnées et pensait fortement à moi depuis peu, ne sachant  comment me joindre.

Avec elle, j’ai vécu et je continue à vivre une histoire merveilleuse, et je tiens à la remercier pour cette fois-là où elle m’a donné de prendre conscience de cette force spirituelle incroyable qui repose en nous en tant qu’être incarné et dont nous sommes responsables.

Mais voici son histoire et la mienne qui en découle.

Deux ans auparavant, elle a perdu son fils. Il s’est donné la mort. A cette époque-là, j’avais pris soin dans l’au-delà de son fils en le faisant monter dans la lumière. Je connaissais son fils mais, à l’époque des faits, je n’avais rien pu faire contre ce drame. La seule chose que je pouvais pour lui, c’était de le soigner dans l’invisible. Au-delà,  je le savais élevé et j’avais fait cette prédiction à sa maman qu’elle rencontrerait un jour un ou plusieurs médiums qui lui confirmeraient mes dires au sujet de son bien-être spirituel.

De fait, un médium, ami de son fils, vint lui dire sans qu’elle s’y attende qu’elle avait vu son fils élevé dans la lumière ce qui selon elle était impensable pour quelqu’un qui a mis fin à ses jours. Plus tard, son  fils vint par l’intermédiaire d’un autre médium lui dire qu’il était bien là où il était profitant de l’occasion pour lui donner des explications quant à son acte.  Mon amie demanda à son fils s’il pouvait voir son père décédé peu de temps avant lui. Il lui avoua qu’il pouvait rendre visite à son grand père mais qu’il ne pouvait de son côté lui rendre visite.

Ainsi lors de notre dernier entretien, elle me fit part de son questionnement spirituel qui était d’une extrême lucidité. Elle se demandait s’il était possible d’offrir des soins à son père pour qu’il puisse rejoindre son fils. « Ce serait dommage qu’en passant de l’autre côté nous ne puissions pas tous nous retrouver. Tu as fait monter mon fils, ne peux-tu pas en faire de même pour mon père afin de l’amener sur le même plan que lui ? ».

Sa question était très pertinente, et ce fut un électrochoc pour moi de me rendre compte qu’il ne suffisait pas simplement de faire passer les âmes dans l’au-delà , mais qui plus est, que nous avions pour mission de leur donner les meilleurs soins pour qu’ils puissent dans la lumière être le mieux possible. Cette amie m’avait fait prendre conscience que ce que j’avais fait à ce jour était insuffisant et qu’il me fallait aller plus loin sur le plan des âmes. Je lui fis cette promesse qu’un jour quand elle sera prête nous ferions monter tous ses ancêtres afin que tous puissent se retrouver dans la joie dans  « l’au-delà lumière ».

Sur le chemin du retour, je me mis à regarder mes propres ancêtres et pris conscience qu’il restait du travail à faire. Ce fut d’abord le tour de mon père à être dégagé des forces qui le liaient encore dans l’invisible puis celui de mon grand-père dénommé Jules. Lorsque les soins furent terminés, sur l’autoroute  un énorme camion de déménagement vint me doubler par la droite et en très grands caractères sur une bâche toute blanche était écrit : « JULES », nulle autre inscription n’apparaissait, « Jules » étant le nom de la société. Et je me mis à rire me disant quel joli clin d’œil puis je les ai remercié, là-haut, pour cette délicate attention.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. De retour chez moi, je regarde la fréquence de consultation de mon blog. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que le 12 avril 2013, les consultations du jour avaient dépassé  les 1600, soit 100 fois plus que la normale journalière pour  93 pays qui étaient venus le consulter. Cela semblait très surprenant voire plutôt anormal. Que s’était-il donc passé ce 12 avril là ? En consultant le calendrier j’avais la réponse c’était la fête de la Saint Jules. Nouveau clin d’œil de l’invisible. Désormais J’avais l’intime conviction que la prise de conscience que je venais d’avoir était de la plus haute importance pour ceux de l’autre côté.

Plus que jamais prenaient sens ces paroles du Christ : « Tout ce que vous aurez lié sur terre sera lié au ciel, tout ce que vous aurez délié sur terre sera délié au ciel. » Ici repose le mystère même de notre incarnation, une âme tant qu’elle est incarnée a cette capacité de pouvoir œuvre au ciel et sur la terre. N’attendez pas d’être au ciel pour espérer pouvoir faire quelque chose pour les votre, il sera trop tard. Personnellement j’ai compris et intégré en ma vie cet adage suivant, et l’invisible m’en est témoin : « Je veux passer ma terre à faire du bien au ciel pour le bien de cette terre et  pour qu’enfin le ciel puisse à nouveau  y revenir, plus il sera dégagé plus il sera à même de venir se rendre présent ici-bas. »

Au moment où j’écrivais cette histoire, je me suis  rendu compte que mon amie n’était pas courant de ce qui s’était passé après notre dernière  entrevue. Ce matin, je l’en ai tenue informée et tout émue de ce que je venais de lui annoncer, elle me dit : « Aujourd’hui nous allons à B…., à la chapelle saint Jean car une messe est donnée en l’honneur de la Saint Jean. ». C’est après de cette chapelle que les cendres de Jean ont été déposées, n’est-ce pas là encore une merveilleuse communion avec l’Invisible ?

A toi Jean, du fond de mon âme je te dis merci pour l’offrande de ce moment clé de nos vies. Je l’’ai compris à travers toi et par toi, je le résume par ceci : du mystère de  l’interaction des âmes. Et je me pose cette question : si rien n’avait été fait. Où en serions-nous toi, ta famille, moi-même mais aussi tous ceux à qui des soins ont été prodigués dans l’au-delà  à partir de cette terre ?

 

La VIE honore toujours les « sans passé ni futur »

Extrait du pèlerin d’Emeraude, Anonyme

« Celui-ci enseigna l’enfant longuement, l’invitant sans cesse à réfléchir sur soi. Fables et contes étaient leur support favori pour débattre et échanger.

Voici l’un d’eux qu’il lui narra à propos de « La Vénérée Dame de la VIE »,

« – Puisse ce conte éclairer ta réflexion mon ami ! » lui dit-il.

« Un jour, un homme avait appris  qu’en une très lointaine contrée résidait «La Vénérée Dame de la VIE ». Aussi entreprit-il de se mettre en quête pour aller la retrouver pensant ses indices glanés  suffisants pour trouver son chemin.

Le premier soir de son voyage, l’auberge « Aux sept oies » l’attira irrésistiblement vers elle. Tout y semblait paisible, heureux, harmonieux et elle ne ressemblait en rien au regard de toutes celles devant lesquelles il venait de passer. Lors du repas, une petite fille vint à lui et lui fit cette demande : « Veux-tu jouer avec moi, quand tu auras fini de manger ? ». Mais il déclina son invitation par ces mots : « Non, je suis désolé ! Demain je reprends la route très tôt et je dois aller me coucher au plus vite car demain le voyage sera long. Vois-tu, c’est la meilleure chose que je puisse faire, une autre fois peut être ! ». L’enfant reprit : « Ma mère me dit toujours : « Pour l’homme qui ne se connait pas, demain est une mascarade du passé. Sans l’un ni l’autre ainsi va la vie. Alors si quelqu’un te dit : « Demain » demande-lui toujours s’il se connait lui-même. Que penses-tu de ce que dit ma mère ?» Faisant preuve d’un certain agacement, il la renvoya lui disant : « Te voilà bien avisée mais toi que sais-tu de la vie ? Qu’as-tu à m’apprendre ? Et ta mère me connait-elle ?». Arrivé dans sa chambre, un cadre était placé au-dessus du lit où figurait cette citation : « A la Vie, seul le don de la tienne t’apportera ce que tu attends, n’aie d’autre but que de la reconnaître, toute autre quête est vaine ! Savoir bien la nommer là réside son secret.»

Le lendemain, après plusieurs heures de trajet, apparut au loin un enfant qui lui faisait signe de s’arrêter. Voiture garée sur le bas-côté de la route et le capot levé, son conducteur se montra enfin et lui demanda s’il pouvait le tracter jusqu’au prochain village, mais toujours pris par le temps, il leur déclara : « J’ai un rendez-vous que je ne dois manquer à aucun prix, j’en suis désolé mais je vous souhaite de trouver une personne plus disponible que moi. » L’enfant lui fit remarquer : « Je ne sais avec qui ou avec quoi vous avez rendez-vous, mais n’oubliez jamais que seule importe la Vie !». Il rétorqua : « Tu ne peux pas dire mieux, elle est très judicieuse ta remarque. Si tu savais comme tu dis vrai. » Mais son interlocuteur s’empressa d’ajouter : « Curieux ma mère me dit toujours : la vie ne donne jamais de rendez-vous ! Seule la mort en prend mais les hommes l’oublient sans cesse.»

Le surlendemain, il se perdit en chemin et dut demander sa route à deux enfants qui jouaient au bord de la route, et ceux-ci dans l’impossibilité de pouvoir lui répondre l’invitèrent à venir chez eux rencontrer leur mère qui n’allait pas tarder à rentrer. Désolé, il leur confia qu’il était pressé et qu’il trouverait bien quelqu’un d’autre plus loin pour lui indiquer la voie, toutefois un des enfants lui dit : « Ceux qui prennent cette route disent souvent : « je n’ai pas le temps » ou encore : « demain » et tous les jours des gens s’y perdent. Prends-garde à toi ! Ma mère appelle cette route celle des « sans vie » »

« Après bien d’autres péripéties, il parvint enfin au seuil de la résidence de la « Vénérée Dame de la VIE ». Tout impatient, il s’empressa de courir frapper à sa porte.

« Qui est-ce ? » disait une voix d’enfant derrière la porte. Et lui, longuement de raconter qui il était, d’où il venait et tous les dangers qu’il avait dû braver pour venir jusqu’à elle.

Tout à coup, interrompu dans sa narration des faits, une voix se fit entendre :

« Qu’as-tu à donner ? »

« Voici mon offrande pour les bonnes œuvres de la  Dame ». L’homme fit passer sous la porte un chèque d’un montant important.

« Qu’attends-tu ? »

« De pouvoir la rencontrer. »

Un silence glacial régna subitement en ce lieu. Et l’homme vit réapparaitre le chèque glissé en dessous de la porte. Déçu, il s’en alla camper non loin à l’entour de la demeure. Dans son esprit, sans nul doute le montant offert était trop insuffisant. Avec un empressement sans pareil, il alla vendre tout ce qu’il possédait pour le convertir en or sonnant et trébuchant. Sa détermination était sans borne car il avait le secret dessein d’obtenir d’elle la vie éternelle.

De nouveau il se rendit en hâte à la demeure convaincu cette fois-ci que ce serait la bonne. Les mêmes questions lui furent posées et le même silence lui fut signifié au point de lui glacer les sangs. Toutefois sans jamais perdre courage l’homme resta sous sa tente très longtemps en ces lieux. Après bien des années, au cours d’une nuit, il fit un rêve. Des enfants jouaient ensemble, au jeu du colin maillard, quand l’un d’eux fut attrapé par l’autre qui avait les yeux bandés et les autres de lui crier : qui est-ce ? Soudainement il prit conscience de sa cécité et de sa surdité. Cela faisait si longtemps qu’il répondait à la tourière de façon erronée. Curieusement quelque chose venait de changer en lui».

Alors l’homme se réveilla certain qu’il connaissait, cette fois-ci, la réponse aux  trois énigmes posées par la tourière mais il n’était plus le même, il se ressentait différent des autres jours. Ainsi au cœur de la nuit, ne pouvant plus contenir son impatience, il se hâta d’aller frapper vigoureusement à la demeure.

Dès qu’il vit la lumière briller du dessous la porte, il déclara à la tourière :

« Maintenant je sais. Tu es la dame de la VIE. Le seul don que je puisse te faire, c’est celui de ma vie aussi je te demande de bien vouloir l’accepter en cette nuit même. Mon espérance par-dessus tout, c’est de devenir pareil à toi. »

« Entre, pousse la porte. Tu sais, elle a toujours été ouverte mais vous êtes tellement conditionnés, vous les hommes que vous n’osez même pas la pousser. Pour ce qui est de tes bagages et de ton or, reflet de ton temps perdu, je te prie de bien vouloir les laisser au seuil de la porte. Les « sans-vie » s’en chargeront, c’est leur seule raison de vivre. », lui rétorqua l’enfant tourière. »

Quand il la vit, quelle ne fut pas sa surprise ! Celle dont il attendait la rencontre depuis si longtemps avait les traits  d’une très jeune enfant, en son esprit subsistait un doute : était-ce véritablement la Dame de la VIE ? Mais pas de doute possible car sa toute première déclaration le rassura intérieurement par ces mots : « Mon enfant, quel bonheur de te voir revenir parmi les vivants. Je t’attendais depuis si longtemps! Viens maintenant partager le repas avec nous tous. Nous allons rattraper cette illusion du temps perdu ! »

Et celle-ci l’emmena dans une salle où s’y trouvaient des enfants d’une jeunesse hors du commun. Ce qu’il ne savait pas encore, c’est qu’il était devenu l’un d’eux. Mais juste avant d’entrer dans la salle à manger, il lui déclara : « Comme c’est curieux, j’ai cette étrange impression de déjà te connaître, ou de t’avoir déjà vu. »

Durant le repas, la Dame de la Vie ou plutôt l’enfant de la VIE lui fit cette confidence :

« C’est vrai et tu as raison de dire que nous nous sommes déjà rencontrés. C’était il y a fort longtemps à l’auberge « aux 7 oies », lors de ton tout premier soir de voyage à ma rencontre. T-en souviens-tu ? Déjà là j’étais venue à ta rencontre mais tu as décliné mon invitation à venir jouer avec moi, et plus tard à m’aider ou à venir me rencontrer chez moi. Quant à la réponse à mon énigme posée du : « qui est-ce ? Tout était là dans le nom de l’ « auberge  aux sept oies », comme dans un jeu de piste tu ne voyais rien des indices que la vie te montrait en filigrane.  Quant aux autres indices tu les avais tous reçus mais « demain » t’aveuglait tellement que me voir à travers une enfant t’était inconcevable. Bien d’autres fois nous sommes revenus vers toi mais toujours en vain, tu ne voulais rien entendre. Tu me recherchais comme on s’attache à vouloir acquérir un bien.

Beaucoup n’ont de cesse de courir après moi, et  tu étais l’un d’eux.  Votre manège, à vous les hommes, me fait bien rire. Votre folle frénésie à mon égard n’en n’est que trop absurde. S’arrêteront-ils un jour de se méprendre sur ce qu’est la VIE. Certains croient m’avoir trouvée mais ne font qu’embrasser de la fumée. Vaine est leur quête tant qu’ils inversent les rôles. Pourtant, sans cesse, JE les poursuis dans l’espoir de pouvoir les combler un jour de mes biens avec largesse. Mais, ils sont tellement attachés à leur mémoire passée, cette « satanée mémoire », comme si c’était  de l’or, qu’ils finissent toujours par se détruire les uns les autres avec ce faux espoir d’obtenir pour soi un lendemain meilleur. Malheureusement leurs pièges, leurs manipulations, leurs possessions m’obligent la plupart du temps à les fuir comme la peste.

Comprendront-ils un jour que ME trouvent ceux qui jamais ne comptent, ne prennent, ne possèdent, ni ne jugent. Humbles, discrets, magnanimes, rayonnants et bienfaisants tel sont ceux en qui JE prends plaisir à ME donner. Voici mon unique destinée ME transmettre à l’infini en toute gratuité. Ne doute jamais qu’un jour elle puisse devenir la tienne, c’est à cela et rien d’autre que je t’appelle. »

Tout à coup, il prit conscience de ceci : les enfants le regardaient et lui parlaient sans jamais lever la tête ce qui le surprenait, comment cela se pouvait-il ? Plaçant une main au-dessus de sa tête, il réalisa qu’il était devenu l’un d’eux. Alors, l’enfant de la VIE lui révéla son mystère : « Te voilà devenu comme l’un d’entre nous, ta mission sera d’aller sur le chemin à la rencontre des hommes qui disent toujours demain, tu sais la tâche est rude mais tellement belle quand l’un d’eux devient comme l’un de nous. »

Devant ce qu’elle venait de lui dire, il ne peut s’empêcher de lui poser cette question : « Vous êtes tous ici tels des enfants mais depuis que je suis arrivé je n’ai pas encore rencontré votre mère à tous. Est-ce vous ?»

L’enfant de la VIE se mit à rire, et lui confia ces mots au creux de l’oreille tel un secret : « Ta mère est en toi et elle l’a toujours été, il s’agit de ton âme que tu ne connais pas encore véritablement. Pendant un temps, nous serons telles des mères pour toi, jusqu’au jour où tu l’entendras te parler directement en ton cœur. Bientôt tu ressentiras une force nouvelle, l’esprit de notre Père sur toi. Là encore, tu comprendras pourquoi nous n’avons qu’un seul Père : Dieu et qu’une seule mère : ton âme. Ensemble tous les deux, ils font de toi un enfant de la VIE éternellement engendré. Et ce dont il sera désormais question, ce n’est pas de savoir ce qu’est l’éternité mais plutôt comment apporter la VIE au monde.»

Perplexe devant cette fable, le jeune Liberté lui fit tout de même cette remarque :

« Je vois beaucoup d’atrocités et de violences en ce monde et vous ne cessez de me dire que la  Vie vous honore de sa présence, certes je veux bien l’entendre mais si rien ne change à quoi cela sert-il ? Quel est véritablement l’enjeu de tout cela ? Qu’y gagne-t-on ? Si tu es devenu tel un de ces enfants où es la vie ?»

Innommé s’exprima en ces termes :

« Liberté, quelle connaissance as-tu de toi-même ? Demain est-il encore tapi à ta porte ? Ton coeur de quoi ou par qui vit-il ? D’aujourd’hui ou de demain, ou bien de cette mystérieuse union entre ton âme et Dieu ? Sais-tu voir la réalité ordinaire de ce jour à la lumière du jour passé grâce au clair discernement de ton cœur ? Cette vision-là te permettra de répondre à ta question par toi-même parce que la réponse repose déjà en toi. Vois-tu, L’animal sent et perçoit l’invisible vivant qui influence l’organisation d’une bonne partie de sa vie, l’enfant qui vient au monde possède les mêmes capacités de percevoir notre réalité non ordinaire au quotidien. Cela fait partie de ces sens innés partagés avec l’animalité mais l’entourage, au nom du « c’est comme çà. Ca n’existe pas », va mener le petit enfant vers une réalité très mentale bien ordonnée, formatée, cadrée et conditionnée. Le précepte sournois et maléfique programmé dans l’inconscient du petit homme en ces termes peut se formuler par ces termes : « Tu te tiendras à l’écart de toi-même et n’en dérogeras pas. Nous te dicterons ce qu’il est bon de croire ou ne pas croire. Aie confiance, nous détenons la vérité ! Ta vie nous la dirigerons avec le plus grand soin. Seul ton avenir nous importe, quant à ta mort nous lui octroierons le plus grand soin.»

Progressivement l’homme se trouve réduit à l’état d’esclave, de mort vivant dans cet univers des fausses certitudes, de l’illusion et du mensonge afin de servir le demain toujours plus faste des grands prédateurs. Mais, ce qu’il ne sait pas, au comble du comble, c’est qu’en lui désormais repose son pire ennemi. N’oublie jamais dans ton parcours de vie que le plus  à craindre, c’est sans nul doute toi-même tant que tu es aliéné au système de pensée collective qui ne veut pas entendre le mot d’aujourd’hui mais toujours celui de demain : croissance, durée de prêt, dividende, bénéfice, plan de carrière, possession, réussite sociale, descendance….

Dans une telle vision la vie ne peut nous honorer de sa présence si bien qu’elle se retire, à cause de l’interdit fondateur et destructeur,  pour laisser exister un monde lourd, pesant et pénible avec pour compagnes et compagnons : misère, pauvreté, des pleurs, des regrets et de la souffrance. Certes ces derniers seront toujours totalement infondées et injustes mais obligées et acceptées de par un conditionnement et un comportementalisme pervers savamment entretenu par le monde des morts. Quand demain est basé sur des intentions issues du passé visant la prospérité d’une économie, l’aujourd’hui devient désert, souffrance et mort.

La VIE honore toujours les « sans passé, ni futur » car ils ont intégré en leur vie et en leur cœur les logiques même du vivant quitte à se battre pour elle. Par contre la VIE se moque de ceux qui la travestissent en permanence pour les délaisser à leur perte. Et je parle ici des morts de ce monde qui portent des masques d’Elle sans véritablement La connaître. Bientôt tu te rendras compte qu’ils sont pitoyables et tous plus laids les uns que les autres ! Quant à toi, si tu Lui donnes véritablement ton cœur alors le temps ne sera plus, à partir de toi se dispensera la VIE et la seule économie qui importera sera celle du cœur et de l’équité.»

« Vois-tu Liberté comment est-ce que je perçois la vie en notre monde aujourd’hui ? Tout simplement faire que le temps destructeur ne soit plus.»

Anesthésie ou Anastasie de l’Âme, victoire ou défaite du diable

Extrait du Pèlerin d’émeraude, Anonyme

« ….. Si la sagesse n’est pas plus l’apanage de ce monde, et que dans son amnésie l’homme en a oublié le sens profond. Des gardiens de cette connaissance existent toujours, et l’heure a sonné du réveil. Oui, quelques « sages savants », remontant d’une époque très lointaine se souviennent de l’alliance entre le visible et l’invisible. Dans peu de temps, ces hommes et ces femmes se lèveront pour enseigner cette vérité. Ils ne se cacheront plus, et vous enseigneront ce qu’est le don de la Vie, ce seront là des thérapeutes extraordinaires qui vous feront retrouver la Mémoire. Qu’advienne le jour !

Innommé, venait de terminer son enseignement quand un enfant lui demanda en aparté :

« A quoi reconnait-on un « sage savant » ? »

A vrai dire, les deux se connaissaient déjà depuis quelque temps. Mais à chacune de leur rencontre leur échange prenait toujours l’allure d’une initiation beaucoup plus pratique que théorique. Aussi ne fut-il pas surpris de voir son protégé l’interpeller. Il lui répondit en ces termes :

« Mon enfant, ce soir, je suis honoré par ton heureuse présence. Tu connais en partie la réponse à ta question. Je te l’ai déjà, indirectement enseigné lorsque je t’ai appris à te fier, uniquement, à l’Esprit du cœur car il sera ton seul guide. Toutefois je te confie un indice : est très loin de la sagesse qui traine une abondante cohorte d’adeptes derrière lui. Quant à toi reste, tout au long de tes jours, fidèle à l’émeraude, et sois-en le garant et l’unique gardien, et attache toi à aimer et à protéger ta solitude. L’esprit de ce monde proclame sages et saints ceux qui sont à son service. La multitude les prend pour modèle mais en réalité ils ne font que t’éloigner, subtilement et parfois sournoisement, de ce que tu es en vérité. »

L’enfant rétorqua :

« Mais, tout de même, si le sage accompli des miracles ou des guérisons, n’en serait-ce tout de même pas une preuve de sa sagesse et sainteté ? ».

L’homme lui livra cette réponse :

« Tu verras qu’en ce monde, même le prince de ténèbres fait des œuvres extraordinaires et époustouflantes. Je te donne ce précieux conseil qu’il te faudra suivre jusqu’à la venue de ta seconde naissance : méfie-toi de ceux et celles qui s’expriment avec le merveilleux. Développe toujours l’Esprit de ton cœur ainsi tu verras en transparence la beauté, la souffrance ou la noirceur des âmes que tu rencontres, tu pourras discerner entre l’homme lumineux de celui qui ne l’est pas encore. »

Surpris, l’enfant s’insurgea :

« Innommé, de quel droit pouvez-vous regarder les âmes de ceux et  celles  qui vous entoure ? Avez-vous l’autorisation de faire cela ? »

Le regardant, il lui dit :

« Lorsque l’Esprit du cœur t’habitera pleinement, et que ta nouvelle naissance s’accomplira, tu percevras le monde avec une vision nouvelle. Il te le montrera dans sa triste vérité et dans une totale transparence, à ce moment-là plus rien ne te sera caché, ni les âmes, ni même les esprits. C’est le cadeau de la Vie lorsque tu t’offres à Elle et qu’Elle t’honore de sa Présence. Oui tout devient comme diaphane, et la moindre opacité ou barrage à la lumière de la Vie t’apparait. Tu n’y peux rien, c’est ainsi. Il n’est pas ici question de droit mais seulement de Vérité et  c’est elle seule qui te rendra sage et libre.

Ce chemin n’est pas facile à vivre et à assumer, mais tu verras ton cœur sera toujours la joie de pouvoir contempler et vivre ce grand mystère où paix et vérité s’embrassent. Alors n’oublie pas ce que je t’ai déjà dit : un jour viendra où, toi aussi, tu seras témoin et acteur de lumière, capable de transmuter les ténèbres en lumière. Sinon à quoi te servirait de pouvoir contempler le monde dans sa laideur si ce n’était pas pour y travailler Esprit, Corps et Âme ! Que la lumière soit ! »

L’enfant lui fit tout de même cette remarque :

« Comment saurai-je que c’est bien l’esprit du cœur qui me montre la vérité des choses et des êtres ? Est-ce que cela ne pourrait-il pas provenir aussi du malin ? »

Le vieil homme constata la grande sagesse de son ami. Voici quelle fut sa réponse :

« Tu as raison, le diable est fort habile en ce jeu, et c’est vrai, il pourrait aussi te montrer la noirceur des âmes de ce monde mais voici comment discerner la vérité. Lorsque l’esprit du cœur jaillit du fond de ton âme, il t’est donné non seulement la capacité de voir l’obscurité de ce monde mais aussi celle de pouvoir la réguler et faire en sorte que toujours plus de lumière jaillisse tout autour de toi. Cette dernière capacité s’impose à toi tout naturellement, et tu n’auras pas d’autre choix que d’y travailler coûte que coûte dans l’abnégation, la gratuité, la simplicité et le secret. Cette faculté porte un nom : la compassion. Certes cela te sera un poids, mais avec l’âme ta tâche restera légère. Dès l’instant où cela te pèsera, ce sera le signe que tu n’es plus dans le cœur.

Toutefois voici encore un autre critère de discernement : celui qui reçoit ce don de voir la beauté, la souffrance, la noirceur des êtres sans que nul réel désir d’y travailler ne se manifeste en lui, alors c’est le signe que ce don qu’il porte n’est pas sourcé par l’âme, et que l’esprit du cœur n’y est pas encore. Dans ce cas, il y a fort à penser que le malin se cache en sa vie, et joue encore et toujours avec lui.

Je te livre maintenant quelle est la tactique principale du diable qui le contente très amplement : faire de nous des tièdes, des impassibles, des inactifs, des sourds, des aveugles ou des muets. Oui, c’est aussi simple que cela car en anesthésiant ton âme, il paralyse tout ton être, et dans tout ce drame sa plus grand joie consiste en cela : faire de ton cœur la pierre de ton tombeau, te cocooner ou t’enrubanner dans les bandelettes faites du tissus de tes mémoires, puis te priver de ton esprit personnel pour y mettre le sien. Ainsi lorsqu’il a réussi, il peut œuvrer à loisir à détruire ce monde en toute impunité avec toujours plus de liberté.

Aujourd’hui, regarde ! Toi et moi, en cette ville où nous pérégrinons, t’es-tu aperçu que nous n’avons fait que traverser une immense nécropole ? La route du diable a été aplanie par ses propres soins, et sur les tombes de nos frères, il mène notre monde vers son chaos infernal. Vois-tu ce regard vide des humains ? Ressens-tu cette désertion de la vie ? Ils ne sont plus que les ombres d’eux-mêmes. Mais rassure-toi rien n’est perdu, c’est pour cela que j’ai besoin de toi et je m’attacherai tous ces temps-ci à t’éveiller.

Tu gouteras à cette merveilleuse expérience spirituelle : celle de devenir un Vivant, c’est-à-dire d’être un de ceux capable de le manifester autour de toi, tout simplement parce que ton âme sera sortie victorieuse de son tombeau, la pierre dégagée, le corps délivré de ses bandelettes, et c’est ainsi que fort de ton Anastasie (résurrection) tu deviendras à même de travailler avec nous tous à la chute du diable. Et sa mise en échec, tu la vaudras à l’Anastasie de ton âme et à ton cœur enfin revivifié, de pierre qu’il était, il sera à nouveau redevenu de chair et totalement habité par l’Esprit.

Comprends-tu maintenant cette urgente nécessité de ta deuxième naissance et ma grande impatience de te la faire vivre avec nous tous pour le salut de ce monde !

Mais le sais-tu pour son plus grand dam, qu’il en est un qui résiste et tremble de tout son long, et je parle ici du malin qui craint toute seconde naissance parce qu’entre les mains du nouvel enfant reposeront, en toute simplicité et sans mondanités, les clés du principe de l’Anastasie de l’âme de ce monde, et qu’il est question ici de sa perte. Tu sais, celles qui ouvrent plus qu’elles ne ferment, délient plus qu’elle ne lient s’y trouvent déjà, non seulement dans les miennes, mais aussi dans bien d’autres de mes frères et sœurs. Bientôt nous aurons la chance de pouvoir vivre et partager avec toi cette immense joie de ta résurrection, et toi aussi tu seras dépositaire du pouvoir des clés à ton tour.

Quant à soulever les pierres tombales de tes frères, tu en trouveras la force incroyable en toi, et lorsque tu toucheras leurs bandelettes tu auras aussi cette faculté de pouvoir les leur ôter, et c’est ainsi que tu goûteras à cette immense joie de les voir se lever et sortir Vivants de leurs tombes.

Oui, sache que sur toi les portes de l’enfer n’auront plus de prise, et tu seras appelé encore et toujours à la suite de notre Frère ainé à descendre aux enfers pour y aller rechercher les âmes qui y sont retenues captives, c’est là aussi  une autre des facettes du mystère de la compassion qui reposera désormais en toi pour toujours.»

Où est l’Âme ?

Le cil du loup

Si tu ne vas pas dans les bois, rien jamais n’arrivera, jamais ta vie ne commencera.

–   Ne va pas dans les bois, disaient-ils, n’y va pas.

–   Et pourquoi donc ? Pourquoi n’irais-je pas ce soir dans les bois ? demanda-t-elle.

–  Dans les bois vit un grand loup, qui mange les humains comme toi. Ne va pas dans les bois, n’y vas pas.

–  Bien sûr elle y alla. Elle alla malgré tout dans les bois et bien sûr comme ils avaient dit, elle rencontra le loup.

– On t’avait prévenue, fit le chœur

–  C’est ma vie, pauvres noix, rétorqua-t-elle. On n’est pas dans un conte de fées. Il faut que j’aille dans les bois. Il faut que je rencontre le loup, sinon ma vie ne commencera jamais.

Mais le loup qu’elle rencontra était pris dans un piège. Dans un piège était prise la patte du loup

-Viens à mon aide, viens à mon secours ! Aïe, aïe, aïe ! s’écria le loup. Viens à mon aide, viens à mon secours et je te récompenserai comme il se doit.

Car ainsi font les loups dans ce type de contes.

–  Et comment serais-je sûre que tu ne vas pas me faire du mal ? interrogea-t-elle–c’était son rôle de poser des questions. Comment serais-je sûre que tu ne vas pas me tuer et me réduire à un tas d’os ?

–  La question n’est pas la bonne, dit ce loup-ci. Tu dois me croire sur parole. Et il se mit à gémir et à crier :

 Oh,là, là ! aïe, aïe, aïe !

Belle dame

Il n’y a qu’une question qui vaille

Ououououououh

Eheheheheh

Laaaaaaaaam ?

 

–  C’est bien le loup, je prends le risque. Allons-y ! Et elle écarta les mâchoires du piège. Le loup retira sa patte, qu’elle pansa avec des herbes et des plantes.

– Oh, merci aimable dame, merci, dit le loup, soulagé.

Et parce qu’elle avait lu trop de contes d’un certain type, le mauvais, elle s’exclama :

– Allons, finissons-en. Tue-moi. Maintenant.

Mais ainsi le loup ne le fit pas. Pas du tout. Il posa sa patte sur son bras.

–   Je suis un loup qui vient d’ailleurs, un loup qui vient d’un autre temps, dit-il. Et il arracha un cil, puis le lui offrit en disant :

– Sers-t’en avec discernement. Désormais, tu sauras qui est bon et qui ne l’est guère ; il te suffira de voir par mes yeux pour voir clair.

Tu m’as permis de vivre

Et pour cela

Je t’offre de vivre ta vie

Comme jamais tu ne le fis.

Souviens-toi belle dame,

Il n’y a qu’une question qui vaille :

 

Ououououououh

Eheheheheh

Laaaaaaaam

 

Ainsi revint-elle au village

Ravie d’être encore en vie

Et cette fois, quand ils disaient

« Reste ici, marions nous »

Ou « Fais ce que je te dis »

Ou « Dis ce que je te dis de dire,

surtout n’aie aucun avis »

Elle portait à son œil le cil du loup

Et voyait à travers lui

Les véritables motivations

Comme elle ne l’avait jamais fait.

Alors quand le boucher

Posa la viande sur la balance

Elle vit qu’il pesait son pouce avec.

Et quand elle regarda son soupirant

Qui soupirait « je suis parfait pour toi »

Elle vit que ce soupirant-là

N’était même pas bon à quoi que ce soit.

De sorte qu’elle fut à l’abri

Sinon de tous les malheurs du monde

Du moins en grande partie.

 

            Plus encore : non seulement cette nouvelle façon de voir lui permit de distinguer le cruel et le sournois, mais son cœur ne connut plus de limites, car elle regardait tout un chacun et l’évaluait grâce au don du loup qu’elle avait sauvé.

Elle vit les gens de bonté vraie

Et elle s’en approcha

Elle trouva le compagnon

De sa vie et resta près de lui,

Elle distingua les êtres de courage

Et d’eux se rapprocha,

Elle connut les cœurs fidèles

Et se joignit à eux

Elle vit la confusion sous la colère

Et se hâta de l’apaiser,

Elle vit l’amour briller dans les yeux timides

Et tendit la main vers eux

Elle vit la souffrance  des collets montés

Et courtisa leur sourire

Elle vit le besoin chez l’homme sans parole

Et parla en son nom

Elle vit la foi luire au plus profond

De la femme qui la niait

Et la raviva à la flamme de la sienne.

Elle vit tout

Avec son cil de loup,

Tout ce qui était vrai,

Tout ce qui était faux,

Tout ce qui se retournait contre la vie

Tout ce qui se tournait vers la vie,

Tout ce qui ne peut se voir

Qu’à travers le regard

Qui évalue le cœur avec le cœur

Et non à la seule aune de l’esprit.

C’est ainsi qu’elle apprit que ce que l’on dit est vrai : le loup est le plus avisé de tous. Et si vous prêtez l’oreille, vous entendrez que le loup, lorsqu’il hurle, est toujours en train de poser la question la plus importante. Non pas « Où est le prochain repas ? », ni « Où est le prochain combat ? »

Mais la question la plus importante

Pour voir à l’intérieur, pour voir derrière,

Pour estimer la valeur de tout ce qui vit,

 

Ououououououh

Eheheheheh

Laaaaaaaam

Ououououououh

Eheheheheh

Laaaaaaaam ?

Où est l’âme ?

Où est l’âme ?

 

Si tu ne vas pas dans les bois, jamais rien n’arrivera,

Jamais ta vie ne commencera.

Va dans les bois, va

Va dans les bois, va

Va dans les bois, va.

 

Extrait de « The Wolf’s eyelash », poème en prose original de Clarissa Pinkola Estès, (c) 1970, extrait de rowing Songs for the Night Sea Journey, Contemporary Chants.

Cité dans « Femmes qui courent avec les loups » Clarissa Pinkola Estès Chapitre 16

Ed Le livre de poche

La voie de l’Âme

Dans le tryptique corps, âme et esprit, l’âme en est sans nul doute la pièce maîtresse à partir de laquelle peut se faire la construction de l’être. Malheureusement, nul ne la considère à part entière dans son rôle. Je vais essayer de vous en faire prendre conscience.

L’âme représente ce vide et cette infinité d’où peut émerger la radicale nouveauté de la Vie. Lorsque celle-ci s’incarne dans un corps, non seulement elle donne forme à votre corps de par une image projetée dans le visible comme dans l’invisible, et cette image émise face à l’autre sera actualisée, reconnue, inscrite dans un processus d’identification par l’entremise de votre esprit. Seulement tout n’est pas si simple, et pendant l’espace d’un moment plus ou moins long, votre esprit n’est pas du tout maître de l’image émise sur le plan informationnel. Car il est un autre esprit, le maître du jeu, de l’illusion et de la perversité qui va avoir la main mise sur votre identité. Il s’agit de l’inconscient aussi bien individuel que collectif lequel sitôt sa venue en votre corps va ordonner toute votre vie.

Tout d’abord celui-ci vous berce, vous enlace hypnotiquement, programme votre avenir pour finalement parvenir à vous enchâsser, telle une pierre précieuse dans un de ses merveilleux écrins.  Au fil des ans, la pierre de nos mémoires, brillant de ses mille feux, devenue de plus en plus lourde finira par nous écraser, nous détruire voir diaboliquement tuer les autres et cet inconscient continuera son oeuvre brillamment parmi vos descendants.

« Malédiction ! Que de pierres précieuses dans la vie de mes frères les hommes ! »

Toute notre existence, nous sommes telles des marionnettes dans les mains de l’esprit qui nous illusionne sur ce qu’est la vie. Beaucoup cherchent à l’appréhender, à la contenir, à la maîtriser, à en jouir au maximum, tandis que d’autres essaient de la penser, de la philosopher. Mais finalement, tant que les fils de la marionnette sont là, notre vision de la vie sera éternellement faussée, manipulée.

Le but de notre vie, n’est pas d’essayer de la vivre pleinement pour soi-même quand bien même aurions-nous toutes les meilleures intentions du monde, et encore moins de rechercher le sens  de la vie. Dans l’un comme dans l’autre cas, ce ne serait qu’une illusion de plus issue de l’esprit manipulateur.

Si nous sommes nés corps, âme et esprit, c’est pour cette unique Réalité : faire de ce corps, la manifestation pleine et entière de ce vide et de cet infini d’où peut faire irruption la Vie; autrement dit  encore : être la manifestation de la Vie dans un corps enfin allégé de la pierre scintillante de vos mémoires. Alors, il en sera fini de son « bling bling » infernal.

Quant au but de l’existence, ce ne sera jamais de vivre sa vie au mieux avec vous-même et vos frères mais d’être vous-même la Vie pour votre frère, et plus encore pour le monde. Ainsi tous, sans exceptions aucunes, vous êtes simplement appelés à vous laisser rejoindre par la Vie et un jour, devenir la manifestation de la Vie en tout temps et en tout lieu. A ce moment-là, vous comprendrez qu’il n’y aura jamais rien à vivre mais à être la Vie au nom de l’Être. Vos choix, votre vision de l’autre, votre façon de vivre en ce monde devront sans cesse être évidé de ce trop de mémoires qui dessert la Vie.

« Bénédiction ! Découvrir que les pierres précieuses sont toutes fausses, sortir de l’illusion pour revenir à la Réalité ! »

Lorsque l’esprit ne sera plus le lieutenant, l’organisateur et le planificateur de nos vies et qu’il se sera soumis à l’âme, alors la Vie sera manifestée corps, âme et esprit tout naturellement dans la Vérité, la Liberté et la Solidarité. Et vous n’aurez que cet unique désir : tout faire pour qu’un jour nous puissions tous le vivre dans l’Être mais ne vous leurrez pas, gardez à l’esprit ce paradigme : la Vie n’a pas de sens, et lorsqu’elle vous habite toute loi disparait. Elle jaillit constamment du Vide  et de l’Infini ! Et c’est justement cela qui dérange et met mal à l’aise.

Pour ce qui est de l’âme, cette éternelle inconnue, impossible à cerner sachez qu’elle est la seule capable de sourcer la Vie en votre vie. De fait, elle sera toujours une étrangère qui vous donnera de pouvoir Être, et c’est en cela même que repose le fondement de votre Humanité et de notre Création. En chaque humain repose une étrangère sans laquelle vous ne pouvez être, et quoi que vous fassiez, de par sa nature, elle vous restera toujours une éternelle inconnue même si vous êtes à même de la reconnaitre en votre vie car elle est le fondement même de votre et de notre altérité.

Quand je pense que nous avons tant de difficultés face à l’autre que je ne connais pas. Que de guerres, de disputes, de dissensions, de mécompréhension dans la vie des hommes parce qu’ils ne se connaissent pas et qui inconsciemment se savent habités par une étrangère qui source leur vie n’attendant qu’une seule chose leur offrir la Vie. L’étrangeté, voici un autre aspect de ce que nous sommes réellement. Tant que nous n’aurons pas compris et assumé cet état de fait, nous ne pourrons comprendre l’homme. Tant que l’âme n’est pas reconnue en vous comme telle et véritablement assumée, votre vie restera toujours source de division, de destruction. Comprenez-vous pourquoi le Destructeur, l’inconscient, désire tant manger les âmes tout simplement parce qu’elles sont les germes de la Paix véritable.

Alors très concrètement de la part de votre esprit, il lui faudra se convertir à ce que vous êtes en vérité. Dans la foi, à cette âme, il conviendra quelque part de lui faire vœux d’obéissance à une parfaite inconnue laquelle vous demandera d’assumer en vous-même cette part d’infinitude qui émane d’elle. Enfin parvenu à ce stade,  l’âme vous amènera à vivre cet abandon de l’Être dans ce lâcher prise au Vide au nom de la Vie. Et c’est dans cette toute dernière étape, que votre esprit se devra d’assumer son incertitude face à la Vie. Une fois cela réalisé et pleinement vécu, l’Esprit de Dieu sera là. Votre esprit sera devenu le sien, et toute votre vie s’inscrira dans l’abandon et le lâcher prise à la Vie.

Tant que votre esprit n’a pas rejoint l’âme, il est l’adepte du plein : plein de certitudes, d’histoires, de savoirs, de réponses…. Et lorsque le plein est fait, alors vient le temps des habitudes, de l’éternelle reproduction, de l’explication pour tout. Dans cette configuration, l’âme cette éternelle étrangère restera ignorée, délaissée, méprisée par l’inconscient, le maître de certitudes obligées.

C’est aussi ce que j’ai décrit à plusieurs reprises dans des messages précédents au sujet de la place et du rôle de l’histoire matricielle.

Celle-ci déteste l’étrangeté, l’incertitude, l’infinitude qui lui sont totalement contraires. Voici un de ses mécanismes de défenses qui lui est favori : devant l’altérité, le dissemblable l’inconscient génèrera de la violence, du rejet, du mépris, de la ségrégation par simple projection du rejet de ce Vide, de l’Altérité fondatrice, de l’Infini en moi. Ces derniers constamment rejetés ou refoulés sera malencontreusement pleinement manifestés dans cet autre différent face à moi générant angoisse et malaise. En écartant l’Altérité, ainsi je refoule et rejette ce Vide qui pourtant pourrait fonder mon existence, pour préférer la violence et le rejet au nom du plein.

 

Pour moi, l’étranger est en quelque sorte le garant du Vide, celui qui m’échappe constamment et que je ne peux pas cerner de mon plein d’assurance. L’étranger me déstabilise, et surtout il me discrédite par rapport à moi-même en m’insécurisant par ce qu’il reflète ma propre angoisse par rapport à ce que je suis en vérité et que je ne connais pas.

Ce dilemme ne pourra être surmonté qu’à partir de l’instant où j’essaie d’aller vers moi-même et d’approcher de mon âme. Tant que le travail de rapprochement âme-esprit n’a pas été réalisé, c’est-à-dire que votre esprit ne soit vraiment devenu parfaitement le vôtre ayant su prendre distance de l’esprit collectif (histoire matricielle) pour finalement s’être soumis à l’autorité de l’âme alors votre corps ne sera qu’une manifestation d’un esprit dominé et d’âme refoulée, votre semblant de vie sera toujours très loin de la Vérité et  adoptera toujours une attitude mensongère et pervertie par rapport au vivant.

Comment est-il possible dans l’ignorance de vous-même de croire vous connaître et pouvoir cerner l’autre, être apte à faire des choix, soi-disant libres, et d’être capable de vous engager à l’égard de quelqu’un voir de fonder un couple pour la vie.

Derrière tout cela se cache dans l’inconscient, un réel désir d’autodestruction de vous-même et de cette humanité. Celle-ci a un principe protecteur : refuser le dissemblable, tout faire pour prôner l’identique ce qui est fondamentalement contraire au Vide créateur et à l’Infini.

Tant que le couple âme-esprit n’est pas fondé et vécu avec justesse à travers la manifestation de ce corps, il est vain de penser la relation à l’autre en terme d’altérité, tout au plus au nom de mon plein de suffisance, je ne rechercherai que le semblable, et à tout faire pour que le différent, l’autre dans sa réelle étrangeté soit contraint à devenir mon pareil. Et si l’autre n’accepte pas ma philosophie de vie, alors je l’élimine ou engage une violence à son égard qui ira toujours plus en s’accroissant. Et plus que jamais l’histoire matricielle s’enrichira de votre histoire et de celle de l’autre étranger.

Pour terminer, au sujet de l’âme, je vous invite à lui rendre toute sa majesté en votre vie, et qu’elle en devienne la pièce maîtresse car en elle repose la Vie. Naturellement connectée au Transcendant, elle déploie toute sa force dans le non-agir, la non-possession, le non-savoir, le non-désir. Quant à l’Altérité, vous ferez expérience qu’elle est partagée avec toute chose et que mystérieusement c’est là qu’y repose votre unité d’Être.

Lorsque le couple âme-esprit sera fondé, et votre esprit dégagé de l’histoire matricielle alors  Celui du Transcendant viendra prendre place en votre Vie, ainsi votre corps sera éternellement engendré pour la Vie, quant à connaître le mystère de cette union entre l’âme et Dieu, à nouveau cela restera un mystère insondable, éternellement caché et tout au plus en gouterez-vous les délices de la béatitude en votre Corps.

Maintenant si vous tenez vraiment à en connaître le mystère, il vous faudra pour cela renoncer à l’engendrement éternel afin de revenir pleinement dans le Divin. Et si vous voulez savoir comment cela se fera alors je vous dis : sans-mémoire, sans-savoir, sans-vouloir, sans-désir en étant simplement l’Amour à son état le plus élevé. Cette fois-là, il vous sera donné de goûter du mystère de la rencontre aimante entre Dieu et les âmes mais aussi de celui de l’éternel engendrement à la Vie, mais alors pour vous ce sera sans corps, sans âme, sans esprit puisque vous ne serez plus. Mystère insondable !